GOÉMON
ON
Fig. 8 — Laminaria saccharina Lamour.
Individu adulte récolté à
Roscoff en août. — Environ mie gr, natur,
Fig. ou Laminaria Jlexicaulis us Jol.
Individu adulte récolté à Roscoff en janvier. — Environ 1 / 5 gr.
souvent 3 à 4 mètres, portée par un stipe cylindrique, étroit, court en comparaison de la longueur de la lame. On ne sait pas combien de temps vit cette espèce. Le L. saccharina remonte
parmi les Fucus serralus, où parfois .
même il abonde, mais sans y fructifier ; on considérait autrefois cette forme jeune du niveau supérieur comme une espèce que l’on nommait L. Phyl litis. Les autres espèces ont un stipe plus gros et plus long et une lame digitée, découpée en longues lanières
rayonnantes. C’est d’abord le: Lame: /
flexicaulis (fig. 9 et to), qui autrefois constituait, avec le Lam. Cloustonu (fig. r1), le Lam. digitala des anciens auteurs; son stipe longuement conique ou légèrement fusiforme, lisse, flexible, aplati au sommet, lui mérite bien son nouveau nom imposé par ze Jours ; Je poids de la lame le couche et l’étend sur le rocher quand la marée l’assèche ; sa lame, d’une teinte olivacée foncée, oscille entre tr et 3 mètres de longueur avec une lar-geur très variable. La figure 10 représente la forme que prend souvent le L. flexicaulis sur les rochers exposés au choc des vagues ; la lame est plus étroite que dans les stations abritées et le stipe, plus long, est tordu sur lui-
Fig. 10. — Laminaria flexicauls Le Jol.
Individu adulte à stipe tordu, récolté à Roscoff en août. — Environ 1/15 gr. natur.
re sous le nom e L. sn es auteurs. jrs lais.
distinguaient une variété stenophylla dont la lame k se divise en un petit nombre de lanières, comme on la voit figurée dans le Phycologia brilannica de Harvey. Depuis, à certains l'ont élevée au rang d'espèce. En attendant que | son développement soit suivi en détail et prouve son in- … dépendance, il semble que le Z. stenophylla des auteurs anglais n'est pas autre chose qu'une portion de notre ; L.flexicaulis ‘. Très recherché en Bretagne pour l'engrais : et pour l'extraction de l'iode, 1l y est connu sous le nom È de Taly. | | + Le Lam.Cloustonii ne découvre qu'aux grandes marées : son stipe est droit, raide et rugueux, comme chagriné, ce qui facilite la GR de nombreux PR és ‘s& lame digitée et de teinte roussâtre est généralement plus courte que son stipe tout au moins chez l'adulte. Si l’on éprouve une difficulté à distinguer cette espèce de la précédente, on aura recours aux canaux muciferes ? : quand … on coupe la lame de l’une ou de l’autre, des gouttelettes …
1 J'ai déjà dit à propos du F, platycarpus comment la loi de priorité appliquée à de vieux noms de valeur très douteuse complique inutilement et fâcheusement la nomenclature. Les Laminaires nous 4 en offrent un autre exemple aussi regrettable. Quand Le Jours eut … démontré dans un Mémoire très étudié qu'il fallait distinguer deux ; espèces dans le L. digitala, il eût été très simple de suivre sa nomenclature ; c’est ce que nous faisons en France ; il n'en est pas de … même partout ; le nom de L. hyperborea est rubis employé au lieu … et place de L. Cloustonii, les noms de L. digilata et L. stenophylla 1 sont parfois employés au lieu de L. flexicaulis. #
2 L. GuicxarD. —— Observations sur l'appareil mucifère des Laminaires, Annales des Sciences naturelles, Botanique, série to LV:
Paris, 1892.
hyalines, épaisses et col-
lantes, sortent de la section : au contraire, le stipe du L.flexicaulis manque de ca-
maux, tandis que celui du L. Cloustoniü en est abondamment pourvu; quand on
le coupe en travers, on voit à l’œil nu surgir une couronne périphérique de petites gout-
telettes. Le L. Cloustonit vit
longtemps, une douzaine d'années ; son stipe présente
des anneaux concentriques
comparables à ceux de nos arbres, chacun correspondant probablement à une année; toutefois, la lame se renouvelle chaque année pendant la saison froide et les lames anciennes qui tombent constituent les mantelets dont 1l est question plus loin.
D'après Jouer ‘, les Laminaires de la région de Roscotff descendent probablement jusque vers 30 mètres audessous du zéro ; à ce niveau, je les suppose repré-
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Fig. 11. — Laminaria Cloustoni
Edm,
Individu au moment où la lame ancienne, ou manlelet, va se détacher tel qu’on le voit à Roscoff en mars. — Environ 1/15 gr.
natur.
| IL. Jourix. — Recherches sur la distribution océanographique des végélaux marins dans la région de Roscoff, Annales de l’Institut océano-
graphique, t. |, Monaco, 1908.
— Laminaria Lejolisi Sauv.
