‹ Urétérite TuberculeuseChapitre 10 sur 25 · LE LIRE · texte numérisé non relu

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restes du rein sont placés dans une sorte de cavité limitée supérieurement par la rate, qui adhère à la cavité, en avant par. des tissus lardacés constitués par l'atmosphère cellulo-adipeuse du rein épaissie et altérée. Ces parties forment une sorte de poche à paroi lisse, fermée inférieurement par son adhérence à l'extrémité supérieure de l’uretère, et dans laquelle on aperçoit le rein. En arrière, ces restes de tissu rénal adhèrent au muscle carré lombaire, excepté à la paroi inférieure, où l’on trouve en arrière du bassinet une cavité inégale, à parois irrégulières ne. présentant pas dans son épaisseur de granulations tuberculeuses, descendant en bas sous forme de fusée derrière l'uretère et se prolongeant en arrière jusqu'à travers les muscles postérieurs. Cette cavité communique d’une part avec le bassinet, d'autre part avec une masse caséeuse de la substance rénale.

Tuberculose des organes génitaux à droite. Rien à gauche.

OgservarTion XXIII. — Recrus. In thèse de Guesnarp, 1878.

Homme de 57 ans, entré à l'hôpital pour un sarcocèle tuberculeux double. Il présente des signes de tuberculose pulmonaire, et a subi l’amputation du poignet, probablement pour une tumeur blanche. Prostate volumineuse, douloureuse. Miction fréquente, douloureuse, pyurie, quelques hématuries ; émission considérable de pus par l’urèthre, due évidemment à l'ouverture de l’abcès prostatique. Mort par les progrès de la cachexie.

Auropsie. — Poumons farcis de tubercules à diverses périodes.

Rein gauche, normal.

Rein droit, volumineux, tiplé de volume, fluctuant, et sur la coupe on constate une cavité centrale remplie d'urine purulente et floconneuse, due à la distension des calices et des bassinets, ainsi qu'à une destruction partielle des pyramides de Malpighi. Dans certains points des calices la muqueuse est épaissie et forme une sorte de couenné blanche et tomenteuse d’une épaisseur de 2 millim. environ et qui tapisse les cavités rénales. Par places existent de petites cavernes communiquant avec la première, et remplies de pus et d'urine. Ces altérations sont surtout marquées dans la moitié inférieure, dans la moitié supérieure la substance médullaire paraît simplement refoulée par la dilatation des

MA TUEES

calices. Mais toute cette partie est parsemée de granulations, dont quelques-unes atteignent le volume d’un pois. En certains points ces granulations forment des stries blanchâtres, régulières, qui alternent avec les lignes rougeûtres des tubes urinifères.

Uretères. — Le gauche est simplement dilaté, ses parois sont peu épaisses et ne paraissent pas altérées. Sa dilatation paraît due à un obstacle au niveau de la pénétration de l’uretère dans la vessie.

L'uretère droit présente une très singulière disposition, il est double, il existe deux bassinets et deux uretères, l’un correspond à la moitié supérieure, l’autre à la moitié inférieure du rein.

Dans le premier, correspondant à la moitié supérieure, qui ne présente que des noyaux tuberculeux et la moins altérée, la muqueuse du bassinet est lisse et normale, peut-être est-elle plus mince et plus transparente, ce qui serait dû sans doute à une plus grande distension ; elle n'est pas ulcérée et l’on ne trouve pas de granulations à sa surface. Cette absence de lésions persiste dans les deux tiers supérieurs de son trajet, mais le tiers inférieur au niveau d’un point à limites très précises se rétrécit subitement au point que la lumière du canal permet à peine l'introduction d’une sonde cannelée. La paroi est recouverte d'une couche caséeuse jaunâtre dans toute son étendue, au-dessous de ce point rétréci. Au niveau du point où commence le rétrécissement, bien que le bourrelet soit très net, on aperçoit quelques granulations grises qui remontent vers la muqueuse saine, dans une étendue de 4 à 5 millimètres.

Le bassinet et l’uretère inférieur sont altérés dans toute leur étendue. Les parois ont une épaisseur de 2 à 3 millim. Elles sont blanches, tomenteuses, ressemblent à du tubercule cru. Ce second uretère côtoie le premier et leurs parois sont adossées jusqu'à leur entrée dans la vessie, qui paraît se faire par une ouverture commune.

