‹ Œuvres anciennes d'André ChénierChapitre 7 sur 26 · I II · texte numérisé non relu

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1. OetMrtHû coucèine les édlGces religieux. Fojéiz plus I^m lé cliap. intitulé Des dispensions des prêtres. CNotc df VÉdit.)

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le courage de nous dire (t. VI, p. îîo3) : si cette religion existait ^ nenfaudrait^il pas étouffer les 'ministres sous les débris de leurs autels? et ailleurs (t. X, p. 145 ): s'il existait dans un recoin d'une contrée y soixante mille citoyens enchaînés par ces vœux (chasteté, pauvreté, obéissance), qu* aurait à faire de mieux le Souverain que de s'y transporter avec un nombre suffisant de satellites armés de fouets , et de leur dire : sortez ! canaille fainéante y sortez ! Aux champs! à Vagricukurel aux ateliers! à 'la milice! On extrairait de votre livre vingt pages de ce ton , qui , suivant beaucoup de bons esprits, n'est ni celui de l'humanité, ni celui de l'histoire.

' 'Tant et de si frappantes contradictions doivent embarrasser beaucoup les vrais amis de votre gloire; et je suis de ce nombre plus que vous ne pensez. Que pourront-ils répondre à celui qui jugera votre démarche d'après l'importance que Vôtre renommée attache à tout ce qui vient de vous? Il observera que, pendant deux années entières, les plus grandes questions qui puissent occuper des hommes se sont succédé dans des discussions d'où dépendait le sort de l'empire, sans qu'une fois vous ayez présenté à la Patrie 1(5 fruit de vos veilles et de vos travaux; sans qu'une fois vous ayez offert votre aide à l'Assemblée nationale pour la diriger dans une difficulté, pour lui inspirer ou lui éclaircir un doiite, pouf*

lui épargner une erreur, pour lui indiquer un écueil. £t c'est au moment où nous sommes près dé donner de l'importance à de ^misérables querelles ecclésiastiques ; c'est au moment où quelques méchans et quelques insensés affichent, foUément à la vérité, des espérances parricides, et où des brouillons et des factieux de tous les partis n'épargnent rien pour ébranler l'édifice naissant, et discréditer les lois sous lesquelles nous devons vivre, que votre lettre parait! Un tel ouvrage, dans de telles circonstances, ne semble- t-il pas arraché à votre vieillesse trompée, dans l'intention d'étayer de l'autorité de votre nom des projets sinistres, et d'entretenir par-là ce désordre et cette anarchie dont vous vous plaignez , ainsi que tous les gens de bi^n? Il est incontestable que votre lettre peut produire cet effet; et je vous demande si cette idée vous laisse tranquille, et si vous croyez un pareil succès capable d'honorer vos vieux jours.

Je n'ai pas la prétention extravagante de vous offrir mes conseils; mais je ne puis me refuser quelques réflexions sur la belle occasion qu'avait l'abbé Raynal de servir encore la liberté, et d'illustrer son retour dans une ville dont le despotisme superstitieux lui avait fermé l'entrée ' . C'est

I. Le Parlement de Paris proscrivit , le a 5 mai 1781, V Histoire philosophique de Tabbé Raynal, et ordonna que cet ou-

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ce qu'il eût fait, s'il: eut <çxacteinent rempli la promesse donnée en son noiti à TAssemblée nationale; s'il eût soumis l'ouvrage de nos législateurs à un examen critique et judicieux, sans passion et sans flatterie, tel qu'on devait l'attendre de lui. Il n'aurait pas répété qu'op: a tout détruit, au lieu de se borner à la réforme des abus; il aurait cherché si cela était possible ; il aurait discuté si beaucoup de vieilles institiitiotis, très-vicieuses, trèsétroitement liées entre elles, et profondément enracinées dans les habitudes même et daiis les opinions des hommes, peuvent être réformées Tune après l'autre; il aurait félicité le genre humain d'une déclaration des droits de l'homme , de cet acte vraiment authentique, de cette charte ineffaçable , qu'on ne peut plus déchirer dès qu'une fois elle est écrite; il aurait suivi, comparé les con-

vrage fat brûlé. Il décréta même l'auteur de prise de corps. L'abbé Raynal se vit donc forcé de s'enfuir précipitamment de France. Il parcourut rAllemagne , fit un voyage à Berlin ; et Ton sait combien il eut à se féliciter de l'accueil honorable que lui fit le grand Frédéric dans la capitale de ses États.

