CHAPITRE XIV
Dérelappeinoiit des iiislallations hydrauliques en 1888
Les crédits pour l'exécutîoD des travaux de la seconde période
Lorsque le projet relatif à rutilisation des forces motrices du Rhône avait été soumis, en 1883, au Conseil municipal, rensemble des travaux à exécuter était réparti eu deux périodes di?îtinctes, afin de permettre le développement rationnel et successif des dépenses, au fur et à mesure des recettes nouvelles opérées par la mise en activité des nouvelles installations.
L'ensemble du projet prévoyait, en outre, toute une série de travaux, indépendants dans une certaine mesure de Tutilisation proprement dite des forces motrices du Rhône, et plus spécialement destinés à assurer, moyennant subvention équitable des intéressés, la rtgularisation do niveau du lac Léman.
Enfin, sur ce groupe de travaux, venait se greffer la construction des égouls collecteurs des deux rives du Rhône, opération d'une haute importance pour la santé publique et dont Texécution était intimement liée, soit au point de vue économique, soit au point de vue hygiénique, avec les projets énumôrés plus haut.
Ce programme avait été suivi presque sans modification, et les travaux de la première période de Vutilisalion des forces motrices du Rhône, les travaux spécialement destinés à la régularisation du lac, et les travaux de construction des deux égouts collecteurs étaient terminés au milieu de 1887. Le service hydraulique prenait un développement progressif qui amenait le Conseil municipal actuel à voter, sur la proposition du Conseil administratif, la création de nouvelles canalisations d'eau, simultanément avec la construction d'un réservoir supérieur de 12,5W mètres cubes, pour le réseau à haute pression, réservoir destiné à la fois à assurer la régularité du service et à emmagasiner Texcédent du travail de nuit des turbines déjà installées.
Les ouvrages ainsi exécutés étaient dabord ceux compris dans la première période des travaux d'utillsalion des forces motrices du Rhône, programme adopté par le Conseil municipal dans sa séance du 30 octobre 188,1 (crédit de deux millions) à savoir:
i° L'approfondissement et le nivellement du bras gauche du Rhône, du pont de la Machine au bâtiment des turbines, la cote de fond au pont de la Machine devant être de 5 mètres sous PN., — et la pente de 0™,00L
2^ La construction de vannes de décharge en aval de l'Ile sur une longueur de ;16 mètres,
La construction d'une digue longitudinale séparant le Rhône en deux bras, de l'aval de l'Ile jusqu'à la tête du bâtiment des turbines.
4° La construction définitive de la partie transversale du bâtiment des turbines, aménagée pour recevoir six turbines de 300 chevaux bruts chacune et leurs pompes élévatoires.
5° La construction de Tinfra-structure de la partie longitudinale du bâtiment des turbines, cette seconde partie devant être aménagée pour recevoir ultérieurement quatorze turbines de 300 chevaux chacune.
6^ L'établissement de quatre des six turbines et pompes de la première partie du bâtiment.
1^ Le draguage du Rhône en aval du bâtiment des turbines jusqu'aux moulins de Souterre.
8® La restitution de force aux usiniers de la rive gauche du Rhône.
9^ L'exécution d'un premier réseau de canalisations à haute pression.
Simultanément avec ce crédit de deux millions, le Conseil municipal votait un crédit de fr. 140,000 pour l'exécution d'un premier tronçon du collecteur de la rive gauche, allant de la Petite-Fusterie à l'aval du bâtiment des turbines. L'Etat et la commune de Plainpalais allouaient une subvention de fr. 110,000 pour leur part dans ce travail.
D'autre part, le 7 décembre 1883, le Conseil votait un crédit de fr. 50,000 pour la reconstruction, simultanément aux travaux du bras gauche, de la moitié du pont de la Machine.
L'épidémie typhoïde du printemps de 1884 hâta bientôt l'achèvement des égouts collecteurs des deux rives du lac et du Rhône par le vote d'un nouveau crédit de fr. 160,(XK) (arrêté du Conseil municipal du 11 novembre 1884), d'un nouveau crédit de l'Etat de Genève de fr, 100,000 et de fr. 60,000 de la commune des Eaux-Vives en faveur du collecteur rive gauche, et par le vote d'un crédit de fr. 200,000 du Conseil municipal, de fr. 150,000 de l'Etat de Genève, et de fr. 40,000 de la commune du Petit-Saconnex en faveur du collecteur rive droite. Simultanément, la conduite d'aspiration des machines hydrauliques de la Ville était poussée, dans l'été de 1884, du rond-point des Bergues jusqu'au dehors des jetées, afin de puiser une eau débarrassée des impuretés qui pouvaient souiller le port. Ce travail était exécuté au moyen d'un crédit de 50,000 francs du Conseil municipal, de fr. 30,000 de l'Etat de Genève, le solde de fr. 22,000 étant à prendre sur les subventions de la Confédération et des Etats riverains pour la régularisation du lac, subventions qui avaient été obtenues pendant l'exécution de ces travaux.