La vessie présente le même aspect que les uretères, les parois très épaissies atteignent par places un centimètre. La face interne est uniformément couverte dans toute son étendue de fongosités vasculaires et ecchymotiques. Le bas-fond est excavé et nettement limité par deux fortes saillies qui partent de l'ouverture des uretères et convergent en avant vers la base de la prostate. Les saillies, les nodules qui tapissent la cavité vésicale sont de volume différent, et varient d'un grain de mil à celui d'un petit pois. Ces fongosités sont très nombreuses au niveau du col de la vessie.

L'urèthre ne présente d’altérations que dans la portion prostatique et présente une série d'orifices communiquant avec l'abcès de la prostate.

En rapportant cette observation M. le D' Reclus tend à consisidérer les lésions de la moitié inférieure d'un des uretères comme un cas de propagation de la tuberculose de la vessie à l’uretère. Cependant si l’on peut admettre cette marche pour l’uretère cor= respondant à la moitié supérieure du rein, faut-il en conclure que nous avons réellement affaire à un cas de tuberculose primitive= ment vésicale ? Ne pourrait-on pas plutôt admettre qu'il y a eu propagation d'un uretère à l’autre, l'intensité des lésions vésicales pouvant être due à la double influence de la tuberculose rénale et génitale.

Cependant la vessie est assez souvent le siège primitif de la ‘tuberculose urinaire, et il devrait être possible de surprendre à son début l'extension de la tuberculose de la vessie à l’uretère, la partie inférieure de celui-ci étant encore seule atteinte, de même qu'il peut n y avoir que des lésions de sa partie supérieure quand la tuberculose débute pas le rein ; cependant nous n’en avons rencontré qu'un cas, et encore douteux.

Au contraire plusieurs observations montrent l'apparition, du côté des reins et de l’uretère, sous l'influence des lésions vésicales, tuberculeuses, dé nouveaux accidents sans qu'il y ait cependant propagation de la tuberculose.

Chez un homme dont l'observation est rapportée par Barety, l’on trouva à l’autopsie des lésions tuberculeuses évidentes de l’uretère droit, du bassinet et des calices avec une augmentation de volume du rein. Du côté gauche l’uretère était transformé dans

son tiers supérieur en un filament fibreux, plein, aboutissant à un

TS

rein atrophié représenté par une petite masse de tissu rougeâtre ayant la consistance et l'aspect fibreux. Au contraire les 2/3 inférieurs de l’uretère augmentés de volume renferment une matière blanchâtre, puriforme, semi-liquide. La vessie présente de nom-

breuses granulations surtout au niveau du trigone.

O8BservarioN XXIV.— BarÉty, Bull, Soc. anat., 1874.

Homme de 63 ans, mort dans le coma deux heures après son entrée à l'hôpital.

Auropsie. — Méningite chronique ; noyau du volume d'un pois dans le corps strié du côté droit.

Pleurésie ancienne à droite, granulations dans Îes deux poumons.

Rein droit. — Longueur 11 centim., largeur 7 centim. Épaississement notable de la paroi de la moitié des calices, de consistance lardacée. La surface interne et une partie de l'épaisseur de cette paroi dégénérée sont parsemées de grains jaunâtres, consistants ou friables. L'uretère droit présente sur sa longueur 3 renflements durs, ce sont des plaques épaisses, arrondies, aplaties, du volume d'un haricot de moyenne grosseur; à ce niveau, il offre un diamètre d’un centimètre. Ces plaques sont exulcérées du côté de la cavité de l'uretère et présentent à leur centre de ce côté, un point foncé ayant quelques millimètres dans tous les sens et ressemblant à une eschare. Tout le long de la face interne de l’uretère, on remarque de nombreuses ulcérations, d'autant plus larges et plus rapprochées, qu'on approche de l'extrémité inférieure de l’uretère. L’orifice inférieure est libre ou perméable.

Rein gauche. — Longueur 3 centim. 1/2, largeur 2 centim. 1/2. Atrophié, il est réduit à une petite masse de tissu rougeûtre, ayant la consistance et l’aspect du tissu fibreux. La veine et l'artère correspondantes sont atrophiées. L'uretère gauche est totalement atrophié et réduit à une sorte de filament fibreux dans son 1/3 supérieur ; dans le reste de son étendue il a le diamètre d'un crayon. À ce niveau il est dur, et après incision de la paroi, il s’en échappe une matière blanchâtre, caséiforme, demi-liquide. Diamètre de 8 millimètres.

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