Fig.
Individu adulte récolté à Roscoff, — Environ 1/15 gr. natur. : s 0
lative dans les forêts sous-marines augmente avec la profondeur. MR
Au même niveau, vit le L. Lejolisi (fig. 12), grande plante munie d'un stipe gros, flexible et lisse surmonté d’une lame blanchâtre, de la teinte d'une plante étiolée. Bien que son stipe soit très flexible, il se tient dressé a marée basse; la plante coupée se corrompt rapidement à l'air. Je l'ai décrit et nommé en 1916 ‘ ; il était alors fréquent à Roscoff. Il est si distinct à première vue des autres Laminaires digitées que j'ai pensé que son introduction est récente, car, s’il avait existé quelques années avant mon passage à Roscoff, les algologues qui ont exploré la région n'auraient pas manqué de l’apercevoir. Sa présence est intéressanteau point de vue pratique ; il croit, en effet, au niveau du L.Cloustonit, mais son développementest beaucoup plus rapide ; s’il continue à se répandre, il pourrait donc supplanter le L.Cloustonii recherché par les goémonniers pour l'extraction de l’iode. Pendant la guerre, les conditions ne favorisaient pas sa recherche en d'autres points des côtes. En septembre 1919, des coupeurs de goémon, rencontrés au Conquet, m'ont affirmé que ce L.Lejolisi (qu'ils appellent Taly au lait à cause de la teinte de sa lame) abonde autour des îles de Béniguet et de Quéménès et qu'ils l’y ont toujours vu ; ils le néghigent, et l’un d'eux, qui exerce cette profession depuis douze ans, me l’a décrit avec une telle précision que j'ai tout lieu de croire à l'exactitude de son affirmation.
D'après M. ze Treur, chef guetteur du sémaphore d'Oues-
sant-Créach, originaire de Lampaul-Plouarzel (sur je
1C, SauvaGEau. — Sur une Laminaire nouvelle pour Îes côtes de
France (Laminaria Lejolisii Sauv ), Comptes rendus de l’Académie
des Sciences, {. CLXIII, Paris, 1916 — GC. Sauvaceau, Recherches sur les Laminaires, etc.. loc. cit., 1918.
Conquet à l’Aber-Wrach ; dans sa jeunesse, quand äl L
j'ai trouvé parmi le goémon épave, y prouve cependant
LE GOÉMON ET LA RÉCOLRE : DU er
continent), la: plante se rencontre. sur r toute fa côtes.
allait couper du goémon, ses parents lui recommandasien es de l’éviter parce qu'elle PO trop vite. Pen dant tu
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Individu adulte récolté à Roscoff en octobre, — Environ 1/15 gr. natur. grandes marées de septembre, je l'ai vainement cherché à l’île d'Ouessant, où le L.Cloustonü est d'une extrême
abondance; un unique exemplaire, encore frais, que L'aé
son existence, mais sans doute en faible quantité et peut-
. tre est-il toujours submergé. Si les renseignements que
j'ai recueillis sont exacts, la plante découverte à Roscoff serait donc originaire de la côte Ouest ou des îles du Finistère.
À l'inverse des précédentes espèces qui ont un stipe de
, section arrondie, le Saccorhiza bulbosa (fig. 13) possède
un stipe plat dont la longueur atteint un à deux mètres et la largeur un décimètre; ses bords sont souvent godronnés. Il est donc facile à distinguer des autres espèces à lame digitée. Son stipe semble sortir d’une grosse masse creuse fixatrice, irrégulièrement bosselée, lisse ou couverte
d’aspérités, assez improprement appelée son bulbe. Bien
que le Saccorhiza bulbosa soit la plus grande espèce de nos côtes, 1l est annuel. |
Au goémon de fond se rapporte aussi une Fucacée, l’Halidrys siliquosa, qui se tent sur les rochers au niveau inférieur de la marée et au-dessous ; en Angleterre et en Irlande, où elle est probablement plus abondante que chez nous, c’est l'une des principales espèces dont on retire la soude. L'Halidrys forme de longues touffes brunes longues de 1 mètre et plus, constituées par des axes étroits, comprimés, qui portent de nombreux rameaux distiques semblables à eux; des rameaux spéciaux se terminent par de longues vésicules aérifères cloisonnées en logettes, rappelant par leur forme une silique de Crucifère (d’où ie nom de siliquosa). Ces aérocystes sont de si excellents flotteurs qu'on les trouve séparés de la plante mère un peu partout, sur toutes les plages.
