‹ Utilisation des forces motrices du Rhône: et régularisation du Lac LémanChapitre 13 sur 126 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les anciennes alimentations d'eau de la Ville de Genèye

Epoque romaine et moyen &ge

Genève, par sa situation à Textrémité d'un grand lac et dans le voisinage rapproché des montagnes, pouvait s'alimenter d'une eau également pure, soit en amenant Teau potable par des aqueducs, du pied des hauteurs, soit en élevant Teau du lac dont la limpidité est remarquable.

Le premier de ces systèmes est naturellement celui qui a prévalu à Tépoque ancienne, alors que les procédés mécaniques pour élever Teàu étaient encore dans Tenfance.

Comme toutes les localités romaines de quelque importance \ Genève était pourvue d'un service d'eau potable assez bien établi. Un aqueduc, dont les traces se retrouvent de loin en loin sur la route de Chêne, et qui alimente encore quelques puits, ainsi qu'une fontaine de Chêne- Bourg, allait prendre Teau à Cranves, derrière Monthoux (10 kilomètres de Genève).

Aux environs de la Boissière, il se bifurquait, une branche venant desservir la ville haute par Malagnou, une autre les Eaux- Vives. C'est sans doute cet aqueduc qui fournissait l'eau aux réservoirs (lacus) donnés par Julius Brocchus Valérius Bassus aux habitants de Genève.

Cet aqueduc, dans les parties où il a pu être visité, est assez grand pour qu'un homme puisse y circuler aisément. Il est en briques et de forme ovoïde, avec un radier horizontal.

Cette alimentation d'eau d'origine romaine a suffi, avec les citernes qui existaient nombreuses dans la vieille ville, pendant toute l'époque romaine et le moyen âge.

Au quinzième siècle, la question d'une augmentation de l'apport d'eau potable fut agitée. L'on décida en 1446 de faire conduire les eaux d'une fontaine qui était dans le village du Coin, au pied du mont Salève (7 kilomètres de Genève), et l'on retrouve les traces d'un acte de 1447, par lequel Louis, duc de Savoie, permet pour lui et ses successeurs aux syndics, citoyens, etc.,

* Genève et la colonie de Vienne, par Ch. Morel, 1888.

de Genève de tirer des eaux de la montagne du Salève, du lieu dit du Coin et de les conduire par ses terres jusque dans la ville^ pour y construire des fontaines.

En 1400, Maître Gabriel, juif d'Avignon, offre au Conseil de faire venir des fontaines en treize endroits de la ville, et pour sa peine, sans les autres choses qu'il lui faut fournir, demande 800 écus. On lui offre seulement 500 écus, et l'affaire tombe.

En 4494, le curé d'Oste, au diocèse de Genève, fait une proposition semblable. On décide de s'entendre, pour la dépense, avec l'évêque et le chapitre, mais on ne peut trouver l'argent. Le travail était estimé à 1,000 florins.

En 1512, un ex[)ert allemand vient avec des propositions nouvelles, on le défraye, et c'est tout.

Enfin, en 1520, on décida d'établir de§ fontaines coulantes au Bourg-de-Four, devant Saint- Pierre et devant la maison de ville ; déjà en 1504 une fontaine avait été placée à la Fusterie.

En 1566, il fut question d'amener de Saconnex-le-Petit grande quantité d'eau qui est d'égale hauteur au clocher neuf de Saint-Pierre^ on s'en pourrait faire une fort belle fontaine devant la maison de ville, et encore au Collège, Attendu les bruits qui courent et quon a d'attirés affaires plus prétits, arrêté de s'en départir jusqu'à meilleure opportunité.

C'est à la fin du 16"™« siècle qu'apparaissent les premières propositions pour doter Genève d'une élévation d'eau. En 1584, Ant. de Gaillon propose d'établir sur le Rhône moyennant cent écus et les bois nécessaires, une machine hydraulique destinée à fournir l'eau à toute la ville, machine qu'il reconnaîtrait en flef à la Seigneurie. Le projet fut approuvé comme très utile, mais on en resta là.

En 1611, Jaques Gentillatre offre de faire monter l'eau du Rhône par toute la Ville et en montre le pourtrait.

