SUITE, GARDES
Salut. Je crois lire en vos yeux.
Milord , je ne sais quelle gêne :
Elle est très naturelle, et je conçois sans peine Qu’on soit peu satisfait de me voir en ces lieux ;
Je conçois surtout qu’on y vienne ,
Quoique brave, pour y chercher D’autres figures que la mienne.
Mais lorsque du beau sexe on veut se rapprocher. Entre nous , devrait-on s’y prendre De manière à l’effaroucher ?
Si donc auprès de vous il refuse à se rendre ,
Ne l’en accusez pas, et daignez me conter,
A moi qui suis chargé de le représenter.
Ce que de votre bouche il refuse d’entendre.
FELTON
Sire Bertrand, je crois avoir prouvé Que je fuis peu votre rencontre;
Et, jusqu’à mes revers, il n’est rien qui ne montre Qu’au champ d’honneur on m’a souvent trouvé.
Trêve donc à la raillerie ;
Je la crois déplacée en cette occasion Où j.sur votre invitation ,
Je viens...
Quoi faire, je vous prie?
FELTON
La question doit m’étonner.
DU GUESCLIN
Quoi qu’il en soit , milord , ne pouvez-vous m’apprendre...
FELTON
Je viens chercher les clefs que vous devez donner A quiconque osera les prendre.
DU GUESCLIN
Les prendre entre mes mains , milord !
Or, dites-moi, pour y prétendre Vous sentiriez-vous assez fort?
' FELTON
Vous sentiriez-vous assez libre,
Monseigneur, pour m’en empêcher?
En vain vous voulez le cacher ,
Nos moyens ne sont pas en parfait équilibre.
DU GUESCLIN
Et de là vient votre sécurité.
FELTON
Au reste , un mot de vérité Peut dissiper ou combler mes alarmes.
Jurez-moi donc sur votre honneur