Le i5 août 1790, l'Assemblée nationale^ sur la rédaction proposée par les députés Yoidel etMalouet, annula, comme contraire aux droits naturels et imprescriptibles de l'homme , le décret lancé par le Parlement de Paris contre l'abbé Raynal et son Histoire philosophique.

Un mois après, l'abbé Eaynal remercia l'Assemblée dans une lettre pleine de dignité, et lui adressa une rétractation des erreurs qui lui avaient échappé dans ses ouvrages. {Note de l'Éd.)

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séquences que l'Assemblée nationale en a tirées , leurs rapports, leurs influences mutuelles; il aurait éclair ci, réuni, rectifié; puis il aurait pesé les obstacles de toute espèce qu'elle a eus à vaincre ; il l'aurait affermie, éveillée, encouragée. De là, il serait passé à l'examen de ses fautes; il en eut développé les causes et les remèdes; il eût tonné sur les passions privées qui ont quelquefois traversé l'intérêt général; il eût démasqué, et les hypocrites de royalisme, et les hypocrites de patriotisme, mêlant aux éloges et aux reproches* de ces aperçus lumineux, de ces conseils d'une prudence fondée sur la connaissance des hommes et des choses : et tout cela énoncé avec cette simplicité noble, cette gravité majestueuse, digne du sujet, digne de la vérité.

Ouje suis bien trompé, ou une lettre écrite dans cet esprit n'eût pas été moins digne d'une âme forte et fière , et eût été plus utile à la chose publique et à votre gloire; et l'Assemblée nationale, qui n'a pu que supporter celle que vous lui avez adressée, l'Assemblée nationale, que certes on n'accusera pas d'avoir manqué de vénération pour les génies illustres, eût accueilli ces leçons de l'expérience et de l'étude avec la reconnaissance due au zèle , et le respect dû à l'âge et aux talens.

Voilà quelques-unes des réflexions que m'a fait naitre votre lettre à l'Assemblée nationale. Plusieurs lecteurs ti'ouveront mauvais que j'aie osé

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vous les communiquer. Us riront de voir au commencement mon nom obscur assis à côté de votre nom célèbre ; et cette disparate ne manquera pas de leur inspirer beaucoup de bons mots. Ces sortes de remarques trouvent toujours quelqu'un qui s en empare : car elles sont commodes pour l'amour- propre. Elles tiennent lieu de réponse aux yeux de beaucoup de gens; et il ne faut que peu ou point d'esprit pour les faire.

Vous avez agi en homme libre , en disant votre pensée à l'Assemblée nationale : j'agis de même en vous disant la mienne. Je ne vous ai point parlé un langage de parti : le peu de personnes qui me connaissent savent que je n'ai jamais été attaché à aucun parti, que je n'ai rien fait pour plaire à aucun, que je n'en servirai aveuglément aucun, et qu'un ardent désir du bonheur des hommes est la seule passion que je porte dans les discussions politiques. Ne voyez surtout dans ma franchise nul dessein de vous offenser. Quelles que soient vos opinions, quelles que soient les miennes, je n'oublie pas le précepte sage et humain d'un législateur antique : Lève^toi devant la tête blanchie , et honore la présence du vieillard. J'espère que l'auteur de la lettre à l'Assemblée nationale m'excusera d'oser citer Moyse à l'auteur de X Histoire philosophique.

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