‹ Urétrite Non Gonococcique: Microbienne Et PrimitiveChapitre 13 sur 22 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(inédite)

: (Due à l'obligeance du docteur Mansillon)

ÀX..., étudiant en médecine, âgé de 23 ans.

Pas de blennorragies' antérieures. Va

Coït le ‘mercredi, 16:juin 1910 avec femme présentant des pertes: blanches assez abondaïtes. Avait eu un coïit. antérieur 8 jours auparavant avec lemme ne présentant aucune perte.

Le lendemain, 17 ; Juin, au réveil, le sujet éprouve une sensation de pesanteur légère au niveau de la fosse naviculaire. à

Le méat est légèrement rouge avec bords agglutinés Par une sécrétion blanchâtre. Par l'expression on amène une goulle blanc grisâtre. Après la miction, sensation de

chaleur au niveau de la fosse naviculaire.

On prélève une goutte de pus pour l'examen bactério-

. logique el on pratique une instillation de quelques gouttes d'argyrol à 1/20

Après coloration au bleu de Locffler, nombreux micro-

organismes, streplo-bacilles, cocci isolés en tétrades et

et quelques diplocoques tout petits, beaucoup plus petits que les gonocoques. Un: Gram est aussi fait et les

diplocoques prennent le Gram. Enfin dans la même préparalion on re ncontre quelques cellules épithéliales et quelques lobules blancs, mais très peu nombreux. Ce

qui frappe dans la préparation, c'est le grand nombre de microorganismes et la rareté des cellules ou globules (3 à 4 par champs), on croirait examiner une-culture de microorganismes.

Les pertes de la femme que l’on a pu examiner deux jours après furent colorées par les mêmes procédés : bleu de Loeffler et Gram. Or les préparations furent semblables, comme nombre et variétés, au pus uréthral examiné en premier Heu. Je contagion semble donc être directe el nette.

On institue le traitement. par injections 3 fois par jour d argyrol au 1/20, dans l'urèthre antérieur et sans

essayer de dépasser le bulbe.

On continue à prélever du pus pour suivre lév ee de cette uréthrite.

Après la première-injeclion (e'est-à-dire 5 à 6 heures après) Pécoulement devient plus abondant et plus jaunâtre où plutôt g gris sale. De nombreux polvnucléaires non déformés se voient avec des microorganismes däns leurs protoplasmes. Les diplocoques prennent le Gram.

Deux jours après, nombreux polynucléaires, quelques

grands mononucléaires, cellules épithéliales, filaments de

fibrine et presque plus de microbes. Seuls quelques Le ) l

Av Nr diplocoques, dont quelques-uns intra-cellulaires, se rencontrent, mais on les colore par le. Gram qu'ils prennent très bien. Les phénomènes douloureux ne se sont pas accentués, seule la pesanteur au niveau de la fosse naviculaire persiste. L'écoulement disparait en 6 jours avec le traitement par l'argvrol au 1/20.

Deux jours après avoir cessé le traitement, le malade fait une assez longue promenade suivie de repas copieux avec vins. Le lendemain matin, légère goutte et chaleur en urinant. On examine et l’on trouve des polynucléaires en très grand nombre et quelques cocei avec diplocoques (1 ou 2 groupes chaque 15 à 20 champs) qui prennent le-Gram. ‘ |

On reprend 3 jours l’argyrol et l'écoulement ayant disparu nous avons conseillé au malade de faire quelques grands lavages de permanganate à 1/5000. La goutte matinale est examinée plusieurs Jours de suite, mais plus de diplocoques ni autres. organismes, seuls quelques polynucléaires : on cesse les grands lavages : au bout de 10 jours le malade reprend son train de vie normale : plus de goutte, même le matin.

Durée totale : 20 à 25 jours.

Cette observation nous a paru intéressante à rapporter à plusieurs points de vue :

L.— Il semble bien que dans le cas présent nous ayons affaue à une uréthrile non gonococcique provoquée par des flueurs blanches, dues à des microorganismes divers. En effet, la comparaison des deux préparations (pus uréthral elpertes blanches de la lemme) nous a permis de conclure à l’analogie des espèces microbiennes dans les deux cas. L'origine de l'uréthrite parait donc nette.

| — 33 — IL. — La courte incubalion de celte uréthrite est évrdente (24 heures seulement). , IT. — L'absence complète de douleurs. Seule une

légère pesanteur au niveau de la fosse naviculaire et au

même point, sensation de chaleur après la miction qui est indolore.

IV. — Enfin nous devons signaler la présence de diplocoques plus petits que les gonocoques de Neisser et prenant le Gram, qui, alors que les autres variétés microbiennes avaient disparu dès le second jour de trai-

tement, ont continué à se montrer jusqu'à la disparition

de l'écoulement. Mais d'autre part il faut reconnaître leur très petit nombre.

OBsERVATION Il |

(Professeur Rauzier)

Il s'agit d'un jeune homme de 23 à 24 ans qui, indemne jusqu'alors de toute affection uréthrale, vil un beau jour survenir un écoulement purulent. La coupable était une toute jeune fille qui, peu de mois auparavant, avait, paraît-il, confié à son amant les prémisses d'une virginilé intacte. Depuis l'abandon du précieux dépôt, aucun nuage n'était venu, dans un ménage aussi uni qu'irrégulier, assombrir l’azur de leur existence. D'où un étonnement et une indignation faciles à concevoir le jour où un écoûlement de.sinistre augure vient faire craindre au sujet de l'observation un malheur immérilé.

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