En 1617, un Ecossais présente un mémoire pour élever Teau du Rhône de l'épaisseur d'un pied de diamètre dans le haut de la ville pour en faire ensuite la distribution dans les rues.

En 1619, Bénédict Crans d'Augsburg, vient de Lyon pour faire de semblables propositions. Il demande mille pistoles. On le remercie de la peine qu'il s'est donnée.

En 1658, on rejette la proposition de Jean Archimbaud, qui, pour mille écus, s'engage à élever l'eau dans le haut de la Ville pour alimenter abondamment les fontaines.

Première machine hydraulique il 08

Enfin*, en 1708, Abeille, architecte parisien, originaire de Bretagne, fit agréer ses offres pour l'établissement d une machine qui fournirait l'eau à six fontaines et qui devait être au bout de vingt ans rachetée de lui par la Seigneurie, qui lui promettait d'ailleurs un traitement annuel de quatorze cents livres. Toutes ces conditions ne purent être exactement remplies : il paraît qu'Abeille, dans son établissement, ne tint pas assez compte de la différence de hauteur des eaux du Rhône, suivant les saisons, et que les moyens qu'il employa pom* y remédier eurent euxmêmes beaucoup d'inconvénients.

Sur les grandes plaintes qu'on fit, en 1726, du mauvais état des fontaines, on dressa un

Description de Genève, ancienne et moderne, par H. Mallet, 1807.

inventaire de la machine pour en faire la remise à la Seigneurie, qui la re^irit en payant dix mill écus à Abeille; tout ce dont on peut juger sur cet inventaire, c'est que cette machine est bien éloignée de la simplicité de celle qui lui succéda, et que grâce aux défauts de sa construction primitive, elle allait extrêmement mal. En 1727, Maritz, du canton de Berne, en ayant obtenu la direction, remplaça tout ce mécanisme mal entendu, par une seule roue de 24 pieds de diamètre, dont Furbre armé de six triangles, élevait les pistons de six corps de pompes, et en 1732 il engagea à établir un second équipage tout pareil pour en avoir dans tous les cas un en bon état, et prévenir toute interruption du service.

A la retraite de Maritz dans sa patrie, il fut remplacé par Grandnom, qui, plutôt artiste ingénieur que théoricien éclairé, prélendit qu'en substituant des étoiles à cinq rayons aux triangles qui mettaient les pompes en mouvement, il obtiendrait une augmentation d'eau dans le rapport de trois à cinq ; il y en eut une en effet, mais fort au-dessous de ce qu'il attendait de ce changeriient qui d'ailleurs fut mal exécuté et devint sujet à de fréquentes réparations très dispendieuses.

Un barrage placé en éventail dans le Rhône créa la chute nécessaire au fonctionnement de la roue. Il était composé de pieux, de planches en partie fixes et en partie mobiles.

Les derniers vestiges de ce barrage disparuient lors de l'approfondissement du bras gauche du Rhône en 1884.

La machine Abeille alimenta les anciennes fontaines. On y ajouta six fontaines nouvelles, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, au Bourg-de-Four, au Molard, sur la place Faint-Gervais, au Grand-Méz«;l et dans la cour de l'Hôpital.

Cette machine hydraulique fonctionna sans qu'il y fût appçrté de changement important, dès celte époque jusqu'en 1843.

Deuxième machine hydraulique i843

En 1838, l'ingénieur Cordier, de Béziers, avait fait accepter les plans d'une nouvelle installation hydraulique, qui fut exécutée par lui pour le compte de la Ville de Genève.

La nouvelle machine devait être placée dans le lit même du fleuve, à 20 mètres environ en amont de la tète de l'Ile.

Elle avait été décrétée par la loi du 22 mai 1839, et était dtvisée à Fr. 500,000 se décomposant comme suit;

Trois piles du bâtiment Fr. 60,0C0

Enrochements, radier et vannes » 21,C0O

Construction du bâtiment d 33,COO

Pont de communication avec l'Ile » 4,225

Barrage du bras droit j> 37,CC0

Etablissement de fontaine » 21,600

Construction de deux équipages de pcmpcs » 118,500

Fourniture et pose des conduites d'eau » 190,675

Divers » 5.000

Total Fr. 500,000

Les équipages de roues et de pompes se composaient de deux roues Poncelet, actionnant chacune, par deux manivelles placées à chaque extrémité de l'arbre, d'énormes bielles en fonte.

