A SON ABBAYE DE VAUX, EN LORRAIN P
conomie devenir le principal remède aux maux dont l'Etat est affligé, si elle ne voyoit disparoitre tant d'offices, tant de charges frivoles et sans dignité qui ne s'arrêtent un moment sur la tète de leur titulaire que pour les soustraire aux charges publiques... (i) »
Ce sont là de ces sages réformes dont l'exécution ferme et immédiate eût évité à la France les exagérations et les horreurs de la Révolution.
La présentation au Koi du cahier des remontrances des États de Bretagne ne devait pas avoir lieu avant les premiers jours du mois de janvier 1788, et on n'était qu'à la fin de mai 1787. Les affaires de la Province n'étaient pas pour le moment dans une telle situation qu'elles nécessitassent la présence assidue à Paris ou à Versailles de tous les députés bretons en Cour.
Aussi Mgr de Hercé en profita pour aller, avec son frère l'abbé François, en Lorraine, visiter l'abbaye de Vaux, au diocèse de Toul, que Louis XYI lui avait donnée en commendedeux ans auparavant. Il partit immédiatement après l'Assemblée des Notables (2).
Nous sommes sans renseignements sur les actes accomplis par l'évèque de Dol dans son abbaye pendant les quelques mois qu'il y passa. Mais nous savons quelle impression profonde, quel enthousiasme unanime l'éminent prélat produisit chez les Lorrains, les Bretons de l'Est, comme on les a dénommés.
Dans le courant de juin, Mgr de flercé séjourna quelque
(1) Arch. i)Éi>. d'Ille-et-Vil., C. 3899.
(2) Lettre de Mgr de Hercé h X..., datée de l'abbiiye de Vaux, l^'' juillet 1787. » (Arch. nationales, G*) On y lit : « .J'ay reçu votre lettre à mon ;il)baye où j'ai été obligé de me rendre immédiatement âpre/, la clôture de l'Assemblée des Notables. »
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temps à Bar-le-Duc, situé non loin de son abbaye. Sa réputation, jusqu'à ces frontières extrêmes du Royaume, était telle que la Chambre des Comptes de la Province de Lorraine jugea convenable et utile de lui envoyer une dé- ])utation pour lui présenter ses hommages de bienvenue et solliciter sa haute protection pour ses intérêts. La réception que leur fit le prélat l'ut grandiose et affectueuse. Les députés lorrains se retirèrent charmés et pénétrés pour Fabbé de Vaux de la plus profonde vénération.
La dévotion de l'évêque de Dol et de son frère les portèrent à assister aux offices de l'antique et célèbre Chapitre noble de Saint-Maxe de Bar. Les chanoines, très llattés de cet honneur et édifiés de la piété dont ils firent preuve dans cette circonstance, tinrent à leur en prouver leur vive reconnaissance, en les attachant à leur Chapitre. Ils arrêtèrent d'envoyer à l'abbaye de Vaux une députation pour prier Mgr de Hercé et son frère « d'accepter les qualités de chanoine d'honneur et de chanoine honoraire, et, par cette démarche, ajoutaient-ils, témoigner à ^Igr l'évèque de Dol la reconnaissance de toute la Province pour l'accueil favorable et la protection dont il a bien voulu honorer Messieurs les députés de la Chambre des Comptes et de la Province, et lui offrir en même tems l'hommage particulier que le Chapitre s'empressera toujours de rendre à ses vertus et à celles de Monsieur son frère ».
Mgr de Hercé ayant donné une réponse gracieuse et favorable aux propositions flatteuses des députés, il fut nommé, le 4 juillet, en séance solennelle, chanoine d'honneur et son frère chanoine honoraire, de l'Eglise du Chapitre noble de Bar (1).
(1) Viiici lel ;i<lc : « .\ous, (toyon, dignitaire, cliaiiuines et Ctiajtitre noble de {"insigne Fi]glise de Bar, voulant donner à Monseigneur l'illustrissime el i-évérendissime tlrbain-Hcin'' de Hercé, H;vr(|iie cl Coinle de Dol, AIiIm' conirnatid.-ilaiiv de r.\bl>aye d'Evaux