LE GOÉMON
mense ; toutefois, on ne F site pas sur Se côte S. W., exposée à la mer sauvage, car ie goémon épave suffit Se qe
besoins des riverains. il en est autrement sur la côte S. E.,
et en particulier sur le territoire de la commune de Loix, où 200 à 300 hectares de prairies marines exploitables à basse mer sont composés surtout de F. platycarpus et de F. vesiculosus. Ses riverains étant éloignés des points d'échouage ont avantage à pratiquer la coupe pendant la période autorisée qui dise un mois (mars-avril). D’après M. Brin (in liti.), on a parfois tenté deux coupes par an,
mais la coupe de septembre ou d'octobre retarde pliiôt « l’enherbement » ëêt, au printemps suivant, les Fucus sont trop courts pour être exploités. Le F, serratus n'est guère coupé sur cette côte plate, sa cueillette obligerait à parcourir un trop long chemin. Une équipe de quatre femmes, fournissant à un homme chargé du transport avec un âne, parvient, dans une marée de six heures, à couper 6 à 8 tonnes de varech1.
STrANFORD (loc. cit.) écrivait en 1862, après un récent voyage aux îles anglo-normandes, que le temps de la coupe y est fixé par la loi ; à Guernesey, il dure du 13 juillet au 3r août, tandis qu'à Jersey deux coupes annuelles sont autorisées, pendant dix jours chaque fois, l'une à partir du 10 mars, l’autre à partir du 20 juin. L& coupe d'été est un temps de vacances régulières dans les deux îles et l’occasion de grandes réjouissances pour les Jeunes « vraicqueurs » des deux sexes.
Il semble bien que toutes ces dates d’autorisation de la coupe s’inspirent beaucoup plus de traditions ou de con venances locales que de considérations biologiques.
1F. Brin: — La fumure de la vigne aux engrais marins, Revue de
A l’île d'Ouessant, on coupe le goémon de rive seule-
À ment pour le chauffage. L'ile manque de bois ; les ajoncs
non abrités par un mur y restent nains, les bruyères aussi: en hiver, on se chauffe et l'on fait cuire les ali-
; ments à l'aide de touffes de gazon, de bouses de vaches
préparées en forme de galettes et séchées durant l’été, de tiges de L.Cloustonu séchées, et de goémon noir qui est
particulièrement apprécié. On coupe le goémon où l’on
veut et quand on veut, mais généralement en hiver ou au
printemps, car il doit rester au moins deux à trois mois exposé à l'air et recevoir plusieurs pluies pour brûler con-
venablement. Les propriétaires des terrains en bordure de la mer l'étendent sur leurs terres, les autres l’étendent sur les rochers de la falaise; on le rentre sous des hangards quand il est bien sec. À ma question si cette coupe faite à. volonté influait sur la repousse, on a répondu quon n'y prête pas attention, car la quantité de goémon de coupe dépasse les besoins (à cause de l'abondance du
-goémon épave) et l'administration municipale n’a Jamais - à intervenir.
A l’île Molène, le goémon noir r est APE NE utilisé pour le chauffage ; Aube une vieille coutume, certaines grèves sont divisées en parcelles réparties entre les familles de l'île et chacune y pratique la coupe à sa convenance; dans les grèves non parcellées, tout habitant coupe où il veut et quand il veut.
Au goémon de rive se rattache le Zostera marina, ou
varech des emballeurs et des tapissiers, appelé aussi crin végétal. Cette Monocotylédone forme de vastes prairies à
un niveau assez bas, surtout dans les anses abritées dont ses rhizomes et ses racines consolident la vase; son
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Pillage donne asile à de Der er animaux. Li où. 261 à de par exemple dans ji bassin d'Arcachon, dans”
l'étang de Thau (Hérault). c., il constitue la majeure partie “du goémon épave BP ie les tempêtes ; ailleurs,
là où il est plus rare, ses longues feuilles étroites. minces et très souples, pourvues de ou fibres cellulosiques,
suflisent pour entortiller en gros paquets les Algues di-
verses roulées par les vagues et rejetées par le flot. À Roscoff, où il couvre cependant d’assez vastes éten-
dues, on ne le récolte pas méthodiquement ; les uns et
les autres le coupent, ou plutôt l'arrachent, quand ils en ont besoin, quelques-uns pour faire des matelas, la plu-
part pour couvrir et em pêcher de se dessécher les tas de goémon de réserve exposés en plein air; toutefois, ceci
n'est qu'une tolérance et 1l est entendu que les collec teurs ne doivent pas en faire le commerce. En d'autres régions, comme certaines côtes de Normandie (environs
de Grandcamp dans le Calvados, entre Agon et Pirou sur
la côte"ouest de la Manche), où les riverains le récoltent pour la vente, ils l’appellent varech et ne donnent jamais ce nom au goémon d'Algues. Avant que la mer l'ait complétement asséché, et tandis que les feuilles flot-
tent encore sur une faible épaisseur d’eau, 1ls coupent le varech avec des faux et des faucilles comme ils feraient
dans un pré ; les uns en chargent des voitures, les autres des gabarres échouées ou des radeaux qui les ont amenés