‹ Œuvre des enfants à la merChapitre 6 sur 27 · HISTORIQUE — CREATION · texte numérisé non relu

HISTORIQUE — CREATION

Ë e RAR Palaväs-les-Flots (Hérault) a été érigé en commune vers 1850. Son territoire est formé de banes de sable et de ter- ©. rains d’alluvions du Rhône, déposés par les flots et consti- . tuant le cordon du littoral méditerranéen du Rhône à Cette. Autrefois, petits ilôts entre la mer et les étangs salés, ON 4e n’y avait accès que Par eau, avec des barques, par le Lez canalisé, dont l’embouchure, au Grau, sert de refuge aux bâteaux de pêche. I n’y avait là alors que de simples «eabanes » en chaume et en roseaux, habitées par les pêcheurs. ee

Actuellement Palavas-les-Flots, qui est une « plage admirable de sable fin de 6 kilomètres de longueur avec des dunes » (1); située à 10 kilomètres de Montpellier, ville de. 100.000 habitants, grand centre universitaire, à vingt minutes par chemin de fer et à quarante minutes par voiture, este à relié au continent par des bandes de terrains provenant | Re du dessèchement des marais salés. : SR ce.

Les moyens de Communication récents se composent G’une route: chemin départemental de Ganges à la mer à {ravers Montpellier, et d’une voie ferrée: ligne d’intérêt

(1) Docteur Saussol. 5

— 1>- on nn de l'Hérault (Montpellier-Palavas), construite en 1873. Sur la rive droite, comme sur la rive gauche, la plus fréquentée, nous trouvons des villas, des châlets, des hôtels, un casino, etc., qui ont, complètement, transformé le Palavas ( des Cabanes », en une magnifique station balnéaire

‘qui ne demande qu’à se développer de plus en plus chaque

année. C est un séjour agréable de par sa situation au mi-

lieu d’une région très favorisée par la nature, qui suscite,

dans l’âme des gens, l’irrésistible besoin. de la mer bleue et du soleil d’or. On y goûte la joie de la lumière, la grande

‘richesse de la végétation. D’un côté, on a l'immense et

splendide nappe bleue, sans brume, sans brouillard même léger ; de l’autre, la plaine verdoyante et, dans le fond, de sveltes collines qui se confondent avec le ciel d’azur, sans compter les merveilles architecturales et anciennes que l’on peut rencontrer et admirer dans les environs immédiats de cette plage et dont nous ne pourrions parler avec détails

sans sortir du cadre de notre sujet.

Ce sont là, comme on le voit, des avantages précieux, surtout au point de vue moral. Ce sont des facteurs psychi-

. ques considérables dans une cure. Tout cela repose l’esprit en même temps que le corps; tout cela réjouit à la fois, la

vue autant que le cœur.

Palavas offre encore trois précieux avantages que l’on ne trouve nulle part ailleurs en France: le climat très sec, la proximité d’une grande ville et d’une Faculté de médecine. En effet, la proximité d’une grande ville comme Montpellier facilite considérablement le ravitaillement de l’Ins-

titut, médicalement et matériellement et: elle procure aux familles en villégiature à Palavas de réelles commodités

pour l'instruction des enfants non malades. La présence d’une Faculté de médecine à 10 kilomètres lui donne une vitalité médicale toujours plus intense avec le secours indis-

racer 1 Pos VRP SORA MAN Ke à re

| pensable de laboratoires outillés et de ressources chirurgicales nombreuses. |

Il y à plus de quarante ans, le Bureau de bienfaisance de Montpellier avait organisé, dès l’apparition du chemin de fer, un service de bains de mer, pendant la saison d'été, pour les indigents de la commune. Des milliers d ‘enfants, des familles ouvrières de la ville ont retrouvé la santé et des forces au grand air pur du littoral. Les départements du Gard et du Vaucluse, avaient imité notre ville universitaire, en procurant, dans ce même lieu, au bord de la mer, d’excellentes vacances aux enfants de leurs écoles. Enfin le modeste abbé Emprin, avec l’aide de généreuses bienfaitrices, avait pris l'initiative de créer, en 1899, une maison de bains de mer, sur la rive gauche, pour les enfants pauvres. Mais cette maison, inaugurée en 1900, inachevée par suite de la mort prématurée du fondateur, n’a pu répondre que de façon-incomplète à à Sa destination. Toutefois, elle a servi, six mois de l’année, de mai à octobre, pendant la période de 1900-1914, aux enfants des orphelinats de la. ville. Son fonctionnement, interrompu durant toute la guerre, vient de reprendre cette année pour la saison d’été et toujours dans le même but, On y voit, alternativement, filles ou garçons des orphelinats, conduits par des religieuses, venir se fortifier et puiser de la santé sur le littoral méditerranéen. Î