Pendant le cours des travaux de la première période de l'utilisation des forces motrices du Rhône, la convention intercantonale était intervenue entre la Confédération, les Etats de Vaud et du Valais d'une part, et l'Etat de Genève, agissant pour le compte de la Ville de Genève, d'autre part; moyennant une subvention de fr. 1,105,000, divisée comme suit : fr. 773,500, de la Confédération, et fr. 331,500 des Etats de Vaud et du Valais, la Ville de Genève s'engageait à exécuter à forfait et à ses risques et périls (en sus des travaux proprement dits d'utilisation des forces motrices du Rhône) la série des travaux suivants :
1"^ Draguage de 45,000 mètres cubes dans le port pour faciliter la navigation.
2<^ Draguages entre le pont du Mont-Blanc et le pont de la Machine.
3^ Construction d'un barrage à rideau, système Caméré, faisant corps avec l'exécution de la seconde moitié du pont de la Machine.
¥ Abaissement des seuils des coursiers de l'ancienne machine hydraulique.
5*^ Construction d'un vannage de 15 mètres entre l'ancienne machine et la tête de l'Ile.
60 Approfondissement du bras droit du Rhône, dès l'aval du barrage à rideaux (PN. — 5"50) jusqu'à l'aval du bâtiment des turbines, avec une pente de fond de 0,0013.
7^ Restitution de force aux usiniers de la rive droite du Rhône.
8o Exécution d'une cinquième turbine destinée à la restitution de force à ces usiniers.
0^ Démolition des immeubles faisant saillie sur le Rhône^ dans le bras gauche, en face du quai Besaiiçon-Hngues.
10° Construction d'un quai devant ces immeubles,
La Ville de Genève s'engageait à terminer l'ensemble de ces travaux pour la fin de Tannée 1890.
Au cours de l'exécution de ces divers travaux et vu le développement pris par le service hydraulique, soit du fait de la vente de force motrice, soit du fait du rachat des Sociétés des Eaux du Rhône, Rive droite et Rive gauche, et des conventions passées ave a toutes les communes avoisinantes, le Conseil municipal était appelé à voter, en avril 1886, un nouveau crédit de 2ïXï mille francs pour le développement du réseau de canalisation à haute pression, el en janvier 1887, on crédit de fr. 72n,t)fH) affecté à Tensenible des travaux suivants :
1" Construction d'un réservoir de 12,500 mètres cubes^ à Bessinge, pour le réseau hydraulique à haute pression,
2'^ Etablissement d'une canalisation de grande section reliant la Ville à ce réservoir,
:î" Installation d'une sixième turbine et pompe complétant le nombre des turbines qui pouvaient être installées dans la première partie du bâtiment des turbines.
4"^ Kïablissement de canalisations nouvelles, à haute et à basse pression, pour suffire à l'extension du service.
L'ensemble de toute cette série de travaux était terminé à fin 18S7, La nouvelle installation hydraulique avait été inaugurée le 17 mai 188(ij le barrage à rideaux et les autres ouvrages d'art du bras droit du Rhône fonctionnaient depuis le mois de juillet 4887; la sixième turbine était en marche depuis la même époque. Le réservoir à haute pression de Bessinge était achevé et pouvait être mis en service avant la fin de Tannée et toutes les canalisations hydrauliques successivement prévues avaient été posées, de sorte que la Ville alimentait d'eau, non seulement son propre territoire, mais celui des communes de Plainpalais, Carouge, Eaux-Vives, Petit-Saconnex, Genthod, Belle vue, Pregny, Grand-Saconnex, Vernier, Lancy, Onex, Bernex, Confignon, Plan-1 es- Ouates et Troinex. A la fin de 1887, la Ville distribuait la force motrice à domicile par 175 moteurs, dont la force varie depuis 70 chevaux jusqu'à un demi-chevaL
Ces 175 moteurs étaient répartis chez 145 industriels différents, quelques uns d'entre eux possédant deux moteurs.
