II PRÉFACE
sans bruit, comme toute vérité reléguée pour cause de scrupule au fond d'un puits artésien. Deux éditions épuisées, en six mois, semblent pourtant prouver que ce livre a été compris.
J'ouvre la main pour donner le vol à la seconde vérité, dans ce nouveau volume Ursule. Quand je serai à quatre, je rentrerai dans le paradoxe, mon élément naturel ; je ferai battre encore, dans de nouveaux romans, les Anglais avec les Chinois, les Anglais avec les Indiens insurgés, comme j'ai fait autrefois, de 1840 à 1845, ce qui m'a valu tant de cris, au Paradoxe! Car, me disait-on, les Chinois et les Indiens doivent vivre éternellement en frères avec les Anglais. Paradoxe !
Le sujet de ce nouveau livre, Ursule, est pourtant vieux comme le monde ; l'Évangile lui consacre un chapitre admirable, et tous les auteurs profanes l'ont traité avec plus ou moins de bonheur.
L'adultère, puisqu'il faut l'appeler par son nom, a fourni prétexte à tous les moralistes du livre et du théâtre. Ce crime a été flétri par quelques-uns, enjolivé par tes