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Nous donnons ici une série de cas, très résumés, inédits et dus à l’obligeance de notre maître, le Docteur Schulmann, où l’étude des commémoratifs permis de préjuger du diagnostic.
Observ. 1. — Bel. Georges, 27 ans. Exulcération rosée légèrement suintante du gland, non indurée, pleiade ganglionnaire non douloureuse, mobile. Un examen fait en vilie n’a pas montré, la veille, de tréponème. Le malade, ingénieur agricole, célibataire, dit avoir eu depuis 6 mois un seul rapport il y a 3 semaines. Nous basant sur ce fait, malgré l’absence d’'induration ‘et l’absence de tréponème, nous croyons à la syphilis. Un pansement humide est mis sur la plaie et un nouvel examen à l’ultra, fait le lendemain à la clinique, est positif.
Observ. 2. — Dub. Georges, 20 ans. Ulcération peu profonde du sillon balano prépucial, induration douteuse, pleiade ganglionnaire un peu sensible. Pas de tréponèmes à l’examen ultra microscopique. L'aspect objectif du chancre qui est propre, serait plutôt favorable à l'hypothèse de syphilis. Ce jeune homme, élève d’une grande école, est rentré de vacances depuis peu, il n’a eu aucun rapport pendant trois mois et a été il y a quatre jours seulement
dans une maison publique. Le tréponèmeé recherché
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le lenäemain est absent, mais la plaie se modifie et un bubon apparaît comme signature du bacille de Ducrey.
Observ. 3. — Lot. Adèle, 27 ans, modiste, mariée à un capitaine au long cours, a eu des relations durant une absence de son mari et vient consulter pour une ulcération superficielle très légèrement indurée de la petite lèvre du côté droit, ganglions bilatéraux sans caractères. Cette jeune femme n’a eu son dernier coït que un mois auparavant exactement. Nous diagnostiquons une lésion spécifique, qui est confirmée par l'examen ultra microscopique.
Observ. 4. — Dep... André, 31 ans, nous est adressé par son médecin avec le diagnostic d’herpès suspect (?). Ulcération minime, légèrement suintante, rosée, à contours un peu policycliques, le malade s’est lavé au sublimé, ce qui rend la recherche illusoire, quelques ganglions bilatéraux sans grands caractères. Le sujet a eu, dans un port de l'Ouest, il y a trois semaines, des rapports très suspects avec une professionnelle. Nous faisons pour cette raison plus que pour l’aspect objectif le diagnostic du chancre induré au début. La constatation du trépo-
nème, deux jours plus tard, nous confirme notre opinion.
Observ. 5. — Pel.. Jacques, 25 ans, externe des hôpitaux, s’est blessé au cours d’un coîït et s’est cautérisé le lendemain avec une solution de nitrate d'argent au centième à plusieurs reprises. Il vient nous voir trois jours plus tard avec une belle lésion exulcérée, rose, légèrement suintante et nettement indurée. Pas de ganglions. Le jeune confrère nous dit n'avoir eu aucun rapport depuis trois mois. Trois jours ou trois mois nous paraissent anormaux comme date de contagion pour une vérole. La lésion ne ressemble en rien à une chancrelle. Le sujet est examiné pendant trois mois, deux fois par semaine, des Wassemann ont été faits pendant six mois, toujours négatifs. Il s’agit d’une blessure modifiée par le nitrate d'argent, simple chancre artificiel.
On voit d’après ces quelques cas l'intérêt des commémoratifs, ainsi que nous l’avons dit. La dernière observation est surtout intéressante, elle a permis, malgré le caractère impressionnant d’induration, d'éliminer a priori la syphilis pour cause d’impossibilité horaire de contagion.
Le professeur Jeanselme (1), qui a jadis étudié ce problème des données numériques et chronologiques au cours de la syphilis, a cherché aussi à séparer la chancrelle du chancre spécifique. Voici ce qu’il écrit : < :
« Dans le cas où les deux inoculations sont contemporaines, la première manifestation apparaît, deux à quatre jours après le coït, sous l’aspect d’un chancre mou. Plus tard, la base de Fulcération chancrelle peut s’indurer. Mais, très souvent, l’existence du chancre syphilitique, masquée par lé chancre mou, ne peut être que soupçonnée. La recherche du tréponème dans l’ulcération est laborieuse et souvent stérile. L'examen de la sérosité qui s’écoule des scarifications faites sur le versant externe des bords de la plaie chancreuse est souvent négative. Alors, que faire ? On en est réduit à demander la solution du diagnostic à la réaction de Wassermann. Mais à quelle époque convient-il de la pratiquer ? Dans l'hypothèse d’une infection conjuguée chancrello-syphilitique, la réaction ne devra être recherchée qu'à l’époque où l'accident initial présumé serait parvenu au quatorzième jour, et durant la
(1) P. Jeanselme. Quelles sont les données numériques et chronologiques dont le clinicien doit faire état pour établir le diagnostic et la conduite du traitement de la syphilis. Pratique Médicale Française, juin 1924, p. 475-480.
période qui s'étend du quinzième au vingt-cinquième jour.
Ceci étant, je suppose que le sujet porte un chancre mou depuis cinq jours : l’infection date donc de sept à neuf joyrs au maximum. Dans cette hypothèse, il n’y a pas lieu de faire la réaction de Wassermann, puisque l'infection syphilitique, si elle existe, serait en période d’incubation et qu’à cette époque la réaction est constamment négative.
Autre cas : Le sujet est au vingtième jour d’un chancre mou. La contamination syphilitique remonterait donc tout au plus à vingt-deux ou vingt-quatre jours : c’est-à-dire que le chancre infectant, s’il existe, serait à l’état naissant. Or, à cette époque, la réaction est encore négative.
Troisième cas : L’ulcération chancrelleuse est au trente-cinquième jour. La situation est bien différente. Si l’on attribue une durée moyenne de vingt jours à lPincubation de la syphilis, le chanere infectant présumé serait au dix-septième ou au dix-huitième jour. Or c’est du quinzième au vingtième jour après l'apparition du chancre que la réaction de Wassermann se manifeste. Elle doit donc être recherchée dès le trente-cinquième jour d’une chancrelle ; a fortiori au quarantième ou au quarante-
cinquième jour.