SCÈNE I
PLÉBI, FELTON, BREMBRO, gardes
dans l'éloignement.
BREMBRO.
Il faut en convenir : le général Chandos Ne pouvait relâcher Guesclin plus à propos Et mieux servir nos entreprises.
C’est le modèle des vainqueurs.
Sur ma foi, vivent les grands cœurs Pour faire les grandes sottises !
PLEBI) à Felton.
Mais vous, quel intérêt vous a fait désirer De voir du Guesclin face à face Quel fruit d’une entrevue espérez-vous tirer? Puisque ce diable d’homme est rentré dans la place.
i(j8 LA RANÇON DE DU GUESCLIN.
Le coup est manqué, quoi qu’on fasse,
Et le meilleur parti c’est de nous retirer.
FELTOIf.
Mon cher Plébi , je le confesse ,
Je ne m’étais pas attendu A retrouver Guesclin dans cette forteresse.
Ainsi que vous d’abord je croyais tout perdu;
Mais la réflexion m’a rendu l’espérance ;
Et je crois, non sans fondement.
Que du Guesclin dans ce moment Pourrait fort bien montrer plus d’assurance Qu’il n’en a véritablement.
PI.ÉBI.
A conclure ainsi qui vous porte ?
FELTON
Quelques mots à ce juif échappés. Dieu merci.
Dans le bonheur qui le transporte.
Et dont le sens bientôt va nous être éclairci.
Du Guesclin est rusé presque autant qu’il est brave ;
Mais de l’honneur il est surtout esclave.
Loin donc de m’en laisser imposer par son air.
Par le ton menaçant cpi’il affecte de prendre;
Avant de renoncer à l’attaquer, mon cher.
Je viens savoir s’il est en droit de se défendre.
Mais le voici.