Toutes ces espèces pourraient, à la rigueur, être cilées dans la catégorie du goémon de rive, puisque toutes peuvent être cueillies à la main; les Z.saccharina et L.flexicaulis assèchent parfois assez longtemps pour per-
mettre une récolte rémunératrice. En réalité, elles sont exploitées comme goémon de fond, avec le L.Cloustenu. Des hommes, qui se tiennent sur le bateau, les coupent au
fond de l’eau à l’aide d'une faucille ou « guillotine » emmanchée à l'extrémité d'une longue perche, et les ra-
mènent à bord une à une. Ce travail demande de la force,
de l'adresse et de l'habitude, Les goémonniers cherchent
à couper le stipe de la Laminaire tout près de son som-
met et non à sa base malgré la forte proportion de sels de potasse et de composés iodés qu'il renferme, car son poids et sa forme rendent plus aléatoire la possibilité de remonter la plante jusqu'au bateau. Néanmoins, et malgré leur adresse, environ une moitié du goémon coupé leur échappe, retombe au fond ou est emporté par le courant ; cest un véritable gaspillage. Les Laminaires inutilement coupées ne sont pas entièrement perdues, dit-on, et,sont tôt ou tard ramenées à la côte comme goémon épave ; c'est probablement exagéré ; d’ailleurs, un séjour un peu prolongé dans l'eau les altère ; un mauvais temps survenant peu après en rejetterait une parlie, les autres s'en-
chevêtrent par leurs longues lanières parmi ds rochers ou.
les plantes épargnées et y restent.
Pendant la belle saison, de nombreux bateaux s’adonnent à la pêche du goémon de fond sur les côtes de Bretagne et en coupent des milliers de tonnes. La coupe se fait quand l’eau est basse ; dans les intervalles, le goémon débarqué sur les dunes est d’abord séché puis brülé.
Cette industrie relativement récente s’est développée
quand on comprit que les Laminaires renferment plus de
potasse et d'iode que les Fucacées de rive. Les «soudiers » ne concurrencent donc plus guère les agriculteurs dans la cueillette du goémon de rive. Néanmoins, des plaintes
She
sémblables à celles que nous avons entendues au xvim siècle se sont élevées, car l'exploitation du goëémon de fond devient de plus en plus active. |
On craint que la coupe des Laminaires toujours submergées n entraine un dommage pour la pèche en détruisant le frai. « L'idée un moment à la mode, dit Yves Decace:, que les goémons de fond constituent de vastes frayères pour le poisson a été abandonnée; mais 1} n’en reste pas moins, que, dans ces épais fourrés, nombre d’espèces utiles trouvent, non seulement une obscurité favorable et un abri contre leurs ennemis les Sélaciens péiagiques et les Cétacées carnivores, mais aussi une nourriture abondante aux dépens des mille espèces d’Invertébrés qui viennent y chercher eux aussi un abri contre la lumière et contre une trop grande agitation de l’eau ». Lorsque j'étudiais les Laminaires à Roscoff, j'ai maintes fois longuement fouillé du regard le fond de l’eau à l’aide de la lunette d’eau et le très petit nombre de poissons que je voy ais circuler parmi les plantes marines m'a toujours surpris.
Decace a cherché à déterminer quelle est, avec les procédés de récolte actuellement en usage pour le soémon de fond, c'est-à-dire qui respectent les Laminaires les plus profondes, le rapport entre la surface exploitable et la surface totale occupée par ces Algues. D'après ses observations sur une longueur de côte de 79 milles, s'étendant de la rivière de Lannion jusqu’à l’île Vierge, la surface exploitable est environ le 1/3 de la surface totale habitée par les Laminaires. C’est dire que le goémon épargné doit
1Yves Derace. — La question du Goémon de fond, Bulletin de 1 Institut océanographique, N° 267, Monaco, 1913.
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90 LE GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU GOÉMON Dares è
suffire à l'abri du Se Toutefois, tte:
(loc. cit., p. 7) que « si la consommation d’iode aug-
mente, si les usines se multiplient, si les demardes de goémon s'accroissent, les zones actuellement exploitées
deviendrontinsuflisantes et que l’on cherchera et trouvera de nouveaux moyens d'atteindre les Laminairés de lazone profonde au moyen de grappins, de dragues spéciales où
de nouveaux engins que saura bien découvrir lingénio-
sité des intéressés. | « Gela pourrait alors créer un sérieux danger pour les intérêts de la pêche. La chose est tellement évidente qu'il
est inutile d'en développer la démonstration. Le seul moyen d'éviter ce mal est de réglementer le mode de ré- » colte du goémon de fond qui, actuellement, est absolu-
ment libre. Il suffirait pour cela de consacrer par décret
l'autorisation de la faucille emmanchée de 4 mètres et
d'interdire rigoureusement l'emploi de tout autre procédé permettait d'atteindre le goémon à une plus grande profondeur ».
Je n'ai certes pas à prendre la défense des goémonmiers, car tous les coupeurs de goémon sont des ennemis du botaniste, mais de nouvelles difficultés sont à prévoir pour le jour ou l'administration sanctionnera la proposition de
Derace. Une perche ne pouvant être tenue efficacement |
par son extrémité, 1l faut compter près d'un mètre non directement utilisé, d'autant plus que le marin ne la tient pas toujours verticalement ; il reste donc 3 mètres utiles ; c'est un peu court sur les côtes de la Manche où |’ ampli tude des marées est considérable, et c’est plutôt long sur les côtes des îles de Saintonge, d'Aunis, de Vendée ou du sud de la Bretagne où ce mode de récolte a été négligé
jusqu’à présent. Quelle que soit la longueur de perche à
LE GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU GOÉMON Où
autorisée elle on ceux du sud et contrariera ceux du Nord.
