AVENIR DE E L' ŒUVRE
Maintenant que nous avons étudié l’organisation, le fonctionnement de l’œuvre; que nous en avons vu, par un ex-. posé d’observations, les merveilleux résultats; maintenant que nous avons dit le but de cette charitable entreprise et que nous avons expliqué comment elle fut créée, nous avons le devoir de dire quelles sont les ressources de cette magnifique œuvre et les services Le l’on pers en attendre dans l’avenir.
Les ressources de l’œuvre proviennent de la générosité de ses amis; soit sous forme de collecte, soit sous forme de dons. D'autre part, fonctionnent une buvette, dont les revenus doivent servir à alimenter la caisse de l’Institut marin. C’est donc grâce à la seule charité que l’on peut maintenir, malgré la vie chère actuelle, un prix de journée très modique et dont on est étonné en considérant le traitement chirurgical, matériel et moral, qu Y reçoivent nos chers petits malades.
Cette œuvre, qui est dans sa deuxième année d’existence, ne reçoit encore aucune subvention de l’Etat, du département ni des communes. Il serait, pourtant désirable que les communes comprissent leur véritable intérêt, en votant des allocations pour soutenir cette œuvre bien française et pour
= 54 = lui permettre d’augmenter le nombre des pensionnaires : mais il ne faudrait pas que cette assistance financière amenât l’ingérence administrative à entraver et à paralyser l'initiative privée, qui, avec des moyens d’action précaires : et insuffisants, a pu créer une telle œuvre et peut seule en assurer le fonctionnement et le développement.
Pour le moment, le châlet et le baraquement ne peuvent contenir que 75 lits, qui sont occupés par des petits malades joyeux, au teint halé par le soleil et la brise de mer.
Les demandes d’admission sont beaucoup plus nombreuses que les lits disponibles, de sorte qu’à grand regret on
ne peut pas encore donner satisfaction à tout le monde.
Le Comité attend donc qu’il soit assez riche pour agrandir, dans des proportions considérables, l’établissement que l’on peut admirer à Palavas et qui a déjà rendu de si grands services.
Le recrutement du personnel chargé des gros travaux crée aussi actuellement de grosses difficultés.
= L'intérêt de l’œuvre de Palavas n’est pas limité au seul
département de l’Hérault, il s’étend à toute la région: Hérault, Gard, Pyrénées-Orientales, Tarn, Ardèche, Avey-
D rON, ete. Toute la région doit done y contribuer et la soutemir. Elle offre d’ailleurs, toutes les garanties désirables
tant au point de vue de l’organisation et du bien-être
- qu’au point de vue du traitement et de la surveillance mé-
dicale. Placée, en effet, à proximité et sous la dépendance de la Faculté de Montpellier, elle profite de toutes les admirables ressources médicales dont celle-ci dispose.
Mais alors que manque-t-il à cette œuvre, dira-t-on, pour se développer, pour prendre son véritable essor? Ne possède-t-elle pas des locaux bien situés et bien aménagés, une organisation parfaite avec tout le confort moderne, un personnel dont le dévouement est au-dessus de tout éloge,
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D | un service médical d’une compétence indiscutable! N at elle pas devant elle l’avenir? N’a-t-elle pas pour elle des
résultats déjà nombreux et pleins de promesses? Oui, c’est
en effet beaucoup, maïs ce n’est pas tout. Il faut lui faire confiance et cesser d’être incrédule. L’incrédulité, dans les sciencés expérimentales lorsque l’expérience est concluante n’est plus de mise. Soyons logiques avec nous-mêmes; il -n’y a pas plus de raison de nier les résultats de la cure hé- liomarine qu’il n’y en a pour réfuter une combinaison chi- mique comme: 2H + O—H°0. Nous acceptons cette réaction comme un dogme intangible. Pourquoi ne pas croire . aux bienfaits du soleil et de la mer, puisque tous les faits sont probants. = PRES
Du: reste, ce n’est pas une méthode moderne, elle date
* des temps les plus anciens. Elle était en honneut chez les Gres ; ceux-ci s’exposaient au soleil sur le sable, ou s’exerçaient à marcher sans vêtements et les pieds nus, sur le sable brûlant. Les lieux où se pratiquait ce sport, étaient généralement situés sur les rives de la mer et portaient , le nom de arénaria ou héliosis. Du temps des Romains à l’époque de Cicéron et de Pline; nous dit Rivier, il existait -des stations climatériques d’héliothérapie marine, et il est piquant de constater que, déjà, les médecins s'étaient tournés vers le littoral méditerranéen de la Gaule.
Et puis pour vivre, que faut-il à l’œuvre? C’est bien simple: des revenus plus importants chaque jour. Qui ne sait pas, dites-nous, que, sans argent, il est impossible de poursuivre sa route? Voilà pourquoi nous nous sommes permis, dans l’introduction à notre thèse, de sonner le rappel à tous les valides que la tuberculose a épargnés — et ils sont encore nombreux heureusement — à tous ceux : que les questions médico-sociales intéressent, passionnent même, aux favorisés de la vie. À tous, nous conseillons de
ne pas fermer leur cœur à la voix du devoir ; de ne pas être
insensibles à la vue des misères humaines que l’on rencon-
tre à chaque pas ; de ne pas vivre dans un égoïsme utilitaire. Du reste, ceux qui s ‘occupent de cette œuvre et qui s’y
dévouent, ne recherchent aucune réclame, ne poussent au-
cune surenchère, ils ne demandent et n’attendent aucune marque de reconnaissance de la part de ceux à qui ils s’intéressent.. Oh! certes non, ils ont voué un trop grand amour à la belle science médicale et chirurgicale, à laquelle ils se dévouent depuis de longues années pour demander autre chose à cette entreprise qu’une bien légitime satisfaction toute professionnelle. - Enfin, l’Institut Saint-Pierre, qui à commencé bien modestement en juin 1918, passède actuellement une certaine importance qui compte déjà et qui va chaque jour en aug. mentant de plus en plus, grâce aux concours, toujours empressés, d’Âmes charitables. Pour l'instant, il ne peut recevoir que 75 pensionnaires; lorsque l’œuvre aura grandi, : d’autres enfants seront heureux, à leur tour de goûter, avec profit, les bienfaits de la cure héliomarine.
- Sans trop présager de l’avenir, nous sommes en droit d’affirmer que l’Institut Saint-Pierre, qui a eu un heureux quoique difficile début et qui à pu vivre grâce à la louable ténacité de ses fondateurs, restera une œuvre de tout pre-
mier ordre, tout à-l’honneur de ceux qui y ont contribué. Dans des temps très proches, nous y verrons un bel établissement qui, tout en étant l’orgueil des organisateurs, sera la fierté de Palavas et, grâce à des efforts, des concours nombreux, on pourra y conserver et même y récupérer (un capital humain considérable, avec sa valeur intégrale (1) ».
dE de Dans un plaidoyer éloquent en faveur de l'héliothérapie.