Grâce à remploi de la transmission hydraulique, cette force considérable, représentant près près d'un millier de chevaux comme force développée au bûtiraent des turbines était répartie jusqu^à une distance de deux kilomètres dans toute Tagglomération de la Ville et de la banlieue, sans qu'aucun quartier fût spécialement privilégié.
Le développement important qu'avait pris, d'emblée, la distribution de force, en un mot, la réussite, au delà des prévisions les plus optimistes, des nouvelles installations municipales, provenait avant tout de ce que, grâce au système de transmission adopté, la Ville avait été chercher l'industriel cher lui, au lieu de Tobliger à se déplacer pour se rapprocher du lieu de production de la force motrice.
Aussi, malgré le surcroît de force que donnait la mise en service du réservoir de Bessinge, la Ville ne pouvait satisfaire aux nombreuses demandes de force qui lui étaient adressées, aux engagements qu elle avait pris vis-à-vis de la Société d'appareillage électrique pour fournir la force destinée à réclairage électrique des particuliers, ni à la nouvelle force qui devait être absorbée immédiatement par l'éclairage électrique du théâtre. Elle devait aborder Texécntion de la seconde période des travaux d'utilisation des forces motrices du Rhône, suivant le programme contenu dana
le troisième fascicule relatif aux travaux du Rhône, et cela tout en tenant compte des progrès faits par la science et l'industrie depuis l'époque où avait été publié cet ouvrage.
La seconde période des travaux, telle qu'elle avait été devisée en 1883, comprenait les travaux suivants (voir Fascicule III, page 124) :
Achèvement des draguages jusqu'à la Jonction Fr. 330,000 —
Achèvement des vannes d'introduction, avec leurs moteurs . . . i 53,000 —
Achèvement du bâtiment des turbines, avec passerelles et râteliers . » 621,915 —
Etablissement de 16 nouvelles turbines (non compris les pompes) » 432,000 —
Digue du canal de fuite (2°»« période) » 20,200 —
Restitution de force aux usines de Souterre )» 30,000 —
Fr. 1,487,115 — Imprévu 10 % ... . > 148,71150
Fr. 1,635,82650
I^ partie des travaux dont les crédits furent demandés à la fin de 1887 différait peu de ce devis.
Elle comprenait, comme dans le devis primitif, l'achèvement des draguages, l'achèvement des vannes d'introduction, la construction de la digue du canal de fuite de la seconde période.
Elle en différait sur les autres points en ce que, prévoyant l'achèvement immédiat des fondations du bâtiment sur toute son étendue jusqu'au niveau du sol des pompes ifr. 352,500), le nouveau devis n'admettait, pour le moment, l'achèvement complet du bâtiment proprement dit que pour six nouvelles turbines (Fr. 172,500), remettant à plus tard l'achèvement du bâtiment pour les huit turbines restantes (Fr. 190,000).
Dans ces conditions, le devis relatif au bâtiment partiellement achevé s'élevait à fr. 525,000.
Dans le cas possible où le Conseil municipal eût préféré terminer, une fois pour toutes, tout le bâtiment, le devis se serait élevé, y compris le 10 % d'imprévu, à 715,000 fr. D'après le devis primitif, l'achèvement aurait coûté, en tenant compte aussi du 10 7o d'imprévu, 684,108 fr. — La différence provenait principalement de la façade monumentale (semblable à celle qui se trouve sur la place des Volontaires), qui était projetée sur la face du bâtiment faisant front au pont de la Coulouvrenière.
D'autre part, le devis primitif de la deuxième période contenait le coût des seize turbines restant à faire, alors que quatre seulement étaient prévues dans le devis de la première période^
A fin 1887, sur ces seize turbines, deux étaient déjà installées, et l'on se proposait d'en établir encore deux autres pour satisfaire aux premiers besoins. Le devis de ces deux nouvelles turbines était de 27,000 fr. l'une, comme au devis primitif. Par contre, le devis primitif ne tenait pas compte du coût des pompes, que l'on devait installer, car il n'eût pas été possible, en 1883, de préciser comment la force disponible sur l'arbre des turbines serait utilisée.
Le dernier article de l'ancien devis, restitution de force aux usines de Souterre, n'avait plus sa raison d'être, cette force ayant déjà été restituée, de façon à faire bénéficier l'installation de la chute qui y existait.
