‹ Utilité des Notions Chronologiques pour le Diagnostic, le Pronostic et le Traitement de la SyphilisChapitre 16 sur 27 · ERREURS CHRONOLOGIQUES A NE PAS COMMETTRE · texte numérisé non relu

ERREURS CHRONOLOGIQUES A NE PAS COMMETTRE

Le médecin doit bien connaître ici, avant tout, l'existence des roséoles tardives, appelées par Fournier roséoles de retour. Très tardivement, des années après le chancre, vingt-quatre ans plus tard dans une observation du Professeur Jeanselme, apparut l’éruption secondaire, en même temps d’ailleurs que des plaques érosives contenant des tréponèmes.

Ici l’écueil est avant tout de ne pas écarter le diagnostic de vérole sous prétexte que le patient l’a déjà eue et de songer au caractère habituellement contagieux des accidents. Cette éruption tardive a d’ailleurs une allure un peu spéciale : elle est beau-

coup moins floride que la première éruption, dis-

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crète, localisée, elle est même parfois rudimentaire. Les éléments sont plus pâles, moins concluants, ils peuvent se borner à quinze ou vingt taches disséminées çà et là sur le tronc, d’un rose pâle ou légèrement teinté de violet clair, sans contours précis, souvent fondues sur la peau saine. Les groupements se font plus volontiers sur le mode circiné que sur le mode annulaire et le diamètre des taches peut être considérable de 2 à 5 centimètres.

Exceptionnellement, ces roséoles attardées peuvent être aboñdantes, profuses même, donner lieu à de nombreuses macules qui se juxtaposent de manière à dessiner sur les flancs, la poitrine, le ventre, des fragments de courbe, des huit de chiffre, qui peuvent même gagner le dos, les bras, les cuisses en anneaux complets ou brisés, en circinations avec plus ou moins de fantaisie.

La première pensée du médecin, peu averti en syphiligraphie, en face d’une telle éruption, est de penser à une cause interne et il recherchera soigneusement aspirine, pyramidon, salicylate, voire même santal ou copahu pour se rabattre, s’il ne trouve aucun médicament récemment ingéré à incriminer, sur une étiologie toxi-alimentaire. Il importe donc de ne pas oublier le temps parfois considérable qui s'écoule entre le chancre et la

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roséole et la possibilité de roséoles redoublées. Il s’agit toujours dans ces cas de malades insuffisamment soignés, chez lesquels le secondarisme, un moment dompté, reparaît à nouveau : c’est dire le danger très grave de contamination de la part d’anciens syphilitiques qui sont bien persuadés qu’ils n'offrent plus aucun danger. La roséoletde retour peut s'accompagner de lésions muqueuses érosives où fourmillent le tréponème. Il est de toute urgence employer à nouveau le traitement d’attaque.

Le Professeur Jeanselme (1) insiste aussi à propos des interprétations chronologiques sur l’imprudence à conclure que le syphilis tertiaire est dépourvu de toute virulence. S'il est vrai qu’il est inhabituel de trouver dans les lésions le parasite infectant, le cas existe et malheureusement les cas de contamination au cours du tertiarisme ne sont pas des raretés absolues,'on en trouve des faits épars dans les auteurs, chez Fournier, chez Mauriac et

chaque année dans les revues spéciales.

(1) E. Jeanselme, loco. cit., p. 477.

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