ACTE II, SCÈNE V
J’y suis ! j’y suis, Bertrand!
Ah ! quand pourrons-nous reconnaître Un aussi grand bienfait?
DU GUESCLIN
Dans ce moment peut-être.
( A Hongar. )
Prends cet or. D’où te vient cet air déconcerté ?
HONGAR.
Cet or ?
ISS A CAR.
Il n’en veut pas !
DU GUESCLIN
Est-ce honte ou fierté ?
De mourir dans les fers si tu n’as pas l’envie.
Prends , dis-je ; tu peux bien devoir la liberté A celui qui te doit la vie.
ISSACAR
Sublime !
HONGAR.
C’est m’offrir l’une et l’autre à la fois.
Mais cette somme est plus forte, je pense,
Que celle qu’il me faut; après tout, je ne dois Que cinq mille écus d’or... La bourse, je le vois. Contient...
De quoi parer à toute ta dépense ,
Comme à tous tes besoins. N’as-tu pas tout perdu?
igo LA RANÇON DE DU GUESCLIN.
Toi qui veux rentrer en campagne,
Mon pauvre cadet de Bretagne ,
Sans argent, comment feras-tu?
Voilà justement ton affaire.
ISSACAB.
Oui.
HONGAR.
J’accepte le nécessaire ;
Mais s’il se trouve ici du superflu.^...
DU GUESCLIN
Ma foi ,
Pour un autre tu n’as qu’à faire Ce qu’aujourd’hui l’on fait pour toi.
HONGAR.
Payons d’abord notre corsaire.
Grâce au ciel, mon argent m’est revenu.
HONGAR.
Suis-moi.
(Ils sortent.)