DESCRIPTION DES THiVAU PROJifil tN 1887
A) Travaux ooncemânt la création de la force motrice
1<^ AchéiTflmeDt des foodations des Bâtiments des turïiiiies (11'^'^ période)
Le projet d'ensemble des travaux d'utilisation des forces motrices du Rhône prévoyait que la force disponible sur le Rhône, une fois les travaux achevés, serait de 6000 chevaux bruts. Les WKX) chovaiix devaient être répartis sur 20 turbines de :îiX) chevaux. Ces vingt turbines nécessitaient un développenDent de bâtiment correspondant à 6^,u0 par turbine, soit à 130 mètres au minimum pour le bâtiment tout entier* Il y avait lieu, en outre, de ménager au bras droit du Rhône, en dehors du bâtiment des turbines, une largeur minimum de 50 mètres, si l'on ne voulait pas nuire à l'écoulement libre du bras destiné à la régularisation du laa Or, la largeur du Rhône au droit du bâtiment des turbines n^atteint pas 1130 mètres. Il avoit donc été de toute nécessité de briser le bâtiment en deux parties distinctes, afin de satisfaire à ces diverses obligations. Le premier tronçon^ perpendiculaire à la rive, fut prévu pour six turbines, et le second tronçon, faisant un léger angle avec Taxe du fleuve, afin de tenir compte des conditions de bonne arrivée et de bonne évacuation de l'eau motrice fut étudié pour recevoir les quatorze turbines futures.
Le système de mise à sec générale adopté pour l'ensemble des travaux du Rhône rendait avantageuse Texécution immédiate des fondations de la seconde période du bâtiment dans la mesure nécessaire pour que, plus tard, lors de Fachèvement définitif de la construction, il fût possible de mettre à sec sans batardeaux spéciaux, l'intérieur du bâtiment commencé. On évitait ainsi dans Favenir des dépenses fort considérables.
Dans cet esprit^ le projet primitif prévoyait comme exécutoire dans la première période des travaux, les murs^ avant-becs et arrière-becs des quatorze turbines, ainsi que les radiers du canal d'amenée et du canal de fuite, joints par le mur de retombée. Il suffisait ensuite, pour procéder & rachèveraentj de se servir des vannes d'introduction et des vannes de fuite, pour rendre étanche l'intérieur du bâtiment et l'épuiser à peu de frais.
Il s'agissait de terminer dans ces conditions en 1888, les fondations intérieures du bâtiment, représentant environ 7;îOO mètres cubes de béton de chaux et de béton de ciment.
Les voûtes à exécuter représentaient une surface de COOO mètres carrés.
Dans le devis des fondations, étaient comprises les grilles de garde à Tamont du bâtiment et les passerelles de service placées sur les avant-becs et les arrière-becs,
Le total du devis s'élevait, y compris 10 */^ d'imprévu, à Fn 352,500,
2*' Bâtiment proprement dit pour les turbines
L'achèvement complet du bâtiment des turbines pour les quatorze turbines restant encore & installer, se serait élevé à ta somme de Fr :îe2,500, en y comprenant 10 ^j^ pour imprévu-
Le bâtiment ainsi construit devait être la reproduction exacte de la partie du bâtiment déjà terminée. Une façade monumentale semblable à celle qui se trouve sur la place des Volontaires, devait s'élever & Textrémilé du bâtiment faisant face au pont de la Coulouvrenière (voir Atlas Planche ^24),
Il parut cependant plus sage au Conseil administratif de réduire à de plus faibles propor-
lions la nouvelle partie du bâtiment qui serait exécutée immédiatement. La justification financière eût été rendue plus aléatoire par l'exécution immédiate de tout le bâtiment.
Aussi le Conseil administratif proposait de procéder immédiatement à l'exécution de la partie du bâtiment nécessaire à Finstallation successive de six turbines nouvelles, renvoyant à plus tard l'achèvement définitif.
Dans ce cas, la façade provisoire en bois qui fermait le bâtiment du côté nord serait reportée jusqu'à l'emplacement ménagé pour la turbine n° 13.