Ces bielles commandaient les tiges des pistons de deux corps de pompes verticaux. Tout l'équipage, roues et pompes, pouvait se monter ou se baisser à volonté, suivant le niveau du lac, au moyen de puissants vérins. Mais l'on renonça bientôt à faire mouvoir ces énormes masses. La vitesse de ces pompes variait de 2 à 5 tours à la minute. La dépense totale atteignit

Pendant la construction du barrage, l'établissement, sur le barrage même, d'une passerelle à piétons fut décidé. Cette passerelle reçut le nom de pont de la Machine. Un crédit de Fr. 60,000 fut voté pour son exécution.

Une réception provisoire de Tinstallation hydraulique fut faite en juin 1843, mais le 25 juillet de la même année, l'arbre de la roue de l'équipage de droite se rompit. Après la réparation une nouvelle expertise eut lieu, qui conclut à la réception définitive de l'installation. Les trois experts étaient le colonel (plus tard général) Dufour, M. Wolfsberger, inspecteur des travaux et M. le professeur CoUadon, ce dernier nommé par la Faculté des Sciences de l'Académie qui, d'après la convention passée avec M. Cordier, devait désigner le sur-expert. En bonne marche l'installation fournissait 4,500 litres à la minute.

L'une des roues de l'ancienne machine Abeille fut démolie, ainsi que le bâtiment sur pilotis qui la contenait; l'autre roue fut louée à l'industrie privée, et ne disparut, avec le bâtiment qui la contenait, qu'en 1880.

Construction de Pannexe de droite i862

La machine hydraulique Cordier suffit à l'alimentation de la ville jusqu'en 1862, où fut décidée la construction d'une annexe placée du côté du bras droit du Rhône. Un crédit de Fr. 140,000 fut mis par le Conseil municipal à la disposition du Conseil administratif pour Texécution de ce travail.

L'installation projetée consistait dans:

\^ L'établissement d'une pile semblable à celles de l'ancienne installation Cordier, sur le côté droit de la machine.

2<^ L'élargissement de la pile droite de Vancienne installation.

3** Le prolongement du bâtiment sur toute la largeur ainsi formée.

¥ L'établissement d'une roue Poncelet de 10 mètres de diamètre, et de deux corps de pompes.

5^ Le reliement des canalisations à l'ancienne installation.

La mise en marche eut lieu en 1864; les pompes élevaient environ 4,500 litres par minute à 4 V2 atmosphères, doublant ainsi le volume d*eau disponible. La force de la roue variait de 34 à 60 chevaux.

Malheureusement, un accident grave interrompit, bientôt après sa mise en marche, le fonctionnement de cette nouvelle installation.

Au commencement d'août 1866, Tàrbre principal de la roue se rompit Cet arbre pesait 7,000 kilog. et était en fer forgé. Une réparation fut essayée, mais sans succès.

Une nouvelle roue fut construite, et se rompit de nouveau en juin 1867; malgré ces contre-temps, le service fut continué tant bien que mal moyennant une réparation provisoire.

Construotion de l'annexe de gauche i868

En avril 1868, un concours fut ouvert pour la création d^une nouvelle annexe, du côté gauche de l'ancienne installation Cordier.

Cinq .projets furent présentés, mais aucun ne parut répondre absolument aux debiderata, et le professeur Callon, professeur à TEcole centrale de Paris, fut chargé par la Ville d'étudier à nouveau la question.

Callon proposa l'emploi d'une turbine à siphon, système Girard, actionnant par une manivelle placée à l'extrémité de son arbre deux pompes Girard, placées à 90^.

Le Conseil municipal vota ce projet le 10 septembre 1869.

La dépense projetée s'élevait à Fr. 192,000, se décomposant comme suit:

Piles, batardeau et bâtiment de l'annexe gauche Fr. 78,000

Turbine Callon et pompe Girard i» 87,000

Digues, pont, divers et imprévu » 27,000

Total Fr. 192,000

MM. Callon et Girard furent chargés de l'exécution de toute la partie mécanique.

La turbine devait élever 4,000 litres à la minute à 50*» de hauteur.