En somme, tout ce qui a été fait où ibnté jusqu” 1Ci ci à Palavas, se résume en ces quelques mots: maison de vacances et de bains de mer pour enfants pauvres, Surmenés par une longue année scolaire, ou privés d’air et de soleil, dans, les quartiers insalubres habités par leurs parents. C'était là évidemment de belles et louables entreprises, mais, jamais encore on n’avait songé à utiliser, sur cette e plage, les grandes ressources de la cure « hélio- -marine }.

juin

Institut Saint-Pierre — Début en

Frappés, à juste titre, de ce manque de sanatorium marin

à Palavas, à proximité de Montpellier et, d’une manière générale, dans toute la région, où l’on put soigner les en-

fants atteints ou menacés de tuberculose, de rachitisme, ete. x

quelques Montpelliérains se sont réunis, et ont fondé, au printemps de 1918, l’ « Œuvre des Enfants à la Mer ».

: Qu’on nous permette d’adresser ici l'hommage de notre reconnaissance émue et de notre admiration profonde, à tous ceux qui ont contribué à une telle œuvre. Ils peuvent être fiers de leur généreuse initiative et de l’élan spontané

de leur cœur, en en constatant, chaque jour, les heureux

résultats chez nos petits malades, qu’ils ont sauvés de li In-

: Fu pour ne pas dire de la mort.

Cet établissement, inauguré, à la rive droite, F 14 : juin

| 1918, dans des baraques de fortune, sur un terrain gracieu-

sement offert, a eu des débuts modestes et n’a fonctionné que pour les ambulants seulement jusqu’à fin septembre Pendant cette période, grâce à la générosité des nombreux amis de l’Œuvre, on a pu faire séjourner à la mer plus

de 100 enfants, qui ont fourni plus de 1.500 journées de

présence.

Stimulé par les « résurrections » obtenues, résolü à ne pas laisser tomber l’ Œuvre, à l'automne 1918, mais, au con-

traire, à l’agrandir dans 1 intention d’en faire un véritable

Sanatorium susceptible d’hospitaliser de petits malades, le

C'omité s’est installé dans un très beau châlet, dû à la cha-

rité éclairée, au dévouement, à l’intelligente initiative et à

l esprit d'organisation de M. et Mme Albert Giniez, qui en

firent l’acquisition pour cette œuvre. Il fut aménagé avec

beaucoup de soin, par ceux qui ont à cœur de donner plus de bien-être à nos petits malades. | Après tant de bienfaits, dont nous leur sommes redeva-

bles, nous ne pouvions pas, dussions-nous blesser leur pro-

ès ’ à % DE

: — 18 — fonde modestie, ne pas citer leur nom dans ce modeste travail, nous nous autorisons à leur dire, de la IR Pre de tous les chers petits, un cordial merci.

Ce cordial merci s’adresse aussi à notre maître, M. le docteur Estor, l’éminent et distingué professeur de clinique chirurgicale et d’orthopédie, qui, malgré de multiples OCCUpations déjà très absorbantes, n’a pas hésité à se consacrer de tout cœur aux petits malades de Palavas. Sans ménager ni son temps, ni sa peine, il leur a prodigué bénévolement, : depuis la création de l’Institut, des soins éclairés et expérimentés. Nous nous permettons, donc, de lui dire toute l’affection reconnaissante et admirative que lui réservent, sans distinction, les enfants de Palavas.

Voilà sommairement indiqué comment fut créée cette mirable entreprise qui porte, actuellement, le nom d’ ÇInstitut marin Saint-Pierre », situé tout à l’extrémité de la rive droite, loin des marais, dans un site paisible, à l’écart et particulièrement favorable au traitement des malades.

On à ainsi répondu aux vœux que formait toute notre Faculté de médecine et que M. le D' Forgue, professeur de clinique chirurgicale, a magistralement exprimés, il y a quelques années, dans une conférence sur la tuberculose en chirurgie. « Combien cette œuvre, dit-il, en parlant de la lutte contre la tuberculose, serait plus salutaire, si nous pouvions, au lieu de conserver nos tubereuleux opérés dans les salles d'hôpital, signer leur billet de sortie pour un sanatorium marin! Nous avons, à moins de 10 kilomètres, la mer bleue, ensoleillée et miroitante, la brise vivifiante, la plage sablonneuse, à pente douce, lavée par les flots. Le remède est aux portes de la ville. Si, au lieu de s’étaler en nappe infinie, cette eau jaillissait par une source de médiocre débit, nous voudrions tous y courir ». + ne

fostitut Saint-Pierr

e en juillet 1919 — Bain de soleil dans le sable

Met

< CHAPITRE Il

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