Les riverains, d’ailleurs, voient les goémonniers d’un œil peu favorable. Pour leur défense, ceux-ci cherchent à répandre la croyance qu'en coupant les Laminaires ils rendent service à tout le monde; elles repoussent plus dru, disent-1l. C'est une erreur grossière. C’est une erreur aussi de dire, comme GLoess * « que les plantes marines sont une source qui ne pourra Jamais se tarir » (loc. cit., p- 101). Le mème auteur dit à propos des Laminaires : «Îlest à remarquer que le goémon coupé repousse très vite, surtout (sic) s’il est coupé au-dessus de sa région génératrice, c’est-à-dire au-dessus de la base des feuilles ou. plus correctement dit, des lames. Comme il est inutile de couper le goémon au ras du sol, que c'est même chose pour ainsi dire pratiquement impossible, particulièrement en coupant mécaniquement, cette méthode ne présente aucun danger ni pour la reproduction du goémon r1 pour ceux qui vivent de sa récolte. » (loc. cil., p. 173). Or, les Laminaires de nos côtes, coupées en un point quelconque de leur stipe, ne repoussent jamais, n1 du stipe n1 des ra— cines : la zone génératrice est, 1l est vrai, limitée au point d'union du stipe et de la lame, mais l'accroissement par cloisonnement cellulaire se continue dans la lame bien audessus de sa base et nous ne savons rien du niveau où une troncature pourrait être impunément pratiquée ; la
1P. Gross. — L’exploilation industrielle des plantes marines, Moniteur scientifique de Quesneville, 5 série, t. VI, Paris, 1916. L'auteur a publié une seconde édition de ce Mémoire : Les plantes marines. Leurs utilisalions, Bulletin de l'Institut océanographique, N° 550, Monaco, 1919. A moins d'indication contraire, la pagination citée ici se rapporte à la première édition.
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92 LE GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU GOËMON PÉMOR js 4 ‘ e* vw ®
lame de toutes nos espèces (à part le Z. saccharina) est digitée au-dessus d’une base indivise relativement courte ; c'est sans doute vers le point d'union entre la partie indivise et la partie digitée qu il faudrait donner le coup de faucille pour permettre à la lame de repousser, et, malgré | | J'habileté déployée par les goémonniers, on ne peut raisonnablement leur demander de renouveler souvent ce tour de force au cours de leur journée de travail J'ai vu à mer basse, maintes fois, au sommet de stipes fixés sur les rochers, des lames coupées par eux réduites à quel- : ques centimètres, peut-être certaines repoussaient-elles, mais d'autres dépérissaient sûrement. Quoiqu'’en pense GLOESs on coupe facilement les Laminaires sur leur tige, même près de leur base, et lorsque j'allais en mer avec Hyacinthe Le Mat, l'habile marin de la station biologique
de Roscoff, pour étudier la flore fixée sur le Lam. Clous- u tonu, à chacune de nos excursions, 1] m'en ramenait des centaines d'individus dans le canot. L’affirmation de GLoEss en ce qui concerne la reproduction du goémon
n'est pas plus exacte. Le Sacc. bulbosa est la seule espèce, d’ailleurs annuelle, dont le stipe porte des sporanges ; on pourrait donc le couper impunément ; malheureusement,
c'est aussi l'espèce la moins estimée. Les autres portent
leurs sporanges sur la lame et vivent plus longtemps ; on manque de points de repère pour évaluer la durée du Lam. flexicaulis sur nos côtes ; toutefois, elle est certai- … nement moindre que celle du Lam. Clouslont, qui atleint souvent une douzaine d'années. Par suite, et de toute évidence, une coupe fréquente dans un même lieu doit nécessairement réduire progressivement le nombre des grands individus du Lam. Clouslonti, quiest précisément
l’espèce la plus caractéristique à partir d'une certaine pro-
fondeur. En outre, la période de reproduction de cette espèce étant bien plus nettement limitée que celle des autres, car elle a lieu seulement pendant les mois froids, la coupe deviendrait dommageable si elle s’effectuait en hiver. Un seul individu de grande taille fournissant, il est vrai, des millions de zoospores, suffirait théoriquement à ensemencer une immense étendue, mais le nombre des germes est évidemment en relation avec le nombre des chances de destruction. Actuellement, les soudiers exploitent la mer pendant la belle saison seulement, à cause de la difficulté de faire sécher leur récolte avant de la brûler ; si les procédés d'extraction des matières utiles se perfectionnent, le séchage se fera dans des usines et l'exploitation intensive s'effectuera toute l’année. Dans ce cas, une nouvelle réglementation deviendra nécessaire.
On verra pourquoi ce qui est possible sur les côtes américaines l'est beaucoup moins sur les nôtres.