Pendant l'exécution de cette nouvelle annexe, une rupture se produisit encore à la roue de l'annexe de droite. Une réparation devenait impossible, et le Conseil administratif dut proposer, le 18 novembre 1870, d'enlever complètement la roue et les pompes de l'annexe de droite construite en 1863, pour les remplacer par une roue à hélice, système Girard, actionnant deux corps de pompe. La maison B. Roy et C^ de Vevey, devait être chargée de cette exécution. Le devis de la transformation s'élevant à Fr. 76,000 fut voté le 25 novembre 1870. Malheureusement TAdministration municipale devait avoir de nouveaux déboires.

La turbine Callon se construisait en Alsace. La guerre de 1870 survint pendant son exécution, et tous les travaux durent être suspendus jusqu'au 26 septembre 1871. L'entrepreneur des maçonneries était mort dans [Intervalle, et Girard, l'inventeur du système, avait été tué pendant la guerre.

L'installation ne put donc être mise en marche que le 15 juin 1872. Elle fonctionna dès lors d'une façon satisfaisante jusqu'à sa démolition en 1886, démolition résultant de la nouvelle installation municipale des Forces motrices.

Quant à l'installation transformée de l'annexe de droite, la disposition de commande des pompes par la roue hélice était telle que tous les passages des points morts étuient simultanés et amenaient un ébranlement si considérable de tout le système qu'une transformation nouvelle

s'imposa; ce fut en 1875 seulement que cette machine put fonctionner plus ou moins régulièrement, après un surcroît de dépense pour la Ville de plus de Fr. 65,000.

Pendant toute cette période transitoire, les roues Cordier durent suffire seules à Talimentation de la ville, alimentation qui commençait dès 1872 à piendre un grand développement par remploi de moteurs hydrauliques dans l'industrie privée.

Pendant cette période, en décembre 4872, la Ville avait décidé la construction d'un réservoir de 5000 mètres cubes de capacité. Ce réservoir fut placé au sommet du bois de la Bâtie, sur une colline située à 2 kilomètres au sud de la Ville.

L'altitude du réservoir au-dessus du lac était de 50"™. Le devis était de Fr. 200,000, y compris la canalisation destinée à l'alimenter.

Le développement continu du service des eaux sous Tintelligente administration de son nouveau directeur, l'ingénieur Emile Merle d'Aubigné, amena bientôt les autorités municipales à examiner la possibilité de développer encore le volume d'eau à distribuer.

Construction des machines hydrauliques à vapeur

La quantité d'eau disponible n'atteignait guère plus de douze mille litres à la minute lorsque les deux roues et les deux turbines fonctionnaient simultanément. Il fallait à tout prix trouver la possibilité de créer des pompes nouvelles, et d'autre part TEtat de Vaud, à la suite des hautes eaux de 1877 et de 1879, venait d'intenter un procès à l'Etat de Genève, procès tendant à faire disparaître tous les obstacles artificiels inis à l'écoulement du Rhône. Une installation nouvelle sur le fleuve, pour en utiliser la force, était donc impossible.

Le Conseil administratif se décida à recourir à l'emploi de machines à vapeur destinées à actionner de nouvelles pompes à construire.

Un emplacement fut acheté à la Coulouvrenière, à lextrémité du quai de la Poste, pour la somme de Fr. 60,500

Puis un crédit de t> 239,500

fut voté le 30 septembre 1879, pour l'acquisition des machines et des chaudières

et la construction du bâtiment et de la cheminée, ce qui porta à Fr. 300,000

le coût probable de l'installation à vapeur.

Le projet adopté était celui présenté par la maison Escher, Wyss et C^, de Zurich.

L'installation se composait:

aj De deux chaudières fumivores, système Tenbrink. de 120 mètres carrés de surface de chauffe chacune.

b) De deux machines à vapeur développant, à 30 tours, 100 chevaux chacune, et à 45 tours 150 chevaux, chacune des machines à vapeur commandant par la contre-tige du piston une doublé pompe hydraulique, système Girard.

Le volume d'eau élevé par minute et par machine devait être de 6,000 litres à 30 tours, et de 9,000 Utres à 45 tours. La course des pistons était de 1,100"^"». La consommation de charbon rie devait pas dépasser 1 kil. 250 par cheval en eau montée.

