‹ Urémie Expérimentale Essais ThérapeutiquesChapitre 15 sur 56 · DAC UE · texte numérisé non relu

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quefois d’exophtalmie, des phénomènes respiratoires et cireulatoires, ce syndrôme semblant témoigner, d'après CHARRIN, d’une localisation buibo- protubérantielle.

Enfin, apparaissent |’ hypothermie, qui est constante, puis des accidents nerveux se manifestant surtout par des convulsions.

Cette expérience classique démontre la toxicité de l’urine ; il nous semble cependant qu'elle est loin de LÉprodhie la symptômatologie HUE de l'urémie.

Le myosis est cliniquement un symptôme fréquent mais non constant de l’urémie.

Les convulsions sont aussi relativement rares el sont plutôt la signature d'un autre syndrôme, à pathogénie également complexe, l’éclampsie.

S'il n’y avait dans l’urémie qu'un empoisonnement par l'urine, nous aurions dû observer les phénomènes sus-énumérés. Leur éclosion aurait dû être graduelle puisque l’intoxication s’est faite lentement, l'animal élaborant des poisons et étant mis dans l'impossibilité de les éliminer.

La note dominante dans la thérorie de BowcHAR»D, c'est la multiplicité des poisons de l'urine. Pour les séparer on prépare un extrait qu’on épuise par l'alcool. Celui-ci dissout une partie du résidu et laisse une partie insoluble que l’on reprend ensuite par l’eau, si bien qu'on possède ainsi deux extraits contenant la totalité des poisons urinaires.

Le premier extrait injecté détermine De la somnolence,

Du coma,

De la salivation.

Le second :

Le myosis,

Les convulsions tétaniques, L'hypothermie.

D’après Boucxarp, les phénomènes du premier groupe sont surtout imputables à des principes organiques, ceux du second, en majeure partie, à des sels minéraux.

Il semble donc que nos animaux aient été intoxiqués par certains poisons du premier groupe (somnolence et coma) mais que les poisons du second groupe n'ont pas agi en totalité (absence de myosis et de convulsions tétaniques). Dans ce dernier groupe des poisons urinaires minéraux, CuaRRIN fait une large place aux sels de potasse qui auraient surtout une grande influence sur l'apparition des phénomènes convulsifs. I cite, à

ce propos, une expérience concluante : On sait la teneur très élevée des choux en sel de potasse. « Remplacez, dit cet auteur, dans l'alimentation d’un animal, les choux par le lait. L’urine de cet animal qui tuait le lapin à la dose de 15 cent.’ par kilog, la mort apparaissant au milieu des convulsions, ne détermine plus la mort qu'avec une injection de 30 centimètres cubes, et, celle-ci, se

produit sans agitation. » Or, nos animaux ont été nourris uniquement avec des choux ; certains se sont alimentés, très peu, d’ailleurs, après l’opération. Aucun n’a présenté de crises épileptiformes.

Les recherches plus récentes de WipaL et JAVAL discernent dans les accidents urémiques deux syndrômes : (ur RE

Le premier, en rapport avec la rétention chlorurée, se traduit surtout par des œdèmes périphériques et visCéraux.

Le deuxième, en rapport avec la rétention azotée, se manifeste par de l’inappétence et de la torpeur.

Ces deux derniers symptômes sont constants dans nos observations si bien que, d'après la conception de l’urémie de WipaL et JAVAL, nos animaux auraient été surtout intoxiqués par rétention azotée. |

Au contraire, la rétention chlorurée ne s’est traduite par aucune manifestation morbide. Peutêtre l’accumulation n'’a-t-elle pas eu le temps de se produire ni les œdèmes d’apparaître. Peut-être s’éliminaient-ils par voie digestive ainsi que le veulènt Wipaz et JAvVAL, élimination qui expliquerait les phénomènes diarrhéiques observés.

Quoiqu'il en soit de ces différentes théories pathogéniques de l’urémie, on voit combien eshcomplexe non seulement la chimie des poisons urinaires, mais encore leur mode d'action sur l'organisme. |

L'urémie, disait Jaccoup, ne signifie pas urée dans le sang il signifie urine dans le sang (o30v, urine, el aœiua sang), le sang est devenu urineux. Nos expériences ne nous permettent pas d'adopter cette définition. Les phénomènes observés par l’injection d'urine dans le sang, ce qui correspond exactement à la conception de Jaccoud, sont des phénomènes d'intoxication suraigüe qui sont loin de reproduire l'intoxication des néphritiques urémiques. Il y avait bien également dans nos expériences intoxication aiguë, mais c'était une auto intoxication progressive l'animal élaborant peu à peu des substances toxiques mortelles, mais pouvant, néanmoins, réagir contre cet empoisonnement par ces « défenses naturelles » dont parle CuarRiN. Ce qui le prouve d’ailleurs, c’est la comparaison entre le cœfficient urotoxique de l’animal déterminé par injection et la résistance de nos animaux à | «urotoxie » déterminée par ligature des deux pédicules.

