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INTRODUCTION A de
ne = femelle: il remplit son rôle fécondateur en se fusionnant avec lui. Dès lors, l'œuf est constitué, il s’entoure aussitôt - rozoïdes qui n’ont pas trouvé à s’employer courent vers un autre élément femelle: tous les éléments femelles sont ainsi fécondés, tandis qu'une multitude d’anthérozoïdes meurent sans avoir pu Jouer leur rôle. L'expérience est donc très simple, mais il fallait penser à la faire, savoir la faire et savoir pourquoi la faire. Si vous n'avez pas de microscope, vous pouvez cependant constater indirecte- ment la fécondation : Remplissez une assiette d'eau de . mer, agitez-y un instant une extrémité fertile mâle et
une extrémité fertile femelle du Fucus et abandonnez
l’assietie près d’une fenêtre ; vous ne verrez pas les anthérozoïdes, ils sont trop petits ; si vous avez de bons yeux, vous pourrez voir les éléments femelles tomber sur le fond de l'assiette où ils seront fécondés ; ils deviendront chaque jour plus visibles parce que ce sont désormais des embryons qui grossissent et se cloisonnent, et bientôt vous obtiendrez des miniatures de Fucus. Il ÿ a bien eu __ fécondation, et elle est nécessaire; en effet, prenez trois - assiettes d’eau de mer au lieu d’une; dans l’une faites comme il vient d’être dit : dans la seconde, agitez seulement un sommet mâle, dans la troisième seulement un sommet femelle ; la première assiette seule vous donnera rte jeunes Fucus : dans les deux autres, les éléments sexués périront sans germer. | | Cette expérience de Tuurer eut un énorme retentisse-
maispeud élus ; un seul réussit à pénétrer dans l'élément
d'une membrane protectrice, va germer; les anthé-
ment; l’auteur accompagna sa narration de dessins
d’une rare perfection qui devinrent aussitôt classiques.
Cependant, la plante choisie par Taurer n’est pas par-" faite à tous égards ; l’opacité et la grosseur de l'élément femelle, le nombre des anthérozoïdes qui s’agitent autour, la rapidité de la fusion, empêchent de saisir la pénétration. |
Peu de temps après, en 1856, un autre ie PrixGsHeiM, s'adressant à une petite Algue verte des ruisseaux d’eau douce, l'OŒEdogonium, en apparence insignifiante, bien que de. sexualité hautement diflérenciée, et où la disposition sexuelle est plus favorable à l'observation, vit l'anthérozoïde pénétrer dans l'élément femelleet se fondre avec lui. La démonstration était complète. Depuis, la fécondation a été vue et étudiée chez bien d’autres Algues et chez de nombreux animaux. On conçoit que des plantes ou des animaux inférieurs, où la fécondation se prête à l'observation directe, où les éléments sexuels se laissent manipuler, où les embryons se laissent cultiver dans des conditions que l’expérimentateur fait varier à son gré, puissent fournir la solution de problèmes que l'on chercherait vainement à résoudre chez les animaux : supérieurs et chez l'homme. |
Toutes ces études sont d’un intérêt captivant, elles nécessitent naturellement un travail préliminaire d’initiation ; or, les espèces d'Algues marines sont nombreuses et avant d'étudier leur biologie il faut savoir trouver dans les livres le nom qui leur a été donné, autrement dit en faire la détermination. Malheureusement, bien que la
France ait produit des algologues de grande valeur, nous sommes très pauvres en ouvrages de détermination.
L'Atlas d'Harmor (Atlas des Alques marines les plus ré-
pandues des côtes de France, Paris, 1892) est tout à fait insuffisant ; la compétence ne manquait pas à son auteur, il faut sans doute incriminer les conditions imposées par l'éditeur. La Florule de Drray, bien que dépourvue
d'illustrations, peut rendre de grands services (Florule des
Alques marines du nord de la France, Bulletin scienti- fique de la France et de la Belgique, t. XXXII, Paris, 1899). Les Anglais se plaignent parfois de manquer de Jivres et cependant ils sont beaucoup mieux partagés que
nous ; le Phycoloqia britannica de Harvey, en 4 volumes
illustrés (Londres 1846-1851), est classique, de même que le résumé de ce ivre, À manual of the british marine Algæ, 2° édit., Londres, 1849. Avant Harvey, GREVILLE avait publié un excellent livre, Algæ britannicæ (Edim-
. bourg, 1830) où beaucoup d'espèces sont bien figurées.