Dans ces conditions, le devis pour 6 turbines était réduit à la somme de Fr. 172,500, se décomposant comme suit :
8 travées, à fr. 20,077 — Fr. 160,616 —
Transport de la façade provisoire » 2,000 —
Deux treuils roulants > 9,800 —
Total .... Fr. 172,410 — soit, y compris 10 7o d'imprévu déjà comptés, Fr. 172,500 —
30 Achèvement de vingt-quatre vannes d'introduction
Des quarante vannes d'introduction que comportait le bâtiment complet, seize étaient déjà en place, ainsi que le panneau inférieur des vingt-quatre dernières. Il ne restait donc plus à installer que le panneau supérieur et le mécanisme de vingt-quatre vannes. Ceci explique la réduction à Fr. 25,000 du devis d'achèvement, prévu à l'origine à Fr. 50,000.
40 Digue du canal de fuite
La digue du canal de fuite des quatorze turbines faisant partie de la seconde période des travaux était prévue et devjsée au fascicule n° III, page 239, pour fr. 20,200. Sa construction était différente de celle qui était projetée en 1887 ; l'ancien projet se composait d'une paroi en pieux et palplanches. La digue nouvelle était projetée toute en gros enrochements. Son coût était estimé à Fr. 20,000, soit sensiblement eu devis primitif.
La nature des matériaux employés devait assurer une plus grande durée.
5^ Draguages
Le cube de draguages et approfondissements en aval du pont de la Machine, dans le lit du Rhône, prévu pour la première période des travaux du Rhône, s'élevait à 110,000 mètres cubes, chiffre auquel il y avait lieu d'ajouter 42,000 mètres cubes de draguages plus spécialement relatifs à la régularisation du lac et devant s'exécuter dans le bras droit.
Le cube total voté avant 1887 était donc de 152,000 mètres cubes.
Cette somme de travaux ne correspondait qu'à l'approfondissement du lit du Rhône jusqu'audessus des moulins de Souterre.
L'approfondissement depuis les moulins de Souterre à l'aval, jusqu'à la Jonction, devait nécessiter l'extraction de 145,000 mètres cubes, ce qui portait à 297,000 mètres cubes le total des déblais à sortir du Rhône.
L'obligation d'augmenter la chute au bâtiment des turbines de toute la chute existant aux moulins de Souterre^ avait amené la direction des travaux à draguer^ dès la première période, jusqu'à 200 mètres environ en aval du moulin de Sou terre, de sorte que le cube de déblais extraits du Rhône à fin 1887 s'élevait à 192,000 mètres cubes environ.
Il restait donc en chiffre rond 100,000 mètres cubes à draguer pour achever les travaux prévus pour la seconde période.
Tandis que le prix prévu à Vorigine était de Fr 2,40» le prix moyen fixé pour rachèvement n'était plus que de Fr 2. Cette différence était la conséquence de la convention avec MM, J. Cbappuis et G** qui prévoit qu'au delà de 120,000 mètres extraits avec la grande drague, le p»ix d'amortissement du matériel de draguage sera réduit de Fr. 0,iO par mètre cube.
La chute au bâtiment des turbines devait être augmentée d'environ 40 centimètres parTachèvement des draguages jusqu'à la Jonction. Cette augmentation de chute devait être obtenue avan 1890 pour que les turbines puissent fonctionner dès cette époque avec la chute normale d'été (1™ 680).
En effet, dès 1890, la régularisation du lac entrerait en vigueur, et la cote de l'eau à l'amont du bâtiment des turbines ne serait plus qu'à PN — 1*^,65, La chute nécessaire aux turbines étant de 1^,68^ le niveau d'aval ne devrait pas dépasser pendant les hautes eaux d'été la cote de PN^ 3^,33. Or, elle avait atteint (G août 1872) la cote de PN — 0'^,n5. L'abaissement du niveau d'aval de 0°*,40, était donc nécessaire si Ton voulait conserver pendant toute Tannée la force brute de 300 chevaux par turbine.
B"" Deux turbines et pompes, n^^ 7 et 8
Les deux turbines et pompes qu'il s'agissait d'installer à nouveau devaient être exactement semblables à la pompe n*' 3, la dernière installée, La construction de cette pompe avait bénéficié, en effet, des expériences faites sur les pompes précédemment placées, et donné un rendement supérieur. Le coût de ces deux pompes était donc basé sur le prix de revient de la pompe n^ 3, et s'élevait à Fr. 170,000.