Les Etats-Unis font une consommation considérable et progressive de sels de potassium pour l'usage agricole. On a dit qu'ils recevaient le cinquième de ce que produisent les mines allemandes, et plus de la moitié de ce qui en est exporté. Quelques années avant la guerre, leur gouvernement, préoccupé de l’inconvénient de laisser l’agriculture tributaire de l'étranger pour des matières devenues de première nécessité, prit l'initiative des recherches de gisements potassiques ; de nombreux géologues, chimistes et botanistes y participèrent *. Je n ai pas à m'occuper de la recherche des gisements miniers. |
1 Voir entre autres : Fertilizer Resources of the United Stales.
Senate Document, N° 190, Washington, 1912 (Rapports de Sercmerz,
HS
LE GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU. GOËMON Fe
‘ rines sur \évits terres étaient à peu près FRE à Re utiliser. ‘es En 1906 et 1909, Barcn, attrait l attention sur leur uti- è hisation possible comme gisements de sels potassiques et 4 en particulier de chlorure de potassium *. Ce fut le point ; de départ de recherches collectivesexigeant untravail con- “A sidérable, et les auteurs des rapports officiels doivent être loués du zèle et de la fructueuse activité qu'ils ont É déployés. Toutefois, la question de Putilisation la plus profitable des Algues marines n’est pas définitivement
Gr k 5 “ ® | : : “la he résolue, le travail continue et chaque Jour paraissent de . nouveaux Mémoires: Mais déjà des milliers de tonnes de A We
goémon ou Kelp sont extraites de l'Océan Pacifique peur +4 en utiliser la potasse et d’autres produits ?. k. 4 Certaines personnes qui, en ces derniers temps, Fe. ke pi écrit sur les Algues : marines se sont demandé pourquoi 1 É, or n'utiliserait pas en France les procédés de récolte du
\ Ruicc, Mt Farcaxp, Craxpazz, Jonxsrox, TuRRENTINE, ALsBERG, résu- À 508 més par F.-K. Camerox et Moon).
Camerox. — Potash from Kelp. United States Departement of Agriculture, office of the secretary, Report N° r00, Washington, | 1915 (Rapports de Camerow, Craxpazr, R1GG, Frye). ne. 1 D.-M. Baron. — Erxtracling cn Chlor ide from isa: Brevet U. S. 825, 953, 1 3 Juillet 1906. — On the Chemistry of certain Algæ of the Posire coast. Journal of Industrial and Engineering Chemistry, t. I, Easton, 1909. Je n’ai pas eu ces deux documents entre les mains ; je les cite d’après les auteurs. 2 Pour les Anglais le mot Kelp désigne le produit de l’incinération des plantes marines, ce END appelons salin ou soude de varech. Son sens n’est pas le même aux Etats-Unis, où il désigne les Algues marines qui servent ou pourraient servir à obtenir cette « ae p, US plus particulièrement les Laminaires el surtout les LA onES
= DETTE RE ET CE He EE : AS RE F > :
géantes.
goémon inventés par les Américains, C'était faire preuve d’ignorance de la question. Les Américains appliquent les procédés de récolte qui seront dits plus loin seulement à . des espèces particulières, se présentant dans des conditions exceptionnellement favorables, et non à des Laminaires quelconques. Ce n’est pas que des espèces comparables aux nôtres manquent sur les côtes des Etats-Unis, elles y sont au contraire bien plus nombreuses et plus variées. Aux trois genres de nos côtes atlantiques, Laminaria, Saccorhiza, et Alaria, les Américains du Nord peuvent -en opposer vingt que j'énumère d'après Sercxeze et dans l'ordre botanique : Phyllaria Gobi, Laminaria Lamour. Hedophyllum Setch., Arthrothamnus Rupr., Pleurophycus Setch. et Saund., Cymathaere J. Ac., Costaria Grev. Agarum Bory, Thalassiophyllum Post.et Rupr., Lessonia Bory, Diciyoneuron Rupr., Postelsia Rupr., Nereocystis Post. etRupr., Macrocystis OC. Ag., Pelagophycus Aresch., Lessoniopsis Reinke, Pterygophora Rupr., Alaria Grev., Eisenia Aresch., Egreqia Aresch. Tandis que nous avons seulement 4 Lamunaria, Y compris le récent L. Lejolisu, ils en ont 18, dont ro du type du L. saccharina à lame - indivise et 8 du type L. flexicaulis à lame digitée ; tandis que nous avons un seul Alaria, d’ailleurs sporadique, ils en ont 19. [ls sont donc singuliérement plus favorisés, Peut-être les Américains utiliseront-ils un jour ou l'autre la plupart de ces espèces bien que, si la coupe doit se faire à la main, comme sur nos côtes, le prix de revient soit un sérieux obstacle à une expléitation en grand ; leur attention s'est limitée jusqu'à présent aux grandes espèces qui abondent sur la côte du Pacifique, de la Cali- . fornie à l'Alaska, et qui permettent une exploitation mécanique. Certaines Laminaires, en effet, qui atteignent une
96 LE GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU GOÉMON un
taille considérable et méritent bien le nom de géantes (Grant Kelps), constituent à une faible distance des côtes
des bancs immenses et épais, d'autant plus favorablesà
une exploitation que la plupart possèdent des flotteurs (aérocystes ou DROREIOC EN qui amènent et maintiennent leurs lames à la surface de l’eau. En outre, ces
Algues sont notablement plus riches en potasse que les |
espèces européennes, moins riches toutefois en iode. Ces
conditions ayant tenté des industriels, des usines ne tar-
dèrent pas à s'élever sur les côtes. | Je décris brièvement ces Laminaires géantes, car-leur physionomie diffère considérablement de celle de nos espèces européennes ; elles se réduisent d’ailleurs à quatre principales. Les livres indiquent depuis longtemps leurs di= mepsions et la profondeur des rochers où elless’attachent : ces donnés résultaient surtout d'observations faites en passant et certaines paraissent exagérées. Des collaborateurs de CAMERON, après avoir vu et mesuré un très grand
nombre d'exemplaires, ont publié une note spéciale sur leur t&ille !.
