LÉ GPREAN ET LA RÉCOLTE
À Roscoff, on fait ds coupes, mais la sn est. plutôt la prolongation de la première. La première a lieu = en février-mars, selon les marées, et dure six jours ; les Ne ‘trois premiers Jours sont réservés aux riverains qui em-. e ploient, pour le transport du goémon coupé, des mannes, brouettes ou civières ; ceux qui disposent de charrettes 5 ou de bateaux sont admis seulement les trois derniers
jours, qui sont d’ailleurs les plus favorables. Puis, la cueillelte est de nouveau ouverte à tous durant tout le mois de mai. Voici ce qui se passe : Dès le premier jour, les collecteurs sont nombreux et rivalisent de zèle et d'activité ; dès que la mer baisse, ils coupent les pre-
miers Fucus (F. platycarpus) et s'avancent peu à peu ” vers les F. vesiculosus et les Ascophyllum, puis les F. serralus, cette dernière cspèce étant la plus estimée ;
toutefois, on ne fauche pas le goémon comme l'herbe d'un pré, et la mer baissant plus vite qu'ils n'avancent, les récolteurs laissent nécessairement des espaces non coupés qu'ils espèrent retrouver le lendemain. Ces espaces se font de plus en plus rares, la coupe au niveau inférieur devenait fatigante, à cause du chemin de plus en plus long
à parcourir sur les rochers pour remonter le goémon en haut de la grève, beaucoup, parmi ceux qui auraient.
que la récolle du varech de rive, n’aÿant lieu qu’une fois par an, sera beaucoup plus abondante, et qu'ainsi l’agriculture n'y perdra
rien. Les observations faites démontrent le contraire; les herbes
marines croissent irès vite, se détachent quand elles viennent à
maturité et peuvent être emportées par les vents et les courants, au
préjudice de tous les intérêts qu’elles sont destinées à satisfaire. La coupe d'hiver n'est pas plus abondante aujourd’hui qu elle n'était
* sous l'ancienne législation ». Il doit cependant y avg là quelque
exagéralion. Voir Ft loin ce qui concerne la coupe à l’fle de né
droit à la coupe pendant six jours, l’abandonnent avant le cinquième. En mai, les collecteurs, bien moins nombreux, prennent tout leur temps et coupent précisément les touffes délaissées en mars qui, d’ailleurs, ont depuis grandi un peu. En outre. le goémon de mars paraît plus estimé à Roscoff que celui de mai’. Ceci concerne le goémon destiné à l’engrais. La cueillette du Lichen carragaheen, nommé goémon blanc par opposition au goémon noir, autorisée de mai à octobre inclus, occupe beaucoup moins de monde. | Les dates et la durée d'autorisation de couper le goémon de rive varient avec les localités, probablement suivant les traditions locales, la densité de la population, la nature des cultures et l'étendue de l’espace à exploiter. Aïnsi, d’après Guérix (loc. cit.) la récolle, autorisée à Plounéour-Trez (Finistère) du 15 janvier au 15 juin, est pratiquée surtout en mai-juin, et l'espace intercotidal est partagé en lots établis d'après le nombre des membres de chaque famille : un lot pour le père, un lot pour la mère, un lot pour chacun des enfants et aussi pour les gens à leur service, le partage des lots se faisant, en principe, tous les quatre ans. | À l'île de Ré. le territoire couvert de Fucus est im-
‘Il en est de même dans l’arrondissement de Lannion, d’après L. Ayraurr (loc. cil., p. 423) : « De l'avis général des cultivateurs,. le goémon de rive qui doit être employé comme engrais ne possède toutes ses qualités que pendant les mois compris entre janvier et avril, époques auxquelles il arrive à pleine maturité. Le produit obtenu à tout autre moment ne peut guère servir qu’à faire de la cendre qui, pour les besoins de l’agriculture, ne représente pas le xingtième de la valeur du goémon vert ». Ici encore, il doit y avoir quelque exagération.
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. Viticulture, t. XIL, Paris, 1899.