L'urine du lapin est beaucoup plus toxique que celle de l’homme. On sait que celui-ci élimine par jour et par kilogramme une quantité de poisons urinaires capables de tuer, o kilogramme 465 grammes. 1 kilog de lapin élimine par’ jour de quoi tuer 4 kilogrammes 184 grammes. Admettons, pour un instant, que nous ayons opéré sur des animaux pesant. 1 kilogramme. D’après ces chiffres nous pourrions conclure que la mort devait survenir en + — 6 heures. Or, bien que

leur poids fût en moyenne 1.800 grammes, la survie fût en moyenne de 25 heures.

En définitive, les résultats de nos expériences sur l’urémie expérimentale à la suite de ligature des deux pédicules différent des résultats obtenus à la suite d'injection d'urine par : |

La plus longue survie de l’animal,

Là fréquence de la mydriase, ;

L'absence de convulsions et de crises épileptiformes.

Or, comme on a pu le voir par le détail des observations précédentes, lès animaux ont été suivis de très près et examinés assez fréquemment pour qué nos conclusions soient précises à cet égard.

Certains auteurs ont, avant nous, signalé, au contraire, la fréquence des phénomènes convulsifs, et nous devons, à ce sujet, citer les expériences de J. L. Curkié et ANDRÉ Mayer. Ces auteurs ont obtenu des crises épileptiformes typiques « telles qu'on les observe expérimentalement après excitation électrique de l'écorce, ou en clinique dans l'épilepsie, l'urémie, l’éclampsie puerpérale. » Ges crises d’épilepsie ont, il est vrai, été déterminées chez le chien en faisant subir à l’animal une opération différente de celles que nous avons exécutées. CHIRIÉ et MAYER pratiquaient, en effet, une ligature temporaire des veines rénales durant dix minutes. Les crises épileptiformes apparaissaient au bout d'un temps variant entre trente minutes et une heure trente. La survie

El y pe

observée chez les chiens à qui Cnirié et Mayen faisaient subir cette ligature temporaire des veines rénales, fût, en moyenne, de 4o heures.

En analysant cette expérience, on voit que l'apparition des crises épileptiformes peut s'expliquer de deux manières :

1° La ligaturé momentanée de la veine rénale mel obstaclé au retour dans l'organisme d’un sang qui a pu se charger de la secrétion interne du rein et ce serait peut être l'absence de secrétion interne qui déterminerait l'apparition de phénomènes convulsifs.

Mais, en réalité, chez les animaux à qui nous faisions la ligature des deux pédicules, il y avait bien absence de sécrétion interne et nous n’avons pourtant pas noté de phénomènes convulsifs. 11 semble donc que cette première hypothèse puisse être rejetée. |

2° La ligature momentanée de la veine rénale détermine au niveau du rein une stase marquée et l'élimination urinaire, bien que l’uretère soit libre, en est profondément troublée. Il s'ensuit qu'il doit y avoir au niveau du rein rétention de subslances toxiques. Quand on redonne à la veine rénale sa perméabilité, en enlevant la ligature, ces produits toxiques accumulés font retour à l'organisme, d’une façon brusque. Il doit y avoir intoxication massive et dès lors, l'animal réagit COMME

il réagit lors de l'injection d’urine dans le sang.

En d’autres termes, nous pourrions rapprocher

les expériences de Cimié et MAYER de l'expérience classique de Boucuar», où il y a intoxication. suraiguë. Alors qu'au contraire, dans la néphrectomie double, il y a.bien intoxication, mais il peut y avoir accoutumance relative. Nos expériences peuvent être ainsi plutôt rapprochées de celles de GOUGET qui, grâce à l’accoutumance, parvint à faire tolérer par l’animal une injection globale de 570 cm d'urine en 3 jours.

3° NEPHRECTOMIE UNILATÉRALE. LIGATURE : DE L'URETÈRE OPPOSÉ |

Expérience n° XI

Anesthésie. — Pas. :

Avant l'opération. — R : 68

Pia 200:

Tree 3898 Mercredi, Opération. — Durée 1/2 heure.

11 heures... Extirpation du rein gauche. Ligatu-

re de l’üuretère droit.

‘ Voie antérieure. Incision longitudi-

| nale.

> he LASER OU dre ane Pi 240,

Le lapin réagit peu. Diarrhée.

RNA Re R : 64 PS serQ.:

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