Bien qu'il puisse atteindre près de 4o mètres de longueur, le Vereocystis Luetkeana est annuel” ; il apparait
1T.-C. Faye, G.-B. Rice and W.-C. Craxpazz. — The size of Kelps on the ne Coast of North America, Botanical Gazette,
bLX, 1919.
? bn la région du Puget Sound. les marins lui réservent le nom de Kelp, les autres grandes Laminaires rentrent dans la catégorie des Seaweeds. Is l’appellent aussi Kelp à vessie (Bladder Kelp) et Chou de Loutre de mer (Sea-otter's cabbage). Gela ne signifie pas que la Loutre de mer, animal carnivore, en fait sa nourriture ; on hit en effet dans Moquix-Tanpon (déjà cité p. 49) : « On le voit souvent couché sur des îles flottantes de Néréocyste, se réchauffant aux rayons du soleil, ou guettant quelque proie. C’est pourquoi, dans
au printemps pour disparaitre en hiver ; certains indivi-
dus toutefois vivent plus longtemps. De nombreux hap-
tères ou racines le fixent au fond de l’eau, jusqu’à 9 brasses de profondeur. Son stipe d’une douzaine de
mètres, souvent davantage, avec un diamètre d'environ
un centimètre, semble une longue corde; il se termine
par une boule creuse, ou pneumatocyste, qui lui sert de flotteur, de 45 centimètres de circonférence au maximum, épais de 2 centimètres, rempli d'air (ou mieux de gaz, l'analyse chimique n'ayant pas été faite) dont la pression variable est, en moyenne, inférieure de 77 millimètres de mercure à la pression atmosphérique *. Ge pneumatocyste porte plusieurs lames comme pédicellées sur lui (fig. 14, C), l’ensemble de ces pédicelles constituant le sommet ramifié du stipe. La plante jeune a une lame unique et cordiforme (fig. 14, A), mais bientôt une incision naturelle apparaît dans sa base qui se déchire en deux ; chaque lanière se trouve unie au flotteur par une partie étroite lui tenant lieu de pédicelle et où se localise la zone d’accroissement. Le phénomène, se renouvelant plusieurs fois, produit théoriquement une sorte de ramification dicholomique ; le nombre des lames augmente et elles s’écartent l’une de l'autre par élargissement du pneumatocyste (fig. 14, B). Chez nos Laminaires digitées, au contraire, les déchirures n'affectant pas la zone d’accroissement, la base de la lame reste indivise et le stipe n’est pas ramifié. Certains individus de Nereocyslis ont ainsi, sur un même pneumatocyste, trente à cinquante lames indépen-
certains pays, les végétaux dont il s’agit sont désignés sous le nom de Choux aux Tous DRE
1T,-C. Frye. — Gas Pressure in Nereocyslis, babe Sound marine station Publications, t. [, Seattle, 1916,
.dantes, Inde Ness 4 3 à me be Ru, ?
individu adulte à l'état frais varie de 7 à 30 kilos. st À ph .
-sur les côtes de l'Alaska dépassait 55 kilos, à eu .
maximum 4 20 centimètres QU ig. 14, C). Le poids
grand individu rencont:é par Frve (in CAMERoN, loc. NT
ses lames pesait 49 kilos et couvrail une surfagg de.
Fig. 14. — Nerecocystis Luelkeana P. et R. A.
Dessins schématiques des états successifs de la plante, composés d'après 2 les photographies et les FPÉAPNQEE des auteurs américains. 44)
8o à 85 mètres carrés. Les bateaux trouvent un abri contre la tempête parmi ces bancs de Nereocystis quandils
n'ont pas à proximité un abri sous le vent, et les pêcheurs “4 attachent fréquemment leur barque à une douzaine de :
pneumatocystes en attendant la fin d’un coup de vent ; ; c'est dire la résistance des stipes et la solidité de leur fixation.
