LOUES MARINES
MMaiRE. — Mode de vie des Algues marines. — Importance des Igues dans la classification botanique. — Intérêt de leur étude Fi scientifique. — Livres où elles sont décrites — Leur nomencla- ture. — Plantes marines autres que Îles Algues — Substances L que: renferment les Algues ; leur analyse chimique et causes bioos des erreurs. — L’iode et le brome dans les plantes ma-
; ines. == - Goémon et Varech.
D’autres, qui ignoraient tout de la mer, s’étonnèrent | " qu'elle ne fut pas mieux exploitée : jai moi- même | reçu. : | plusieurs lettres se résumant en ceci : La mer contribue largement à l'alimentation de l'homme en lui fournissant | d'excellents poissons, crustacés et mollusques ; pourquoi laisse-t on perdre les Algues marines qui abondent sur nos côtes au lieu de les utiliser pour notre nourriture? Certains se posaient simplement la question a priori, sans se demander si nous utilisions, au mieux de nos intérêts, les Fan terrestres sauvages autrement plus faciles à récolter et à préparer que les plantes marines. & Sur ces entrefaites, l’Intendant militaire ADrxaN, préoc- LE cupé de la nourriture des chevaux de l’armée, essaya de leur faire manger des Laminaires qui avaient été indusiriellement et chimiquement traitées pour en retirer les sels et, après réussite, il annonça que ces Laminaires pourraient avantageusement, au moins dans une certaine proportion, remplacer l'avoine. Cela fit naître l'espoir que la crise de l’avoine, particulièrement intense en 1915 et 1918, était résolue. Certains pensèrent aussitôt à fonder des usines pour tirer profit de l’idée d’Aprrax ; d’autres parlèrent de culuiver les Laminaires comme on AE les Huitres et les Moules. Les Algues marines leur paraissaient devoir jouer un rôle aussi important dans l’alimentation humaine ; elles devaient pourvoir à bon marché à tous nos embarras alimentaires. En présentant au grand public les résultats obtenus par AprrAN, un savant très connu disait d'une Laminaire boréale qui descend sur nos côtes de la Manche, l’Alaria esculenta, qu'elle est l'ah-
dinaire (sic /) des populations littorales de l'Ire l'Ecosse, du Danemark, des Feroë et cela, heunt pour ces populations littorales, est considéraexagéré. De pareilles a faussent le
, . du pres
bus Eu et de le économie rurale, . encore au point de vue industriel, car les américains, après avoir temps négligé cette source de revenus, l'ont récemmn. étudiée Re ER el ui vouloir
e ir les résultats déjà obtenus par eux, il ne paraît as inutile non plus d’ es pourquoi les conditions de
celte exploitation seraient moins rémunératrices en France qu'en Amérique.
Quelques remarques préliminaires s'imposent.
Si l’on veut non pas se borner à des études de laboratoire ayant un intérêt purement scientifique, mais établir des faits pratiques, économiquement ou industriellement, il faut tenir compte des conditions dans lesquelles se présentent les Algues marines, conditions bien différéntes de celles auxquelles les plantes terrestres nous ont habitués, et qui peuvent en rendre l'exploitation ou trop difficile, ou trop onéreuse, ou trop intermittente. |
Les Algues vivent sur les rochers ou sur les pierres que couvre la mer, dans des eaux propres et soumises à une certaine agitation ; les plages sableuses, les eaux tran-
quilles ou malpropres, ou mélangées d’eau douce, sont
quasi stériles ou n'abritent qu’un petit nombre d'espèces. Dans la Méditerranée, la récolte à la main se limite donc à celles qui sont voisines de la surface. Sur les côtes de l'Océan, on atteindra à la main toutes celles que découvre la marée ; ici, la possibilité et l'abondance de la récolte dépendront de la pente de la côte, de l'amplitude de Ia marée au point considéré, des périodes de morte eau et de vive eau. En outre, la plupart des espèces d'Algues vivant à un piveau vertical déterminé,f caractéristique pour chacune d'elles, telle espèce sera accessible chaque jour, telle autre, qui vit plus profondément, ne sera accessible qu'aux marées de syzygies ou même aux marées d'équinoxe ; la récolte de ces dernières, à moins qu'elle
sk la Fes chez ce un pigment
mentaire . ou rouge, dont l’abondance varie
es Pa définis Bree et non d'après leur D S us qui, outre ces caractères
générale des végétaux, les Thailophytes s sont opposés 4 trois autres embranchements de même importance théo— rique : Muscinées, Gryplogames vasculaires et Phané PoE games. C'est tout au moins ainsi que la plupart de “+ livres d'enseignement tn en France divisent le règne végétal. Ge système n'a d'autre valeur que sa il est vieillot et donne une idée inexacte de l'importance 1 relative des groupes. Re” D'apparition relativement récente sur le globe, les Dhs nérogames sont dans leur plein épanouissement et cons- et | tituent un ensemble assez homogène : les Algues sont plus anciennes et celles que nous voyons sont les restes . d'un monde plus vaste ; leur ensemble est hétérogène ; l’organisation anatomique des Algues est moins complexe que celle des Phanérogames, mais les phénomènes de a. production y sont infiniment plus variés ; ils sont même très différents entre deux groupes d’Algues auxquels on n’accordait pas autrefois plus d'importance taxinomique % qu'à deux familles de Phanérogames. Tandis que nos # connaissances progressaient, on a donc essayé d'établir n. une classification tenant mieux compte des rapports ek 2 des différences ; naturellement, on ne fait rien de définitif 524 dans cette voie, on cherche seulement à faire mieux que : les devanciers. Plusieurs auteurs allemands de traités généraux, comme Exczer (Syllabus), Scuexx (Lehrbuch de 1 STRASBURGER) admettent une douzaine d’embranchements dans le règne végétal au lieu de quatre, et cela est autre- ni ment plus suggeslif; pour eux, et je suis entièrement dæ e.