Les constructeurs ont scrupuleusement tenu leurs engagements, et la mise en marche a eu lieu en juillet 1880 dans les conditions du cahier des charges. La dépense de charbon a été, aux essais, de 1 kil. 130 par cheval, en eau montée.

Le coût total de l'installation hydraulique à vapeur atteignit Fr. 340,000, y compris l'achat du terrain.

Telles étaient les installations hydrauliques de la Ville de Genève, au moment où elle entreprit l'œuvre d'utilisation complète des Forces motrices du Rhône, en 1882.

Situation financière du Service des Eaux de 1839 à 1880

Il n'existe pas de compte exact des frais d'installation et d'entretien de la machine qui fonctionna de 1708 à 1843.

Ce n'est donc qu'à partir de l'installation des roues Cordier que Ton a pu reconstituer la comptabilité du service des Eaux de Genève.

Cette reconstitution fut faite en 1882 par les soins de l'ingénieur du service des] Eaux, Merle d'Aubigné (voir rapport présenté au Conseil municipal par le Conseil administratif au sujet de l'utilisation des eaux du Rhône, du 21 mars 1882.)

Première période i839-1870

Les dépenses d'installation effectuées pendant cette période atteignirent la somme de Fr. 1,228,605, somme qui se trouvait réduite en 1870 à Fr. 336,831 par les amortissements annuels.

La vente de l'eau aux particuliers, qui n'était que de Fr. 1629 en 1841, atteignit Fr. 22,133 en 1860 et Fr. 61,271 en 1870.

Les dépenses d'entretien, de Fr. 5,104 en 1841, atteignaient Fr. 14,800 en 1860, et Fr. 23,234 en 1870.

Deuxième période 1870-i880

Cette période de dix ans, de 1870 à 1880, est marquée par un accroissement considérable du service de distribution d'eau ; d'une part, l'emploi de l'eau ménagère dans les maisons prenait chaque jour un plus grand développement; d'autre part, la distribution de force motrice hydraulique prenait son essor dans les circonstances suivantes :

Au commencement de 1871, M. l'ingénieur Turretlini demanda au Conseil administratif, au nom de la Société pour la construction d'Instruments de Physique, qu'il dirigeait, d'établir un moteur hydraulique, système Schmid (machine à colonne d'eau à cylindre oscillant) à titre d'essai chez un industriel de la ville; en cas de réussite, il demandait de pouvoir faire d'autres installations semblables.

L'autorisation lui fut accordée à ses risques et périls. La Société d'Instruments de Physique

faisait, pour le compte de la Ville, rencaissement des sommes à percevoir poar vente d*eau, et était seule responsable des installations faites. Le contrat était passé pour trois années, et dura jusqu'à un 1874.

Dès la quatrième année, les recettes de la Ville pour vente de force motrice atteignaient Fr. 27,175. Le volume d'eau dépensé en 1875 pour la force motrice était de 543,400 mètres cubes, et le nombre des moteurs établis en quatre ans était de 62.

En 1880, le produit de la vente d'eau pour la force motrice atteignait Fr. 48,034, avec 960,700 mètres cubes dépensés et 114 moteurs établis.

La force des moteurs variait de un à quatre chevaux ; le moteur système Schmid était exclusivement employé. L'eau dépensée était mesurée par un compteur de tours, le débit par tour étant constant pour chaque moteur.

En même temps, les recettes de vente d'eau ménagère passaient de Fr. 05,239 en 1871 à Fr. 154,130 en 1880, de sorte que les recettes totales du service des eaux, non comprise l'eau employée pour les services municipaux, s'étaient accrues en dix ans de Fr. 65,239 à Fr. 202/164.

Le capital engagé en 1880, amortissements déduits, était de Fr. 1,187,296.

Le prix de revient du mètre cube était de 2 V» centimes. Les frais d'exploitation, de Fr. 25,316, en 1871, atteignaient Fr. 45,019 en 1880.

Le bénéfice net du service des eaux, intérêt et amortissement déduits, arrivait en 1880 à Fr. 136,730 50, en y comprenant, en recettes, les eaux employées pour les services municipaux à leur prix de revient.

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