PERSONNELLES
(3) F^etlre du 20 janvier 1787. Voir Pièces .tustieu;.\tives, n° VII.
(4) Lellre du 2 lévrier 1787. Voir Ibid.
A l'assemblée des notables de 1787 157
Du 7 février, l'Assemblée fut remise au 14, par suite d' « un crachement de sang survenu à M. le Contrôleur général » des finances, A [. de Galonné (i); puis encore différée jusqu'au 22 du même mois. « Maisj'espère, écrivait Mgr de Hercé, que désormais elle n'éprouvera plus de retardement, attendu que la santé de M. le Contrôleur général va de mieux en mieux (2). »
L'évêque de Dol s'empressait en même temps de prévenir la Commission intermédiaire de la mort du comte de Vergennes, ministre des Affaires étrangères, et de son remplacement par le comte de Montmorin, commandant des armées du Roi en Bretagne (3).
Enfin, M. le Contrôleur général étant remis de son crachement de sang, TAssemblée des Notables put s'ouvrir le 22 février.
L'évêque de Dol, qui avait annoncé l'intention de demander « une réduction sur le prix de l'abonnement des vingtièmes », et qui s'était fait fort de convaincre Calonne de la justice de sa demande (4), ne dut pas être peu étonné d'entendre ce Contrôleur général dénoncer cent-quarante millions de déficit, et demander de nouveaux impôts. Ce fut un toile général dont l'écho se répercuta jusqu'au pied du trône.
« C'est avec le plus grand empressement, — écrivit bientôt Mgr de Hercé à la Commission des États, — que j'ay l'honneur de vous faire part de la destitution de M. le Contrôleur général. Le jour de Pâques, à onze heures du soir, M. le comte de ^Montmorin se transporta chez lui, par ordre du Roy, pour lui annoncer que ses services n'étaient plus agréables à Sa Majesté (5). » Puis, le député breton
,1) Lettre de Mgr de H(!i-ct'', 10 iV'v. 1787. V'uir Pièges justif., VII,
('Z) Ici., 14 février 1787. Voir Ibid.
,3) /(/., 17 lévrier 1787. Voir Ibid.
{4) Même lettre.
(y) Lettre du 10 avril 1787. Voir Ibid.
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donnait la suite des nouvelles. Galonné était remplacé par Fourqueux ; Lamoignon de Malesherbes devenait garde des sceaux à la place de Miromesnil ; d'Alègre de Maran, premier président du Parlement de Paris, mécontent qu'on eût pensé à Lamoignon plutôt qu'à lui, démissionnait et d'Ormesson prenait sa place. Le plus digne, dans cette hécatombe de ministres, fut Miromesnil. Sa fille, madame de Bérulle, était morte deux jours auparavant. Il répondit à celui qui lui annonçait sa disgrâce « qu'il en remercioit le Roy et que Sa Majesté ne pouvoit lui rendre un plus grand service dans la circonstance de la douleur où le plongeoit la mort de sa fille (1) ».
Ainsi, tout en travaillant, dans sa petite sphère, à améliorer le sort du Royaume, l'évêquede Dol instruisait d'une façon intéressante les Commissaires des Etats des divers incidents qui marquaient la politique.
En annonçant la clôture par le Roi de l'Assemblée des Notables, arrivée le 25 mai, Mgr de Hercé envoyait une copie du dernier arrêté pris dans le bureau du duc de Penthièvre, gouverneur de Bretagne (2), notamment par Tévêque de Dol et ses co-députés.
De cet arrêté concernant les questions linancières et la dette publique, nous retenons ce passage qui semble inspiré par l'esprit de charité et d'amour de l'évêque de Dol pour le peuple, s'il n'émane pas de sa plume :
« La fidélité du bureau ne lui permet pas de dissimuler à Sa Majesté que les peuples tant de fois déçus dans leurs espérances, ces peuples nombreux dont les tributs arrosés de sueurs et de larmes entretiennent l'opulence et les délices de la Capitale et de la Cour ; que cette nation fidelle et soumise, dont le sort entier repose dans les mains de Sa Majesté, seroit réduite au désespoir, si elle ne voyoit l'é-
(1) Même letlio.
(2) Lettre du 27 mai 1787. Voir PikcKs .iustik., n" VII.