RAIDE INTRODUCTION
La paix est signée, notre tâche d’après-guerre commence;
; nous avons gagné la victoire, il faut gagner maintenant la paix.
: Où en sommes-nous ? Une population de 39 millions d’ha-
bitants; 1.500.000 soldats morts au champ d’honneur, un
mort sur vingt-six habitants ; 300 à 400.000 estropiés à peu
près; une natalité médiocre allant chaque jour en dimi-
nuant; une mortalité toujours croissante ; des rachitiques,
des tuberculeux de toute nature, des anémiés ; toute une
catégorie d’héréditaires, de prédisposés en général : enfants
de parents tuberculeux, séniles, alcooliques, syphilitiques,
etc, etc.; aussi des enfants chétifs et malingres, nés de
parents surmenés, élevés dans un appartement confiné, mal
aéré, jamais ensoleillé, dans une promiscuité dangereuse,
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tant au'point de vue moral qu ’au point de vue physique, ayant une alimentation insuffisante ou malsaine. Voilà ce que l’on constate quand on regarde la réalité en face.
Que d’amères réflexions viennent à l’esprit de quiconque envisage froidement l’avenir de notre pays. Que faut-il faire? Que peut-on faire POLE le plus grand bien de- notre race?
Il faut se placer a devant la réalité On ne doit pas oublier les admirables qualités de notre sublime
population dont nous avons eu une preuve indiscutable du-
rant le formidable cataclysme qui vient de ravager Je monde. Nous devons travailler résolument à notre relèvement, et, ( quelles que soient nos doctrines, quelles que. soient nos idées particulières, nous sommes, en effet, unanimes à penser que la France ne doit pas périr, et nous avons tous également la conviction que si des générations entières dé nos concitoyens ont sacrifié leurs vies pour sauver notre pays d’une destruction militaire, 1l nous incombe, à nous autres survivants, de parfaire leur œuvre en défendant notre nation sur ce terrain 6 éconornique où nous savons aujourd’hui que la vie des peuples ne se joue pas moins | dangereusement que dans le choc. sanglant des armées » (5, Pour triompher sur le terrain 6 économique, comme nous l’avons fait sur le champ de bataille où s’est : joué notre honneur, notre vie, notre indépendance, il faut des hommes forts et sains, c’est pourquoi nous pensons qu’il faut lutter contre les fléaux qui menacent notre peuple à sa base en nous ravissant nos trop rares enfants. Nous devons, done, nous unir pour arracher, chaque année, des milliers et des milliers de petits êtres innocents aux marques indélébiles de la maladie qui, si nous n y prenons pas garde, sont
(1) Lysis. Vers la démocratie nouvelle.
Le
voués à une infirmité définitive Eone notre plus grand malheur.
C’est une belle et noble bataille, celle-là aussi, don nous devons encourager, sous toutes les formes, les heureuses initiatives privées. L’arme sûre et fidèle dont nous dispo- Sons pour cette À âpre lutte, nous la connaissons, depuis longtemps : c’est un remède infaillible, aux succès déjà très nombreux et indiscutables, qui, non seulement, guérit, mais encore préserve. Nous voulons nommer le « bord de la mer ».
Nous avons done cru de notre devoir de répondre au vœu le plus cher de M. le professeur Estor et de tous les fondateurs ou bienfaiteurs de l'Œuvre en écoutant M. le docteur Aimes, chef de clinique de chirurgie infantile, qui a bien voulu nous inspirer ce beau sujet, en adoptant comme thèse de doctorat en médecine, l’ « Œuvre des Enfants à la Mer, Institut marin Saint-Pierre à Palavas ».
Nous nous efforcerons, dans ce modeste travail, de mon- - trer les raisons, le but, les résultats de cette magnifique entreprise due au seul concours d’âmes charitables qui veu- Jent faire œuvre utile. Nous terminerons par un bref exposé de l’avenir de cet Institut marin, appelé à rendre, comme tant d’autres de son espèce, de réels services à notre pays et à notre population tout entière.
Au moment où la lutte contre la tabérentose, l’alcoolisme et leurs néfastes conséquences, est à l’ordre du jour, il ne peut y avoir sujet plus captivant et plus passionnant pour tous ceux qui s'intéressent à notre avenir et aux hautes questions médico-sociales. À eux et aux favorisés de la fortune, nous dédions ces humbles pages, dans l’espoir qu’ils sauront comprendre leur devoir et écouter leur cœur.
Aux du Cire publics et à l’Administration, nous demandons une bienveillante atention pour cette œuvre véritablement d’utilité publique et nationale, A