B) Travaux concernant l'utilisation de la foroe
7" Complément du réseau hydraulique à haute pression
Il y avait lieu, pour assurer la régularité du service hydraulique à haute pression, d'établir deux canalisations de ceinture, reliant les conduites principales et permettant d'alimenter le réseau, soit depuis le réservoir, soit depuis les pompes élévatoires, même en cas de rupture dans la canalisation passant par l'égout collecteur qui relie le point de départ de la canalisation de 000 miUimètres allant au réservoir de Bessinges avec le bâtiment des turbines. La canalisation de ceinture projetée de 400 miUimètres de diamètre devait relier la canalisation de 400 millimètres allant à Carouge avec la canalisation de 500 millimètres placée dans le collecteur rive gauche, en passant par le boulevard des Tranchées ; d'autre part, la canalisation de la rive droite au boulevard James* Fazy serait reliée par le pont de la Machine avec la canahsation de 500 millimètres placée dans Tégout rive gauche par un tuyau de 350 miUimètres.
Enfin, une canalisation de grande section serait placée dans la direction des terrains de la Jonction, de façon à desservir les abattoirs et la brasserie Schœllhorn par le réseau à haute
pression, tout en laissant disponible une force importante pour le développement futur de ce quartier. Le solde du crédit devait être appliqué au développement du réseau à haute pression dans diverses directions où Teau était demandée.
C) Travaux spéciaux 10^ Canalisation d'aspiration
Les pompes hydrauliques à vapeur installées en 1880 à Texlrémité du quai de la Poste avaient été pourvues d'une canalisation d'aspiration posée dans le lit du Rhône et allant jusqu'au pont de la Machine. Le but de cette canalisation de 0°^,65 de diamètre était de puiser Teau potable au-dessus de l'ancien égout principal de la rive gauche qui débouchait dans le Rhône sous le quai-pont Besançon-Hugiles.
Lorsque Tétude des nouvelles installations avait été faite, cette canalisation avait été reconnue suffisante pour alimenter les quatre pompes hydrauliques qu'il s'agissait d'établir en premier lieu. Mais il fallut prévoir son prolongement du quai de la Poste au nouveau bâtiment des turbines.
Ce pî olongement avait été immédiatement exécuté d'une section suffisante pour permettre le développement du service hydraulique. Le diamètre de ce prolongement était 0"°000. Pendant l'exécution des travaux, l'épidémie typhoïde avait amené l'administration municipale à prolonger la prise deau jusqu'au delà des jetées, afin de puiser une eau parfaitement pure.
La mise en activité d'une cinquième, puis d'une sixième turbine avait augmenté dans une forte proportion le volume d'eau élevée, do sorte que, fin 1887, la partie ancienne de la canalisation d'aspiration, antérieure aux travaux du Rhône, se trouvait insuffisante pour fournir le volume d'eau à élever. Quoique l'eau du bras gauche du Rhône fût purifiée par la suppression de tous les égouts qui s'y déversaient, il y avait un intérêt, au point de vue de laponne réputation hygiénique de la Ville, à permettre Talimentation complète des pompes pat l'eau venant canalisée depuis le lac. Il y avait donc lieu de doubler la canalisation ancienne d'une seconde canalisation définitive, en tôle, de plus grande section que la première.
Cette nouvelle canalisation serait placée à côté de la première, elle aurait une longueur de 610 mètres et un diamètre intérieur de 1^20 ; son devis s'élevait à Fr. 100,000, il était inférieur au coût de l'ancienne canalisation qui, quoique d'un diamètre presque de moitié, avait coûté, y compris la pose, Fr. 165 le mètre courant.
D) Intérêt des capitaux es gagés
Les dépenses nouvelles projetées ne devant rapporter leur intérêt que plusieurs mois après avoir été effectuées, il était nécessaire de prévoir, dans les ressources disponibles, les sommes représentant l'intérêt des capitaux dépensés, et cela jusqu'au moment où les ouvrages exécutés pourraient se subvenir à eux-mêmes par les recettes nouvelles.
Ce même principe avait été appliqué pour la première période ; aussi l'on a vu que tout l'ensemble des travaux destinés à la création des forces motrices du Rhône avait pu être exécuté sans rompre. l'équilibre budgétaire de la Ville de Genève.
C'était dans ce même but qu*une somme de Fr. 00,000 était comprise dans les crédits nécessaires à rexécution de la 11^ période des travaux.
