LE PROBLÈME GÉNÉRAL DE LA LANGUE INTERNATIONALE
Nous avons admis jusqu'ici que la langue internationale devait être un idiome neutre, artificiellement combiné. Mais, pourra-t-on se demander, pourquoi n'adopterait-on pas l'une des langues nationales ? Le Professeur Lépine, tout en reconnaissant que « parmi les langues artificielles susceptibles de devenir l’idiome scientifique, l’'Esperanto, dans ces dernières années, a obtenu le premier rang », fait cependant cette réserve que le français, pour ce rôle, aurait bien des avantages.
Certes, le français offrirait de grands avantages, et nous ne le contestons pas. Ses qualités intrinsèques le rendent, en effet, éminemment propre à traiter les questions scientifiques. Son adoption nous dispenserait de l'étude de toute langue étrangère, et seuls les autres peuples seraient obligés d'apprendre la nôtre. Quels avantages ce choix ne nous donnerait-il pas! Le temps que les étrangers consacreraient à l'étude de notre langue, nous pourrions, nous, l’'employer à des recherches scientifiques utiles, et la reconnaissance officielle du français comme idiome international nous conférerait sur toutes les autres nations une supériorité incontestable.