NN RES
hypothèse est confirmée par des faits cliniques Sabouraud (1) écrit que, lorsqu'il existe une vaste place d’inoculation, la période de latence est très
raccourcie, voici trois cas que donne cet auteur :
1° Une femme est mariée à un homme ayant des syphilides secondaires de la verge. L’hymen présente trois déchirures. Dès le septième et surtout le huitième jéur, on pouvait prévoir où serait situé le chancre. Tout médecin l'aurait diagnostiqué au
douzième jour.
2° Une femme est atteinte d’un eczéma fissuraire du sein. Neuf jours après la succion du mamelon un chancre paraît probable, il est certain et accompagné d’une adénopathie du douzième au treizième
jour.
3° Un médecin, dont l’index droit est recouvert : d’eczéma fissuré, sectionne l’hymen d’une femme atteinte de plaques muqueuses vulvaires. Huit jours après l’opération, il existe un chancre manifeste du doigt.
Dans la pratique courante, nous nous en rapporterons aux chiffres classiques, mais disons aussi, avant d'apporter des exemples, que, pour avoir une .
(1) Sabouraud, Entretiens dermatologiques, 1, 1922, p. 172.
Er
valeur quelconque, les observations doivent avoir pour sujets des individus dont la vie sexuelle est bien réglée, C’est ce qui arrive pour un mari ou une femme qui, tout à fait exceptionnellement, donnent un coup de canif dans le contrat conjugual : Faventure accidentelle porte une date précise. Ce peut être encore le cas du marin qui atterrit, du paysan qui vient mensuellement à la ville cueillir un plaisir dont il est privé aux champs. II faut ainsi ne pas tenir compte de l’individu dont les épanchements sexuels sont aussi nombreux que variés. Combien de fois, durant la guerre, dans la zone des étapes, les médecins des centres vénériens ont-ils été plongés dans de terribles embarras pour dépister une femme contagieuse : il arrivait que des militaires, le plus souvent des gradés, avaient dans l’ardeur du repos bien gagné, des rapports bi-quotidiens avec des partenaires différentes. Il fallut un jour, à un de mes maîtres, examiner successivement dix-sept femmes pour arriver au foyer des spirochètes incriminés. La difficulté est d'autant, plus grande dans ces cas que les malades ne veulent pas compréndre que lPimprégnation parasitaire est vieille de plus de deux semaines et ils s’acharnent à accuser d’ordinaire une innocente tenue par eux pour suspecte pour une cause tout à fait accessoire.