leur avis, la totalité des Phanérogames continue à former Fi
. un seukembranchement, landis que les Algues proprement
… dites, c’est-à-dire en dehors des Flagellés, des Diatomées
et des Characées en constituent quatre : les Conjuguées qui sont toutes des Algues d'eau douce {Spirogyra), les Algues vertes ou Chlorophycées (Vaucheria, ŒEdogonium, Fe Ulva, Enteromorpha), les Algues brunes où Phéophycées
(Chondrus, Gelidium, Rhodymenia), la couleur que ces noms mentionnent n'étant qu'un accessoire dans leur ca-
… ractéristique botanique. Cette interprétation est un no-
table progrès sur l’ancienne manière de voir. Elle n’em- - pêche pas, d’ailleurs, que le terme collectif Algues con- … tinue à désigner, dans le langage courant, l'ensemble des plantes à chlorophylle rangées dans l'ancien groupe des Thallophytes. On devra toutefois se souvenir que le groupe … Algues est hétérogène, que par suite ce qui, au point de xuedes propriétés économiques ou de l’utilisation, s’appliquerait à telle ou telle Algue ne s'appliquerait pas nécessairement à telle ou telle autre.
Par leur pigment supplémentaire brun ou rouge, les Algues marines affectent donc des teintes variées. Or, l’eau absorbe inégalement les diverses radiations lumineuses. Quand un faisceau de lumière solaire traverse une épaisse couche d’eau, non seulement il s'atténue graduellement, mais il perd en route peu à peu ses constituants ; l'absorption se fait dans l’ordre des couleurs du spectre, les rayons rouges sont absorbés les premiers, puis les rayons orangés et ainsi de suite jusqu'au violet; plus bas, aucune radiation lumineuse ne pénètre et, les
. (Æucus, Laminaria), les Algues rouges ou Floridées
nee ne pouvant vivre à l'obscurité, la végétation cs
à une certaine profondeur qui d'ailleurs varie suivant les DE: localités ; il y a des eaux plus transparentes que d' autres. LEE:
La mesure des radiations qui pénètrent à telle ou telle pro=
fondeur présente des difficultés ; toutefois, les Algues qui vivent dans l’eau à une profondeur donnée ne recevront pas, on le conçoit, une lumière de même compositionque
celles d'un niveau plus haut ou plus bas. Or, les solu-
tions simples obtenant souvent du succès, même quand
elles ne sont pas exactes, parce qu’elles évitent de chercher davantage et de réfléchir, on voit encore dans les
livres, et sous l'influence d'ExGEzmANx, que le pigment
superposé au pigment vert permet à la plante d'assimiler
aux dépens de radiations qui parviennent profondément
et inutilisables par la chlorophylle, que, par suite, ce pigment supplémentaire règle la distribution verticale des Algues marines. On a ainsi parlé de bandes successives de
végétation marine, verte puis brune et inférieurement rouge, qui se partageraient les rochers littoraux et sublitto-
raux. Cela est considérablement exagéré". Il est cependant exact que, en général, les Algues rouges dominent ou sont presque exclusives à une certaine profondeur.
