AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR
Le génie y rarement héréditaire dans les familles, semble s'être de préférence transmis de père en fils dans celle des Chénier. Marie Joseph et André sont désormais assez connus pour qu'il soit nécessaire de les louer ; la Postérité même est arrivée pour leurs œuvres; mais, avant eux, leur père, après avoir honorablement rempli de hautes fonctions diplomatiques , s'était fait connaître par deux ouvrages fort estimables : l'un sur Y Histoire des Maures, et l'autre sur les Révolutions de l'Empire ottoman. Il n'est point jusqu'à leur mère, qui, née comme eux sous le beau cief de la Grèce , et comme eux digne d'une telle patrie, n'ait voulu payer aussi son tribut aux lettres, qui devaient illustrer à jamais le nom d'une famille déjà si recommandable par ses vertus privées. Madame Chénier, d'une beauté rare, dit-on, et d'un esprit très-cultivé, inséra dans le Voyage littéraire de Guys deux lettres sur la Grèce moderne. C'est sur ces deux lettres pleines d'érudition et d'intérêt, mais généralement peu connues, que nous appelons toute l'attention des lecteurs. Nous nous appuierons même, s'il le faut, d'une autorité irrévocable, de celle de M. Guys, qui termine ainsi la préface de son ouvrage :
« Je n'ai pas moins profité des remarques de M™* et de « M. Chénier, consul de France à Maroc, que j'avais connus « à Constantinople : ces derniers connaissent les Grecs mo- « demes aussi bien que M. et M°*<^ Dacier connaissaient les « anciens. »
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