Le pneumatocyste conduit les lames à la surface de 4
l’eau, où elles flottent parallèlement à la surface, et un:
peu au-dessous, tandis que le pneumatocyste est plus ou
moins exondé. Les sores naissent sur les lames et sont bien développés de juin à août. En septembre, la plante se
détache au-dessus de sa base fixatrice, flotte en dérive et les vagues Ja rejettent par centaines de tonnes sur la
grève ; lefauchage doit se faire avant. On a remarqué que.
la densité des bancs de Nereocystis change selon les
années ; des bancs, très denses une année, sont clairsemés l’année suivante ; on attribue ce fait à des tempêtes, mais.
la cause pourrait être biologique.
Au lieu de constituer d'immenses champs, comme le Nereocystis, le Pelagophycus Porra” se rencontre seulement en pelits ilots séparés ou bien sur le bords des bancs de Macrocystis du côté du Jarge ; il a donc moins d'importance en tant que goémoan exploitable que les trois. autres « giant Kelps » ; d’ailleurs, on ne l’a trouvé ni dans le Puget Sound, n1 sur les côtes de l’Alaska ; il s'insère sur les rochers jusqu'à 20 brasses de profondeur. C’est une plante annuelle; on le considérait autrefois.
comme un /Ver eoCYSUS ; d’ après SETCHELL, 1l est intermé-
diaire par sa ramification entre ce genre et le Macrocystis.
Sa longueur totale atteint 45 mètres. Comme celui du: Nereocystis, son long stipe porte, au-dessus d'un rétrécissement, un gros pneumatocyste globuleux sur lequel, dans la prime jeunesse, se dresse une lame unique ; cellec1 se divise bientôt en deux, comme chez le Nereocyslis,
sans toutefois que la dre atteigne le pneumatocyste, de sorte que les deux lames sœurs ont un pédicelle commun bifurqué en Ÿ (fig. 15, A). De nouvelles fissures se-
1 Porra, ancien nom donné à la plante par les Espagnols.
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produisent dans chacune da deux times et, catre base s’allonge, constitue un entre nœud de ce stipe secondaire, qui peut lui-même, par 18 même pros,
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Fig. re — Pe'agophycus Porra Setch.
produire des branches tertiaires, chacune se terminant
par une lame énorme. L’ aspect est donc celui de deux longues branches ramifiées nées sur le flotteur en un “| point commun (fig. 15, B). D'après les photographies
données par les auteurs (Camerox, Burp), chaque individu
a probablement une vingtaine de lames. Le poids des in-
dividus frais, entiers, récoltés par BurD sur la côte de
Californie, variait de 7 à 32 kilos.
Le Macrocyshis pyrifera est connu depuis bien long-
temps par les récits des navigateurs et par les fragments
qu'ils ont rapportés. On FFT couramment que c'est la plante la plus grande et on lui attribuait une longueur de 300 à 500 mètres ; les études récentes ont montré V exagération de cette appréciation ; néanmoins, le stipe atteint fréquemment 30 à 35 mètres de longueur totale sur les côtes des Etats-Unis ; le plus long exemplaire trouvé sur Jes côtes de Californie avait 47".,5 et beaucoup ont seulement 9 à 13 mètres. M°° VALENTIN, qui a fait deux voyages botaniques aux îles Malouines, où abonde le Macrocystis, rapporte que le plus grand exemplaire qu'elle ait vu, échoué après un violent coup de vent, mesurait 65 mètres : l’ensemble de ses haptères ou racines figurait une sorte de corbeille de 90 centimètres de diamètre. Un jour que le bateau naviguait en eau calme et claire, profonde de 16 brasses, et que les Macrocys{is flottaient paisiblement, elle entreprit avec le capitaine, mais indépendamment l’un de l’autre, de les mesurer par comparaison avec la longueur du bateau, et ils s’accordèrent pour évaluer leur longueur totale entre 50 et 56 mètres (A.-D. Corrox,
Cryplogams from the Falkland Islands collected by Mrs. Varenrin. Linnean Society’s Journal, Botany, +. XLIIT, Londres, 1915, p. 168).
I forme sur les côtes exposées, où la houle est constante, de vastes bancs, longs de plusieurs milles et larges de 50 mètres à plusieurs kilomètres. Leur étendue paraît sous la dépendance directe du relief rocheux du fond, des
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dépôts de pierres ou de coquilles. Déjà, on le trouve en petits ilots sur des fonds de 5 brasses, tandis que les grands
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Fig. 16. — Macrocysus pyrifera Ag.
