‹ uvre poétiqueChapitre 16 sur 54 · LA FEMME ADULTÈRE · texte numérisé non relu

LA FEMME ADULTÈRE

Par ses cheveux épars une femme entraînée,

Qu'entoure avec clameur la foule déchaînée,

Paraît : ses yeux brûlants au Ciel sont dirigés.

Ses yeux, car de longs fers ses bras nus sont chargés.

Devant le Fils de l'Homme on 1 amène en tumulte.

Puis, provoquant l'erreur et méditant l'insulte.

Les Scribes assemblés s'avancent, et l'un d'eux :

« Maître, dit-il, jugez de ce péché hideux ;

Cette femme adultère est coupable et surprise :

Que doit faire Israël de la loi de Moïse? »

Et l'épouse infidèle attendait, et ses yeux

Semblaient chercher encor quelqu 'autre dans ces lieux ;

Et la pierre à la main, la foule sanguinaire

S'appelait, la montrait : « C'est la femme adultère !

Lapidez-la : déjà le séducteur est mort ! »

Et la femme pleura. — Mais le juge d'abord :

« Qu'un homme d'entre vous, dit-il, jette une pierre :

S'il se croit .sans péché, qu'il jette la première ! »

Il dit, et, s 'écartant des mobiles Hébreux,

Apaisés par ces mots et déjà moins nombreux.

Son doigt mystérieux, sur l'arène légère,

Écrivait une langue aux hommes étrangère.

En caractères saints dans le Ciel retracés...

Quand il se releva, tous s'étaient dispersés.

Écrit en 1819.

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