‹ Utilité des Notions Chronologiques pour le Diagnostic, le Pronostic et le Traitement de la SyphilisChapitre 19 sur 27 · LES DONNÉES CHRONOLOGIQUES FILE PRONOSTIC DE LA"SYPHILTS · texte numérisé non relu

LES DONNÉES CHRONOLOGIQUES FILE PRONOSTIC DE LA"SYPHILTS

En étudiant l'importance des dates pour le diagnostie du chancre et son appréciation clinique, nous avons déjà signalé l’imprécision du temps d’incubation de la syphilis. Nous avons dit que sur lanimal, le singe (Neïsser), le lapin (Finger et Landsteiner, Mulzer) les résultats expérimentalement obtenus ne sont pas concordants. Il est vraisemblable que plusieurs facteurs interviennent, tout d’abord la nature de la porte d'entrée qui peut donner une incubation raccourcie (Sabouraud, Jeanselme) ou allongée (Pearce et Brown). Il est possible que le nombre des tréponèmes infectants puisse

être également la raison de ces variations : les para-

se VU a . sites inoculés en grand nombre — et à plus forte raison si le lieu du contage est vaste — coloniseront et se diffuseront plus vite que si l'infection se fait avec une certaine parcimonie.

Les expérimentateurs insistent également sur la différence de qualité des différents contaminateurs. Selon la souche choisie, on peut obtenir chez le singe et le lapin, des temps variables d’incubation et des formes plus ou moins sévères d’infection (Finger et Landsteiner, Plaut et Mulzer, Pearce et Brown). D’une manière générale, par des passages successifs, sur des animaux de même espèce ou d'espèces différentes, il est possible d’exalter le virus spirochetique et parallèlement d’abréger la période d’incubation. Ceci, cependant, n’est pas absolu et il est des expériences contradictoires où le même produit parasitaire, inoculé dans les mêmes conditions, à des animaux de même portée, donne lieu à des périodes d’incubation qui peuvent être différentes (Pearce et Brown).

Il existe enfin un important facteur personnel, selon les individus, l'organisme oppose une barrière plus ou moins efficace à l’envahissement parasitaire. Il existe des cas très exceptionnels mais certains d’immunité humaine naturelle vis-à-vis de la

syphilis, à côté de ces types extrêmes peuvent jouer

l'allergie ou l’anergie tissulaire et humorale qui favorise ou entrave la pullulation rapide du virus. Chez certains malades, l’incubation sera-t-elle plus longue de ce fait et la virulence pathogène sera-telle modifiée ? Il serait intéressant de rapprocher les durées d’incubation des travaux de Dujardin et Decamps (1) sur le proteine-pronostic qu'ont bien étudié le Professeur Gougerot et Peyre (2). Par l’injection intra-dermique de 0,2 à 0,3 de protéine (hémostyl) on arrive selon les auteurs belges, à dépister le bon malade, celui qui se défend bien, du mauvais dont l’organisme lutte mal. Si le protéinodiagnostic est positif, il y a bon espoir thérapeutique, il indique la capacité de sensibilisation dont dépendront la capacité d'allergie d’abord, la capacité d’immunisation ensuite. Il résulte que dans la syphilis, hypersensibilité tissulaire ou-allergie stigmatise l’infection localisée, réduite à des accidents

volumineux, mais fixée dans sa profession.

Ainsi donc, il faut faire intervenir vraisemblable-

ment dans le pronostic :

(1) Dujardin et Decamps : Influence d’une sensibilisation expérimentale sur l'allergie et les hétéro-allergies. Bull. de la Soc. royale des Sciences mod. et nat. de Bruxelles 1924, p. 176.

(2) H, Gougerot et Peyre : Protéino pronostic de la syphilis par intradermo réaction de protéines non spécifique. Le Monde Médical, 1° décembre 1927. — 1°" février 1928.

ET A 1° Le caractère de la porte d’entrée ; 2° La virulence des germes ;

3° Le nombre de parasites infectants ;

4° La plus où moins grande réceptivité de lPindividu.

Le temps d’incubation a-t-il cliniquement une signification pronostique ? Au premier abord, on serait porté à le croire. On peut en effet se figurer que la prise de possession brusque et sans délai de l'organisme par une maladie est l’indice certaine de sa violence et de sa gravité, tandis que les conditions adverses, c’est-à-dire une longue incubation, est un présage d’indolence et de bénignité. La pathologie générale confirme cela, l'expérience des maladies infectieuses est concordante et le danger des intoxications ne se mesure-t-il pas à la promptitude de leur action ?

Si l’on consulte les vieux syphiligraphes, on trouve quelques arguments en faveur de cette hypothèse. I semble bien qu’au début de l'invasion européenne par la vérole, aux xv°, xvi, xvir siècles, les temps d’incubation étaient beaucoup plus courts qu'aujourd'hui, en revanche les accidents immé-

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diats étaient incomparablement plus sévères qu’actuellement.

Les auteurs du siècle dernier ont étudié avec attention la période silencieuse de l'infection et il ne semble pas, selon eux, qu’il faille tirer un argument pronostic de la longueur ou de la brièveté de lincubation. Mauriac (1), par exemple, a recueilli 20 observations de syphilis grave, dont la durée d'incubation a pu être déterminée, nous en donnons ci-dessous le résumé.

DURÉE DE é ÿ

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