‹ Utilisation des algues marinesChapitre 59 sur 93 · RS ALT PR OR PE RO · texte numérisé non relu

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en pa rticuher divers Choruel Chad Cyan, etc. ; 15

qui, a priort, fournissent de la gelée. D'ailleurs, le véri-. table Tenqusa étant moins commun qu autrefois par

suite de son ex ploitation intensive, ces différentes espèces

sont mélangées à lui dans Ja fabrice en proportion

variable suivant le soin apporté à la récolte ou au triage, suivant qu'elles sont plus ou moins abondantes sur telle

ou telle côte, ou suivant les usines, et ces mélanges concourent à expliquer les diverses qualités du kanten. D'après l'analyse d’un Mémoire de Yoiïchiro Takao

{Sur quelques Alques marines qui sont employées à la fa-

bricañion de l'Agar-Agar, Yakugakuzasshi, 1916), publiée dans le Journal de pharmacie et de Chimie, t. XV,

Paris, 1917, les principales Algues marines exportées de Formose pour la préparation de l’agar, soztles G. Amansu

Lam.. G. pacficum Okam., G. subcostatum Okam., G. Japonicum Okam., Pter ce capillacea Born. et Thur. Le mucilage des trois premières donne une coloralion violelte avec l’eau iodée, réaction qui fait défaut avec celui des deux autres. Par hydrolyse, toutes ces espèces donnent du galactose, de petites quantités de fructose et FRA par derdshonr elles donnent de l'acide mucique, mais pas d’ acide saccharique. |

L'agar-agar a des usages multiples. Au Japon, les meilleures qualités sont employées pour la préparation de gelées culinaires, de plats sucrés. On s’en servait aussi en Europe pour le même usage, lorsque le prix élevé des œufs pendant la guerre a récemment contribué à en propager l'usage dans les familles ; on vend sous des noms variés des poudres composées d’agar, de chocolat, etc.,

qu'il suffit de jeter dans le lait bouillant pour obtenir

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=. | après refroidissement une préparation ferme et consis-. tante servie comme entremets. On dira au chapitre sui- vant son usage médicamenteux.

Les LR moins fines, en remplaçant les empois: et les gommes, servent dans le façonnage des papiers, des étoffes ; l’agar rend aussi des services pour certains procédés. de moulage. Enfin, tous les laboratoires l'utilisent maintenant, sous le nom de gélose, comme support solide des matières nutritives qu'on y incorpore pour la culture des microorganismes à des températures que la gélatine animale ne supporterait pas sans fondre ; on recommande généralement la dose de 15 grammes par litre d’eau, et tous les traités de Pau donnent les procédés de

préparation.

On hit dans la A de SALLE et Ci°, imprimée en- - 1910 où 1911 : « La vente de Po . en France,

suit forcément Le Se du marché et cette droguequi, en 1900, était vendue 4°,75 est tombée à 3,30 le kilo en 1904 ; depuis, son prix monte graduellement et: après avoir élé cotée 3",90 en 1909, elle vaut actuellement 4,50 ». Les prix ont beaucoup monté pendant la: guerre ; en 1919, le commerce de gros la vendait 20 francs-

le kilo.

Pour préparer des mucilages ou des gelées à l’aide d'Algues indigènes, on n'utilise guère en Europe que le: mélange de Chondrus crispus et de Gigarlina mamillosa ; cest le Fucus crispus des pharmaciens, appelé aussi- Mousse d'Irlande (Irish moss des Anglais), Petit goémon, Goémon frisé, Goémon blanc, Lichen Carragaheen (qu’on: écrit aussi Carragahen, Car ue. Carrageen, Carraïgen) nommé parfois simplement Lichen, comme sur les

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côles de Bretagne et dans le commerce de la droguerie. Il

ne faut pas le confondre avec la Mousse d'Islande ou Lichen d'Islande, qui est un vrai Lichen, Cetraria islandica.

Ces deux Algues croissent plus ou moins mélangées sur les rochers qui découvrent à basse mer, en touffes isolées ou en gazons plus ou moins étendus, hauts de quelques centimètres, atteignant même une quinzaine de centimètres ; on les trouve toute l’année; elles abondent en Bretagne, plus encore sur la côte britannique et particulièrement en Irlande. Leur coloration varie beaucoup, surtout celle du Chondrus; elle est d'un pourpre foncé ou pourpre brun quand la plante reçoit une lumière atténuée ; en été, dans les stations bien éclairées, elle est d’un vert aussi clair et aussi net que celui d’une Chlorophycée; on trouve naturellement toutes les leintes intermédiaires. Lorsque, à mer basse, le Chondrus de teinte purpurine reçoit, dans l'eau, directement les rayons solaires, ses sommets brillent d’une merveilleuse iridescence azurée qui cesse dès que la plante estretirée de l’eau ou qu’élle n’est plus directement ensoleillée.