Joaxstons et Croazz ont publié aussi un traité en 4 volumes (The nature-printed British Sea-weeds, Londres, 1860) où les espèces britanniques sont remarquablement figurées, par un procédé spécial ; le texte est inspiré de Hanvex. Les Anglais possèdent encore un ouvrage illustré plus réduit, British Sea-Weeds (Londres, 1867), par Gray qui rendra service à défaut des précédents. Le lecteur français doit recourir à ces livres anglais ; tous sont malheureusement un peu anciens et, la science ayant progressé depuis leur impression, bien des noms génériques sont à changer. Le traité de Haucx (Die Meeresalgen
Deuischlands und OŒEsterreichs, Rabenhorst's Kryptogamen Flora, Leipzig, 1885), est bien fait, mais s'applique seulement aux espèces de la mer du Nord et de l'Adriatique. Outre le livre de Haucx, on déterminera les plantes méditerranéennes à l’aide du Phycologia mediterranea (Warese, 1886), par AnDissoxe, en Italien et sans figures, et "à l’aide des Algæ, par Prepa (1909) du grand ouvrage italien Flora ilalica cryplogama, édité par la Société botanique italienne. Enfin, les livres suivants sont des ouvrages d'ensemble utiles plutôt aux spécialistes : KürzmwG, Tabulæ phycologicæ, J."Acarou, Species Algarum, De Ton, Sylloge Algarum, Exccer et Pranrz, Die natürli= chen Pflanzenfamilien. À un autre point de vue, pour se mettre au courant de l'anatomie, de la physiologie, de la biologie des Algues en général, on consultera avantageusement Ocruaxxs, Morphologie und Biologie der Algen, Téna, 1904, 2 volumes.
Si, enfiñ, l'on veut parler de telle ou telle Algue ou lire ce qui la concerne dans un ouvrage botanique, 1l faut savoir, et certains auteurs d'articles de vulgarisation semblent l'ignorer, qu'au début du xix° siècle, le nom générique de Fucus s’appliquait à toutes les Algues marines de consistance ferme ; on en distinguait déjà quelques centaines, bien que les explorations géographiques et les études locales attentives n'eussent pas encore fourni le grand nombre d'espèces qu'elles ont révélé. Etudier tous ces Fucus de plus près fut un travail.cousi=dérable, long et délicat, œuvre d’une pléïade de botanistes ; en y reconnaissant des affinités diverses, on put y
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de noms nouveaux pour désigner des genres extraits de
ce capharnaüm, et le Dei de Fucus est actuellement ré- servé à un tout petit groupe d'Algues comprenant peu
. d'espèces ; c’est ainsi que les noms de Fucus vesiculosus et Fucus serratus, créés par Lixxé, désignent encore des plantes bien caractérisées, abondantes sur nos côtes: la PR des autres Fucus européens ont changé de nom.
Il ne faut donc pas citer comme s'appliquant à deux espèces distinctes des noms tels que Fucus crispus et Chondrus crispus ou bien Fucus saccharinus et Lamina-
É ria saccharina... etc. ; le premier nom est périmé, le second est seul en usage parmi les initiés. Certaines
espèces ont même appartenu à plusieurs genres parce que la notion de genre se perfectionne progressivement ; ainsi, avant la création du genre Chondrus, le Fucus crispus fut placé pendant un certain temps parmi les Sphærococeus, qui constituaient alors un genre trop vaste, et on l'appe-
lait Sphærococcus crispus, nom relégué aujourd'hui
parmi les synonymes.
La mer nourrit aussi une trentaine d'espèces de Phané-
rogames, nombre infime en comparaison de celui des
Algues, ayant chacune une large répartition géographique et couvrant parfois de vastes étendues. Tandis que les Algues sont saxicoles ou épiphytes, les plantes à fleurs
vivent sur des sols sableux ou vaseux que fixe leur tige
traçante. Celles qui habitent nos pays, Zoslera marina L. Z. nana Roth, Cymodocea æquorea Kün. (C. nodosa Aresch.) et Posidonia Caulinu Kün. (P. oceanica Del.), ces
deux derniéres méditerranéennes, et aussi la plupart des. autres, ont des feuilles longues, étroites, à nervures pa-
rallèles, rappelant les feuilles des Graminées. On ne peut
les confondre avec des Algues, mais on pourrait les confondre entre elles ; toutefois, l'étude anatomique
permet toujours de les séparer '. Les botanistes considèrent les Algues comme un groupe primitif et très an—cien dont l'existence fut toujours aquatique, tandis que les Phanérogames marines résultent d’une adaptation relativement récente de plantes terrestres à la vie aqua-
tique.
Toutes ces plantes marines, Cry Hu ou Phanérosames, renferment dans leurs tissus une forte proportion d’eau, variable avec les espèces, qui oscille autour de 8o ?/,
et atteint même parfois 95 ‘/,; on comptera donc, d'une manière générale, qu'il faut en retirer de la mer et trans-
porter à terre cinq fois le poids utile; autrement dit, pour obtenir 100 kilogrammes de plante sèche, 1l faut transporter à terre 500 kilogrammes de plante fraîche
renfermant 400 kilogrammes d’eau et même davantage
si l’on tient compte du liquide adhérent entre les Algues
entassées au sortir de la mer. Celte énorme quantité
1C SauvacEau. — Sur les feuilles de quelques Monocotylédones
aquatiques, Annales des Sciences naturelles, Botanique, sér. 7, t. XEIE, Paris, 1891.
