RECONNAISSANCE DES ÉTATS ET DU ROI
d'une autre somme de 15,000 livres, à titre de gratifications extraordinaires.
Les charo-es d'un président des Etats étaient d'ailleurs très lourdes. Il était tenu à de nombreuses visites et réceptions qui demandaient un certain luxe. Si, dans son diocèse, on l'a vu, Mgr de Hercé ne souffrait pas que ses serviteurs portassent des livrées, lorsqu'il présidait les États, les convenances le forçaient à louer un certain nombre de domestiques vêtus de ce costume d'étiquette. De plus, tout président tenait table ouverte plusieurs fois par jour, et les membres des Etats ne se faisaient pas faute de s'y donner rendez-vous en foule. Le président du Tiers, M. Léon de Tréverret, sénéchal de Quimper, puis de Rennes, se vantait d'avoir chaque jour chez lui une table de vingt à vingt-cinq couverts ; il en avait même eu jusqu'à quarante et soixante-dix (1).
Il y avait sur ce point un tel excès que, en 1776, un arrêt du Conseil du Roi dut interdire aux présidents des Ordres de tenir table plus d'une fois par jour et d'y servir plus de vingt-cinq couverts. Mais il y eut protestation unanime, et l'arrêt dut être retiré (2).
Mgr de Hercé ne se livrait pas à cet abus ; mais il était tenu à recevoir, et il le faisait toujours, comme dans son Palais épiscopal ou aux Ormes, avec munificence.
Quoi qu'il en soit, le bon évêque sut utiliser pour les pauvres et les œuvres de son diocèse une grande partie des 45,000 livres que lui avaient octroyées les États.
L'Assemblée se sépara le 8 février 1785, et Mgr de Hercé rentra dans sa bonne ville, trois jours après, le vendredi 11 février.
Les habitants de Dol étaient fiers de leur évêque dont la
{!) Ch. de Calan, La Bretai/ne sous Louis XVL (Revue de Bretagne ET Vendée, octobre 189i».)
(2) Arch. déi>. d'Ille-et-Vil., C. 3902.
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réputation remplissait la Bretagne et qui savait user de son influence pour le service de sa ville épiscopale ; mais l'honneur dont il avait été l'objet, en présidant les Etats, augmentait encore cette fierté, ainsi que l'estime et lu vénération qu'ils professaient pour Téminent prélat. La communauté de ville l'ayant jugé convenable, le maire de Dol et cinq délégués de la municipalité vinrent, au retour de Mgr de Hercé, lui rendre leurs hommages et lui témoigner leur reconnaissance pour les services qu'il avait rendus tant à la Province qu'à la ville de Dol elle-même (1).
Mais la reconnaissance du Roi lui-même s'ajouta à celle de ses diocésains et des Etats. Trois mois après la clôture de l'Assemblée, le 8 mai 1785, Louis XVI, ayant été instruit des mérites de Mgr de Hercé et de la modicité des revenus de son évêché, lui donna le titre et la commende de l'Abbaye royale de Notre-Dame-de-Vaux, en Ornois, au diocèse de Toul. Cette abbaye cistercienne était d\m revenu de 20,000 livres, mais ses charges s'élevaient à 5,000 livres, et le Roi, en la donnant à l'évêque de Dol, l'avait grevée, à sa demande, d'une pension de 5,000 livres, au profit de son frère et vicaire général l'abbé François de Hercé qui s'était dépouillé de ses bénéfices pour les annexer au séminaire de Dol (2). C'était donc un revenu net d'environ 10,000 livres (3) qui tombait dans le trésor des œuvres du charitable prélat.
Aux Etats suivants qui se tinrent à Rennes, du 23 octobre 1786 au 23 janvier 1787 (4;, sous la présidence de
(1) Arch. mu.mcu'. de Dol, licj. des dclibcratiom, 9 février 178").
(2) Vie ms. en cspa'jnol.
\'i)Dcclai(ition des revenus dépendant-du temporel de l'Évéché de Dol, 26 février 1790. (Arcii. perso.nnellks.) (4) Reg. des États, session do 1780-1787.