I . M. Rœderer. ( Note de l'Éditeur
sont fondées la plupart des réclamations qui déplaisent si fort à M. le Maire? N'était-ce pas la peine de nier ou de justifier les rébellions, les meurtres dont on les accuse? Car c'est pour cela qu'ils ont été chargés, non pas de nosferSy mais de ceux des malfaiteurs. N'est*il pas plaisant d'exprimer tout cela par le mot ensuite? Il est assurément fâcheux pour M. le Maire que sa prudence ait exigé de lui cette lacune chronologique, qui doit avoir coûté beaucoup à sa bonne foi.
« Ce n'est pas l'aUtorité qui la provoque ( cette « fête ). »
Les hommes qui ne connaissent aucun partie et qui méprisent les subterfuges et les sophismes , raisonnent : ainsi ils disent : voilà une fête où les monumens publics, le Champ-de-Mars, l'autel de la Patrie , sont employés à quelques cérémo^ nies; où la gendarmerie > la garde nationale, sont commandées pour marcher dans une procession, etc. Or, dans un pays qui est témoin d'une telle fête , de deux choses Tune : ou c'est Tautorité qui la donne, ou il n'y a point d'autorité dans ce pays-là.
ce C'est le vœu des citoyens qui la donne. » De quels citoyens? De combien de citoyens?
« Si personne n'eût vu que ce qui est, tout se «c serait passé sans bruit.»
Si tout le monde eût vu ce qui est, une pareille infamie n'eût jamais eu lieu.
« Des esprits sombres ont rêvé des malheurs. » Dacis un tems où la Constitution est chaque jour violée par ceux qtii s'en disent les amis; quand ks lois sont impuissantes, par Faudace de ceux qui doivent leur être soumis, et par l'ineptie oa la connivence de ceux qui doivent y soumettre tout le monde; lorsque tous les principes de la morale et de l'humanité sont corrompus par des déclamations atroces et honiiddes; lorsque plusieurs propriétés sont envahies, et que toutes sont menacées; lorsqu'on élève des trophées à l'assassinat et aa brigan^ge , et que le meuvtre des magistrats qui meurent pour la Loi excite à peine quelques stériles regrets , et s'enseveUt bientôt dans l'indifférence et dans l'oubK ; lorsque tous les hommes qui plaident pour la justice, pour l'bumaiaité, pour les lois, sont traités comme des efmemift publics; qae toutes^ les autorités légitimes sont livrées à la dérision et à t'insuilîe; que des confréries privées gouvernent là France, et que ces magistrats demeurent les valets des dubs qui les ont faits; aliors ce ne sont point des réi^eurs ni des esprits sambres y ce sont les esh prits justes et les coeurs droits qui appr^endent des malheurs , et qui voudraient les prévenir, en
apprenant à taiïs les citoyens qu'il faut s'instruire et examiner, en étant le masque à toutes les passions et à tous les vices , en arrachant le sceptre aux usurpateurs qui tyrannisent au nom de l'Égalité, et en rendant les imbécilles à leur nullité, et les méchans à leur fange.
M. le Maire dit ensuite que ceux qui ont parlé du plan de cette fête ont attribué à ses auteurs des projets auxquels ils n'avaient point pensé ; et il cite quelques<*unes de ces idées qu'on leur impute, en assurant que ce sont autant de mensonges et de perfidies. Quant à moi , je n'ai rien qui me porte à en juger autrement, lorsque je me rappelle dans quels journaux nous avons tous vu publier et approuver. ces mêmes idées et d'autres semblables; mais je m'étonne que les rédacteurs de ces journaux ne soient point de bons Patriotes aux y»ix de M. le Maire; ou bien je m'étonne que M. le Make n'ait pas lu ces journaux, au moins a]»rè& qju'ils ont été imprimés.
(T Des lièelles , des placards incendiaires , ont <c paoNi..»
Il est vrai qu'il en parait beaucoup tous les jours, saas compter ks lettres qu'on écrit à ses concitoyens, qu'on affiche partout, et qui, ne respirant que les préventions les plus aveugles, le dévouement à un parti, et la haine de quiconque hait les partis,, ne sont propres qu'à ir-
aoo MÉLANGES.
riter et encourager les passions de la multitude contre ceux qui ne veulent ni la servir ni se servir d'elle. Quand ces lettres sont Touvrage d'un magistrat public, elles forment assurément le placard le plus incendiaire dont on se puisse faire l'idée.
M. le Maire parle ensuite avec une juste indignation de ceux qui désirent voir la désunion entre la Municipalité et le Département de Paris : il les appelle des hommes qui ne respirent que le trouble. Tous les bons citoyens sont, en cela, de son avis ; et c'est ainsi qu'ils ont tous jugé de ces discussions qui furent portées, il n'y a pas long-tems, à l'Assemblée nationale, et qui eurent du moins cet avantage, de faire entendre au public une doctrine saine et vraie , éloquemment développée par le Procureur-général, sjmdic du département', c'est-à-dire, par un magistrat qui méritera l'estime de ceux même qui ne seraient pas en tout d'accord avec lui ; par l'ardeur , l'intelligence et la ténacité qu'il met à remplir son devoir , et à faire prospérer la portion de la chose publique qui lui a été confiée.
4c Si cette fête n'eût rencontré aucun obstacle , ce il était impossible qu'il en résultât aucun mal. »