Cette rubrique comprenait également les frais généraux d'étude et de surveillance pendant la période d'exécution,
E) Suppléments de crédits
La somme de Fr, 150,000 demandée, simultanément avec les crédits spéciaux à des travaux nouveaux, pour parfaire à rinsufTisance des crédits antérieurs relatifs à Tutilisation de la force motrice du Rhône, ressortait du tableau m 3 du Fascicule V, Ce tableau indiquait, d*une part, révalnation primitive du coût des travaux compris dans cet ensemble, d'autre part, le prix de revient pour la Ville des travaux exécutés, et enfin l'évaluation des travaux restant à faire à la fin de l'année 1887, La dernière colonne représentait la somme des travaux faits en 18S7 ou en cours d'exécution,et indiquait le coût d'ensemble probable des travaux déjà votés. L'ensemble des chiffres de ce tableau faisait ressortir les résultats suivants :
L'insuffisance des crédits votés pour achever le total des travaux déjà décrétés s'élevait en chiffre rond à la somme de Fr. 300.(XK1 soit au 5 V» pour */o des crédits.
Cette somme de Fr 3(KJ,000 d insuffisance de devis se répartissait comme suit;
Insulfisance de:=î crédits relatifs i l'utilisation des forces motrices du Rhône et à la régularisation du lac, que la Ville exécutait à forfait, en chiffre rond Fr. 150,000 —
Insuffisance des crédits relatifs aux égouts collecteurs, en chiffre rond . , *• 150,000 —
L'insuffisance des crédits relatifs aux travaux du Rhône devait rentrer dans la somme comprise dans la justification financière du service des eaux et forces motrices, tandis que, rinsuffisance des créilits relatifs aux égouts collecteurs concernait un travail d'utilité gêné* raie, dont l'intérêt et l'amortissement ressortissaient au budget général de la Ville.
Si Ton analys(3 de plus près la première de ces sommes, on voit qu'en réalité les crédits relatifs à TutiUsation des forces motrices du Rhône avaient été dépassés, pour une part, du fait que certains travaux prévus à l'origine pour n'être exécutés que dans la seconde période des travaux avaient dû Tétre d:ms la première.
Ainsi, il avait déjà été procédé à la restitution de force aux usines de Souterre, prévue pour être faite dans la seconde période des travaux*
Celte dépense était estimée (voir fascicule III, page 240) Fr. 30,000 —
La même raison (augmentation de la chute disponible au bâtiment des turbines) avaient amené à draguer la partie du Rhône avoisinant ces moulins, de façon à taire disparaître Tobstacle qui s'y trouvait. Aussi, tandis que le cube de draguage prévu pour la première période, y compris le draguage du bras droit du Rhône, n'atteignait que 152,000 mètres cubes, il en avait été dragué, au :^ juin 1887, 177,001) mètres cubes, soit 25,000 mètres cubes de plus que les prévisions, représentant, à Fr. 2 le mètre cube, une somme de i* 50,000 —
En outre, on a vu que la moitié des vannes d'introduction définitives étaient déjà placées, ce qui réduisait de Fr. 50,000 à Fr, 25,000 la dépense restant à faire. Le travail déjà exécuté représentait donc une valeur de » 2.5,000 —
Enfin^ Taugmentation du coût des travaux de i& 45,000 —
A reporier ... Fr. 150,000 —
Fr.
II™ période »
Report . . . . Fr. 150,000 — s'expliquait aussi du fait que la digue longitudinale, qui avait été prévue à l'origine pour être construite en terre et devisée à Fr. 43,954 50, avait été exécutée en béton, et avait coûté Fr. 89,033. Cette modification au projet avait été faite sur les conseils de M. Fingénieur Burkli-Ziegler, à la suite d'expériences faites avec la digue en terre construite pour les travaux hydrauliques à Zurich.
Somme égale Fr. 150,000 —
Devis récapitulatif des crédits demandés en 1887
A. Travaux concernant la création de la force motrice
1*^ Achèvement des fondations du bâtiment des turbines, 2™® période 2® Construction du bâtiment pour six nouvelles turbines . . .
3*^ Achèvement de douze vannes d'entrée
i^ Digue du canal de fuite, 2""« période
5° Draguage (achèvement jusqu'à la Jonction), environ 100,000™' à fr. 2
0^ Deux nouvelles turbines et pompes à haute pression avec leurs raccordements
au réseau à haute pression » 170,000 —
B. Travaux concernant l'utilisation de la force 7<* Complément du réseau hydraulique à haute pression ; canalisation de ceinture » 180,000 —