Schémas montrant la ramification du stipe et la fissuration des lames: d’après les schémas et la description de Sxorrsserc, 1, 2, 3, 4, stipe primaire, secondaire, etc.
du large ; là où la profondeur atteint 8 à 14 brasses, on trouve souvent des individus de Pelagophycus. Les bancs de Macrocysts sont parfois tellement denses qu'ils cons-
tituent un sérieux obstacle au passage des navires ; par le-
fait même, ils protègent très efficacement les côtes contre la violence des vagues. Le poids des individus entiers de Macrocystis récoltés par Burp sur les côtes de Californie: variait, la partie fixatrice n'étant pas comptée, de 12 kilos à 139 kilos. | |
On ignore quelle est la durée d’un individu; toutefois, elle dépasse certainement une année. On dit souvent parait-1l, que des stipes coupés continuent à croître, mais, d’après les observations de CranDazz, c'est une erreur ; un stipe coupé se détruit progressivement de haut en bas (comme chez nos espèces), ce qui était évident «à priori, puisque la croissance se fait par l’extrémité libre ; si la plante se reconstitue quand les stipes ont été coupés, et cela paraît incontestable, ce ne peut être que par de nouveaux stipes nés sur la base fixatrice, ou par la fissuration de certaines feuilles inférieures. Les sores se développant sur les lames inférieures, le fauchage ne nuira pas à la reproduction pourvu qu'il ne s'effectue pas trop profondément. SKOTTSBERG ‘ a fait une étude documentée de la ra-. mification du Macrocystis et les figures 16 et 17 sont composées d'après ses schémas et ses croquis.
Les tout jeunes individus sont souvent fixés sur des co-. quilles, ce qui facilite leur dragage ; la première lame est simple, comme chez les autres Laminaires, et ses fissures, qui affectent le stipe, le ramifient, comme chez les autres. Laminaires du groupe des Lessoniées, mais, à l’inverse. des Nereocystis et Pelagophycus, le stipe primaire simple
1C. Sxorrseerc. — Zur Kenninis der subantarktischen und antarktischen Meeresalgen, I. Phæophyceen, Wissenschaftliche Ergebnisse derschwedischen Südpolar-Expedition 1901-1903, Stockholm, 1907.
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est toujours très court. Bientôt, le stipe primaire est bifurqué en deux stipes secondaires, bien plus longs que lui,
qui portent chacun plusieurs lames pédicellées séparées :
par un entre-nœud; la lame de l'extrémité distale, pro-
duisant de nouvelles lames par de nouvelles fissures, allonge le stipe secondaire (fig. 16, A). Pendant ce temps, les deux lames les plus rapprochées de l'angle de L’Y ba-
silaire se fissurent aussi et produisent chacune un long stipe tertiaire (fig. 16, B) dont la lame inférieure pourra de même fournir par fissuration un stipe quaternaire (fig. 16, Cet D). Chaque branche du stipe s’allonge donc par la lame de son sommet libre. et chaque nouvelle branche du stipe naît aux dépens d’une lame voisine de la base de la plante. Les stipes secondaire, tertiaire, quaternaire, atteignent ainsi approximativement la même longueur et leurs lames flottent côte à côte, le pédicelle de chacune se renflant en un pneumatocyste de forme variable dont la longueur, parfois de quelques centimètres seulement, peut atteindre 25 centimètres. Le stipe, cylindrique et plein, est étroit en comparaison de sa longueur ; son diamètre varie de 5 à 10 millimètres, aussi a-t-on comparé la plante à une liane. Les lames varient de dimensions selon leur position sur le stipe et aussi selon les variétés de Macrocystis, qui ont les unes des lames larges, les autres des lames étroites ; les plus grandes lames, parmi celles que SkorrsBERG a mesurées, avaient 120 centimètres sur 20 centimètres et leur plus grande épaisseur est de 1 millimètre. La figure 17 montre comment la fissuration d'une lame terminale allonge le stipe et fournit de nouvelles lames. |
Le {4° « giant Kelp » assez abondant pour avoir une
valeur commerciale, l’Alaria fistulosa, forme souvent des
bancs sur le bord intérieur de ceux que constitue le Macrocyslis, car il aime les eaux moins profondes (5 brasses au maximum) et moins agitées. [l est construit sur le même type que l'A laria esculenta européen (fig. 22), avec des dimensions plus vastes. Son stipe, relativement court et grêle, gros comme un crayon, porte un bouquet de grands sporophylles parfois très nombreux, car on en à
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Fig. 17. — Macrocyslis pyrifera Ag.
Dessin demi-schématique montrant l'origine des lames et l’allongement du stipe, d’après les dessins et la description de Skorrsserc.
compté jusqu'à 220, dont le plus grand mesurait 65 centimètres sur 8 centimètres. Au-dessus de ce bouquet, la lame s’'élargit graduellement ; en juillet et août, elle atteint en moyenne 12 mètres et Jusqu'à 19 mètres de longueur ; sa largeur varie de 50 centimètres à 2",30 ; la nervure médiane, large de 3 à 5 centimètres, creuse et coupée de diaphragmes transversaux, joue le rôle de flotteur et, dans la position naturelle de la plante, le quart en-
viron de la lame flotte à la surface de l’eau. La haie ét très mince, comme chez l'espèce européenne, le poids à total de la plante est relativement faible, 3 kilos en
ne Pin l’exemplaire le plus lourd, rencontré en dira à pesait 95,8.
J'ai déjà fait remarquer (Cf. p. 8) l’inexactitude de
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