‹ Utilité Et Possibilité De L'adoption D'une Langue Internationale Auxillaire En MédecineChapitre 19 sur 24 · T0 EE · texte numérisé non relu

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Club français qui compte 80.000 adhérents, mène campagne en sa faveur, enfin les ligues internationales : ligues de la paix, unions de jeunes gens, etc., ne tarderont pas à s'en servir. Ce qui ne sera qu'un amusement d'abord — comme pour M. Thiers la locomotive — deviendra vite un précieux moyen de communication. Alors on autorisera, timidement, l’enseignement de l’Esperanto dans les établissements d'instruction publique, où il finira bien par avoir sa place officielle.

Ce jour-là, la langue auxiliaire internationale aura vaincu. L'emploi en paraîtra à tous chose très naturelle, et ce qui surprendra c'est que des hommes, dont l'esprit ne répugne pas absolument à toute idée peu commune, des hommes instruits, des hommes spirituels, intelligents même, aient pu juger la recherche d’une /ingvo internacia utopique, si l’on ose dire, et même passablement ridicule !

L'ESPERANTO

Il ne sera pas déplacé, croyons-nous, de terminer cette étude par un bref exposé de la constitution même de l’Esperanto, et nous ne pouvons mieux faire que de l’emprunter à la plume autorisée de M. Emile Boirac, Recteur de l’Académie de Dijon et Président du Comité Linguistique Espérantiste (!), qui à bien voulu nous y autoriser et que nous sommes heureux de remercier ici.

Beaucoup de gens, dit-il, s'imaginent que les partisans d'une langue internationale se proposent de substituer une langue unique et universelle à tous les idiomes actuellement parlés par l’humanité, et ils crient à l’absurdité et à l'utopie. Cette chimère n’a jamais existé que dans leurs cerveaux, et ce n’est nullement de cela qu’il s’agit. Démontrer qu’il est impossible et qu'il serait fâcheux de détruire la diversité des langues naturelles pour y substituer l'unité d'une langue artificielle, c’est proprement enfoncer une porte ouverte ou se battre contre des moulins à vent.

L'Esperanto, en effet, ne se présente pas au

monde avec le rôle d’organe universel, appelé à

(1) Emile Boirac : Qu'est-ce que l'Esperanto ?

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