La forme du Chondrus est aussi variable que sa teinte : Lamouroux l’appelait C. polymorphus et les nombreux dessins qu'il lui a consacrés montrent ses extraordinaires varialions'. Les formes les plus accentuées avaient recu autrefois un nom de variété, comme celles du Gelidium corneum, mais tandis que celles-ci, mieux étudiées, sont maintenant interprétées comme des espèces distinctes, les algologues ont à peu près renoncé à mettre de l’ordre dans les formes de C. crispus et abandonnent générale-

! Lamouroux, — Dissertalions sur plusieurs espèces de Fucus, peu connues ou nouvelles, Paris, 1805.

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à “ent Fe anciennes désignations des variétés. La in re 20 2 Hpréente cinq formes; je l'ai empruntée à DaRBisire,

: Fig. 20. — Chondrus crispus Stackh.

& Diverses formes de la plante à l'ile de Man, d'aprés les dessins

de O.-V. DarBismiRe, — 1/2 gr. natur.

auteur d'une monographie de l'espèce‘, parce qu'il les a récoltées en une même localité (sud de l’île de Man) et

__ 1Oüto V. Darmisuire. — Chondrus, Liverpool ! marine Pics Committee Memoirs, t. IX, Londres, 1go2.

FR Utilisation des algues marines, | 19

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presque le même jour; d’ailleurs, des individus dontle sommet, bien plus ramifié que sur le dessin À, n’est plus dessinable directement, ne sont pas rares ; on ditqueles … frondes larges se rencontrent dans les stations élevées et

abritées, plus encore dans les estuaires, et que les frondes grêles vivent au niveau inférieur, particulièrement sur les rochers battus par la mer ouverte, mais ce n'est pas une règle absolue. D'un disque fixateur, s'élèvent plusieurs frondes dressées ; la base de chacune, d’abord étroite et plus où moins cylindrique, s’aplatit et s’élargit progressivement en lame mince et se ramifie en éventail dans un même plan par bifurcations sucessives ; toutefois, on ne 1 peut généralement pas l'étaler sans que les branches se recouvrent l’une l’autre, car elles sont parfois tellement nombreuses qu'elles constituent un ensemble très touffu. e Les organes reproducteurs forment de légères proéminences plus foncées sur les dernières ramifications. : Le G. mamillosa (fig. 21) doit son nom spécifique aux À nombreuses proliférations sphériques, ou ovales ailon- | gées, ou plus ou moins pédicellées qui couvrent une de ses faces ou quelques points de l’une de ses faces. Ces : proliférations sont stériles, ou renferment des organes reproducteurs, ou même deviennent de vrais rameaux ; la plante est alors facile à distinguer du Chondrus. Quand elles manquent, le Gigartina se reconnaît à la courbure ; en gouttière du thalle, bien qu'elle n’affecte pas toujours toutes les branches. Néanmoins, la distinction des deux #4 espèces est parfois difficile sur des exemplaires du com-

merce blanchis par un trop long séjour dans l'eau; pour reconnaître des exemplaires secs, non blanchis, 1l est souvent utile de leur rendre leur forme normale en les mouillant. Enfin, bien des individus de prim-

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temps, encore jeunes, manquent entièrement de proli- férations.

Fig, 21, -— Gigarlina mamillosa, J, Ag.

Diverses formes de la plante d’après des individus récoltés en novembre, à Roscoff, — :/29r. nature

Dans la drogue industrielle ou pharmaceutique, connue sous le nom de Lichen, les deux espèces sont toujours mélangées, car les collecteurs les ramassent indistincte-