C.-H. Osrexrezp (Sea-Grasses, in Report on the Danish oceanographical Expeditions 1908-1910, Copenhague, 1918) a récemment
publié des cartes indiquant la distribution géographique de cha-
cune de ces espèces.
: d’eau grève leur exploitation de frais considérables qui :: ‘ajoutent à à l'inconvénient de l intermittence de la récolte mentionné plus haut.
Toutefois, celte énorme proportion d’eau permet aux . Algues marines d’accumuler dans leurs cellules, à l’état dissous, les matières chimiques qui en font la valeur. Bien que vivant dans un milieu de composition peu va- - riable, où elles puisent tout ce qu’exigent leur existence eb leur croissance, puisqu'elles n'empruntent rien au support, elles absorbent néanmoins les sels de l’eau de mer dans une proportion sans rapport avec sa composition centésimale ; les Laminaires, par exemple, emmagasinent plus de sels de potassium que de sodium, et les cellules de certaines espèces accumulent de l’iode, bien que lanalyse de l’eau de mer en déceèle seulement des traces, moins de deux milligrammes par litre d'eau filtrée d'après A. Gaurier'. D'ailleurs, l’activité cellulaire varie considérablement d'une espèce à l'autre, probablement aussi suivant l’âge et suivant la saison, et les analyses chimiques, jusqu’à présent pratiquées.
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4 sur un petit nombre d'espèces, nous renseignent imà parfaitement à cet égard, en partie par la faute des opé- | Le rateurs. | | le. Chaque chimiste met en relief l'excellence de la méb thode d'analyse qu'il a suivie et, cependant, les résultats | de diffèrent tellement, d'un individu à un autre de la même
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te LA. | GauriErR, — L'iode dans l'eau de mer, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. GXXVIN, Paris, 1899.
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par a les résultats varient dans de larges be: Les auteurs croient prévenir la critique en RE moyenne de plusieurs analyses; bon quand il s” d'analyses de minerais, le procédé a moins de vi pour des plantes croissant dans un milieu unifor Nous ne,saurons rien de vraiment scientifique aussi lon temps que les analyses ne tiendront pas comple, si des individus récoltés en place, de la saison, de
ducteur, autrement dit aussi Ra qu elles ne ront pas pe biologiques. On a pie de ee
plante, de variations entre l'hiver et l'été : Me très possibles ; Que les documents fournis : à l'a] ve
Fe. pouvant intervenir n'ont pas été
guement ‘ailleurs * et que James Ifexpricx a traité à son
| hs récentes recherches de AT; Fe de l’Uni- . versité de Manitoba, sur [la terreur en iode des plantes marines® méritent cbhendtent une mention spéciale ; elles ont été faites dans un but scientifique sur de nombreuses | espèces récoltées en place et déterminées par des spécia- listes. L'auteur admet que, d’une manière générale, les | Algues de la zone intercotidale renferment moins d'iode que celles qui vivent en dessous. Chez toutes, la mue d’iode semble dépasser 0,001 °/, du poids sec; iln'y a
pas de différence générale à ce sujet entre les Algues brunes et les Algues rouges ; parmi les premières, les La-
1C. Sauvacrau. — Réflexions sur les analyses chimiques d’Alques marines, Revue générale des Sciences, Paris, N° du 15 octobre 1918. — Depuis la publication de ces Réflexions, j'ai eu connaissance - d’une brochure de Desuoimes, présentée le 16 juillet 1915 à Mont- pellier pour obtenir le diplôme de Docteur de l’Université, intitulée :
De la teneur en iode des Alques de Bretagne ; différents modes d’extrac- tion de l'iode ; état actuel de la question. L'auteur ignore tout des Algues dont il publie les analyses. Il a analysé à tout âge et en toute saison un certain Fucus slenobolus qui ne correspond à rien. Comme il croit que le Fucus slenophyllus est différent du Laminaria digitata 11 y trouve toujours beaucoup plus d’iode quand il l'appelle Laminaria que lorsqu'il l'appelle Fucus. Il dit avoir analysé = le Lam. Cloustoni à chaque mois de l’année 1914 et cependant il 2 attribue à celle plante un stipe spiralé | Il prend le Gracilaria con- | Jervoides pour une Algue verte. On croirait qu'il n’a jamais vu les ie dont il donne cependant la teneur en iode.
2James Hexpricx. — The Chemistry of Seaweeds, Nature, Londres, N° du 20 février 1910.
3A.-T. Cameron. — Contributions 1{o de biochemistry of iodine,
a Journal of biological chemistry, t. X VIN, ror4 et t XXIIL, 1915.