D'ailleurs, Kvuix a montré que les pigments supplémentaires sont moins uniformes qu’on le croyait?, et l’observation dans la nature démontre qu'ils favorisent l'utilisa-
1C. SauvAGEAU, — Sur la coloration des Floridées, Comptes rendus de la Société de Biologie, t, LXIV, Paris, 1908. 2 Harald Kyrin. — Ueber die pe be der Florideen und Cyanophyseen, Svensk Botanisk Tidskrift, t,. VI, Stockholm, 1912.
PATTIR
Care bia dr" à haie
SI ue spécifiques comme ils ont une forme spéci- : rs et ee les Se qui ne e reposent io sur
sont pas les mêmes que celles des ré gions t
golfe de Gascogne, de Bayonne à Saint-Sébastien
tion nr est très étendue, ce sont 1 1
10 en FO RUE &
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nière ne avec les chraaté 1 Akon
des régions lropicales et, dans des limites pl ur S] re
celle du nord de l sa est toute différente Re
contraire, la rive anglaise et la rive française de la Man ont presque toutes leurs espèces communes.
Certaines espèces s'accommodent de condition à
re D'autres sont cantonnées dans des
1C. Sauvaceau. — Note préliminaire sur les Ale n golfe de FR Journal de Botanique, t. XI, Pas Ex
pratique ; } aime à espérer cependant que leur vanter les
avantages intellectuels de la science pure et de la recherche désintéressée serait inutile. Néanmoins, je puis bien dire que rien n’est agaçant comme d'entendre des
personnes, ignorantes et prétentieuses, après avoir insisté
pour visiter des Laboratoires, après avoir vu un algologue penché durant de longues heures sur son microscope et lui avoir posé diverses questions saugrenues, finir par poser celle-ci : « Mais, à quoi cela sert-il, tout ce que vous faites-ià ? » Plusieurs l'avaient déjà posée à l’un de mes amis ; il avait essayé de faire comprendre que tout se tient, qu'une découverte aujourd’hui sans importance pratique peut en acquérir beaucoup dans l'avenir, que presque toutes les découvertes dont nous profitons dans la vie courante ont eu pour principe des expériences désintéressées de laboratoire ; mais ceux qui l’interrogeaient aussi naïvement étarent généralement incapables de comprendre sa réponse. Un jour, mon ami impatienté répon-
dit brusquement à une dame : « Gela sert, Madame, à
prouver que l'homme descend du singe » ; la dame qui
avait des prétentions à une lignée plus distinguée fut suffoquée, ne sachant si elle devait prendre cela pour une impertinence personnelle. C'était cependant exact: on n'arrive à posséder des notions sur la filiation ou la descendance des êtres dans la suite des temps qu'en étudiant dans leurs moindres détails ceux que nous offre la nature, et les êtres inférieurs sont pour cela d'excellents sujets d'études. |
Mon ami aurait pu répondre : « Si l’homme parvient
RER —"= = — PRES A 1 A Er
boutade, Le mystère de la fécondation a toujours Be cupé les-humains. Aussi longtemps qu’ils bornèrent leurs études à l’homme et aux animaux supérieurs, als Pa
arrêtés dans leurs observations et réduits à des supposi= 4 tions. C'est l’algologue Taurer qui, en 1853, vit pour la première fois en quoi consistait une fécondation, et cela
précisément chez le Fucus serratus (fig. 5) que nous.
citerons plus d’une fois à propos de son utülisation…
comme engrais. Et depuis que Tuurer a indiqué la voie,
rien n’est plus facile à vérifier ; il suffit d’avoir des Fucus
filles, il | le un aux ou ». Et ceci i n'est ee
frais, un peu d'eau de mer et un microscope. Lesindi-
vidus de Fucus serratus ou de Fucus vesiculosus sont les uns mâles, les autres femelles ; exposés à l'air humide, les premiers laissent sortir par les orifices de leurs con-
ceptacles une gouttelette rougeâtre épaisse, les seconds,
dans les mêmes conditions, une gouttelette brune. A l'aide d’une aiguille, mettez un peu de chacune de ces
gouttelettes dans une goutte d’eau et regardez au micros-
cope ; ce qui était brun se dissocie en grosses masses.
sphériques, foncées, opaques, sans motilité, ce sont les:
éléments femelles ;: ce qui était rougeàtre se dissocie en à
innombrables corpuscules, très petits et très agiles, qu
courent rapidement dans l’eau, ce sont les éléments mâles ou anthérozoïdes ; ils s'orientent bientôt dans leur mouvement, comme si les éléments femelles les attiraient, tournent tout autour, luttent entre eux à qui s’en rapprochera le plus et y pénétrera. Il y a beaucoup d'appelés,