256 UTILISATION. INDUSTRIELLE DES ALGUES Ro

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ment, mais en en arlles avec . ont la FRE

station, la localité. LASER Le liches fait l'objet d'un commerce Sato os tagne‘, aux iles de Noirmoutiers, d’ Oléron, etc. D'ar prè P. Gzosss, on en récolte en France environ 2 000 tonnes: par an. Réglementée comme celle du goémon de coupe, 4

sa noie S ‘effectue Eee la belle saison, du a mai au

UE à ïs main ou coupent les touffes de « LÉ », . en remplissent des sacs ou des paniers qu'ils montent sur la grève pour le faire égoutter. Ils se hâtent, car les heures favorables ne sont pas longues et la concurrence

est parfois vive, aussi le lichen Re mélangé : le sortes d’impuretés ; après uu triage grossier, on le transporte sur des brouettes, des ânes ou des barques, dansun endroit où on l'étale à l’air libre, après l'avoir lavé, à l'eau douce si l’on peut, lavage qui facilite la dessiccation et le blanchiment. Celui-ci se fait d'autant mieux que le Carragaheen reçoit plus de soleil pendant le jour, plus de rosée pendant la nuit ; une pluie légère, suivie de quelques heures de soleil, Active le blanchiment, surtout si elle survient lorsque la plante a déjà commencé à changer de teinte, mais une pluie trop longue outrop violente endommage la plante, fait fondre les extrémités jeunes qui deviennent gluantes et ensuite ne sèchent plus " que lentement ; le Chondrus crispus en souffre plus, 4 semble-t-il, que le G. mamillosa. En septembre, j'a

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F. Guécuex. — Le Curragaheen : ses emplois pharmaceuliques et : 3 industriels et sa récotte en Bretagne, Bulletin des Sciences pharmacologiques, t. X, Paris, 1904. | jt

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Poe INDUSTRIELLE DES ALGUES ROUGES 257

nié des de on. ee athée cueillies ;

. chaque jour, je les retournais avec soin ; elles reçurent

quelques petites pluies, et, après une dizaine de jours,

… tous les individus étaient entièrement d’un blanc d'ivoire,

- quandils étaient humides ; les sommets étaient inaltérés ; un droguiste compétent m'a dit navoir jamais vendu d'aussi FR Lichen. En séchant, la plante jaunit, prend une

consistance cartilagineuse et finalement devient cassante.

En mai, j'ai exposé sur la terrasse du Laboratoire, de

Banyuls (P yrénées-Orientales) du Carragaheen recueilli

à Roscoff ; à cause du vent, je dus le fixer en petits pa-

…. quets sur une toile grossière et, comme aucune rosée ne

… se déposait pendant la nuit, j arrosais les paquets deux ou

trois fois par jour; les parties superficielles n’ont pas

S- tardé à blanchir, mais, aprés trois semaines, les parties h- profondes en contact avec la toile avaient à peine modifié leur couleur, bien que le soleil fut très vif dans la journée, - ce qui montre bien la nécessité de remuer et retourner la : 74 plante. D'ailleurs, l'année précédente, du Carragaheen

exposé pendant plus de deux mois d’été dans un me de ; Bordeaux avait très incomplètement blanchi, bien qu'il fut retourné de temps en temps; l'expérience répétée l’année suivante hors de ville, en avril et mai, sur un espace bien exposé, a parfaitement bien réussi en une quinzaine de jours. D’autres espèces d'Algues rouges, comme le Gigartina pistllata, le G. acicularis, le Gymnogongrus palens, etc. aussi vertes que le Chondrus crispus, sinon presque blanches quand elles croissent sur des | rochers exposés à la pleine lumière, et qui possèdent aussi + la propriété de gélatinisation, se comportent exactement - de même quand on les fait blanchir à l’air, et subissent les

mêmes no berne quand la pluie les mobi Han Le. 2 Rhodymenia palmata blanchit facilement sans se gélifier. TER D’autres, comme l'Halopithys pinastroides noircissent. * : Les récoltants vendent le Carragaheen blanchi à des négociants en gros ; le blanchiment se complète parfois 4 à par l'exposition aux vapeurs d'anhydride sulfureux. La qualité n'est pas uniforme ; la meilleure est composée d'individus à brins plus fins et plus propres ; la dernière se compose de plantes larges mélangées à une forte pa portion d'impuretés. Let 4 En Irlande, on en récolte plus qu'en France. Les Etats- Unis sont aussi un pays producteur. D'après Sur, toute la mousse d'Irlande utilisée aux Etats-Unis jusqu'en *. 1835 s'importait d'Europe et se vendait un prix très élevé (r à 2 dollars la livre) ; on s'aperçut alors qu'elle croît en abondance sur la côte du Massachusetts ; on l'exploita aussitôt et elle donne lieu à un commerce d’une certaine importance en particulier à Hingham (d’après. Farcow). Comme chez nous, les deux espèces sont mélangées.* D’après Suirx, une petite partie seulement se récolte à la main, la plus grande partie à bord de bateaux, à l’aide de râteaux spéciaux munis d'un manche long de 15 pieds et dont la tête, large de 12 à 15 pouces,

porte 24 à 28 dents longues de 6 pouces; ce mode de récolte indique l’abondance de la plante en larges gazons sur des rochers plats, et je ne connais guère d'endroits, en ee. Bretagne, où il serait praticable, Cette abondance est # d'ailleurs assez inégale et varie selon les années. Le

Hugh M Sauira. — The uiilizalion of seaweeds in the United % States, Bulletin of the Bureau of Fisheries, t. XXIV for 1904, Eee: Washington, 1905.

Carragaheen d'Amérique est, dit-on, supérieur en qualité à celui de Bretagne parce qu’il est moins encombré de . Bryozoaires et d’autres épiphytes : c'est possible, mais le - soin apporté à la préparation -y est sans doute pour 4 quelque chose. D'après SmiTH, la plante débarquée est … lavée à l’eau salée puis étendue au soleil sur la grève; …. après 24 heures d’exposilion par un beau temps, elle s’est __ ratatinée; on lave de nouveau pour l'étendre ensuite ; cette opération de nettoyage est renouvelée habituellement trois fois, parfois même jusqu'à sept fois. Après le dernier lavage, on l’étend dans un endroit ensoleillé jusqu’à - complet blanchiment ; si la pluie menace, on la met rapi- - dement en tas que l’on couvre d’une bâche. | Je doute que l’on prenne autant de soins chez nous ; au lieu d'éviter la pluie, bier des collecteurs la désirent. Plusieurs des produits commerciaux que j'ai eus entre les mains eussent facilement pu être mieux préparés. Ils avaient été trop mouillés, soit parce qu'on les avait laissés séjourner trop longtemps dans l’eau douce pour en hâter . le blanchiment, soit parce qu'ils avaient reçu trop de pluie, soit parce qu'ils avaient été étalés en couche trop épaisse ou pas assez remuée, ou sur un sol trop peu perméable. Dès qu'on mettait le lichen dans l’eau douce pour le gonfler et le laver, les parties jeunes (du Chondrus plus que du Gigartina) tombaient en deliquium gluant, et l’eau de lavage collait aux doigts ce qui, dans uneutilisation industrielle qui nécessiterait un lavage préalable, entrainerait une importante perte de matière. Quand le Chondrus est touffu, ses rameaux s’enchevêtrent, forment une tête compacle qui abrite des animaux variés, retient l’eau et sèche mal; ces rameaux se gonflent, se soudent entre eux et plus tard, au moment de l'usage,

têtes compactes: devraient être dissociées à la main,

; : | | g" e p. s += e ed A \ Re ts A & 260 UTILISATION INDUSTRIELLE DES ALGURRE ERA. RMS 5 tomberont en purée. Cela serait très hole à éviter. Ce

car les brins épars de la plante blanchissent plus vite ( Hi 4 plus uniformément que ceux qui sont amassés : on es à: aussi les séparer de certains épiphytes, comme les Chylocladia, qui sèchent mal et gâtent le lichen. On ss demande, d’ailleurs, s’il ne vaudrait pas mieux préparer, tout au moins pour les usages industriels, du lichen simplement bien dessalé par la rosée et bien sec, incomplètement blanc, puis parfaire le blanchiment, si celuici est nécessaire, par des moyens chimiques. En outre, le lichen commercial laisse tomber au déballage trop de débris

calcaires, coquilles de Spirorbtis. débris de Corallines, etc. faciles à éviter aussi. Si, alors que le lichen étalé est encore humide de rosée, par conséquent élastique, on le battait doucement avec un fléau, comme font les Japo-

nais pour leur tengusa, beaucoup de ces impuretés se détacheraient : la marchandise pèserait moins, mais, ren-

fermant à poids égal plus de matière utile, elle se vendrait

plus cher, à la condilion, toutelois, que les négociants : consentissent à payer le lichen un prix rémunérateur et

moins variable d'une année à l’autre. Un collecteur de l'île de Batz m'a dit avoir vendu le sien, en 1919, 25 francs le quintal de 50 kilogrammes, en 1918, de 30 A à 50 francs suivant la qualité; de 1911 à 1917, le prix É 4 variait de 15 à 25 francs et 1l était seulement de 10 francs en 1910. Les îles éloignées du continent, comme l’île d'Ouessant, sont moins favorisées ; le lichen s’y rencontre en quantité prodigieuse et il est remarquablement propre, mais on ne le récolte plus ou presque plus, me dirent les habitants, car le prix de vente en est trop faible; en 1918, on l’a vendu g francs le quintal, c’élait un Ju

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