‹ ŒuvresChapitre 112 sur 241 · SUITE, GARDES · texte numérisé non relu

SUITE, GARDES

Salut. Je crois lire en vos yeux.

Milord , je ne sais quelle gêne :

Elle est très naturelle, et je conçois sans peine Qu’on soit peu satisfait de me voir en ces lieux ;

Je conçois surtout qu’on y vienne ,

Quoique brave, pour y chercher D’autres figures que la mienne.

Mais lorsque du beau sexe on veut se rapprocher. Entre nous , devrait-on s’y prendre De manière à l’effaroucher ?

Si donc auprès de vous il refuse à se rendre ,

Ne l’en accusez pas, et daignez me conter,

A moi qui suis chargé de le représenter.

Ce que de votre bouche il refuse d’entendre.

FELTON

Sire Bertrand, je crois avoir prouvé Que je fuis peu votre rencontre;

Et, jusqu’à mes revers, il n’est rien qui ne montre Qu’au champ d’honneur on m’a souvent trouvé.

Trêve donc à la raillerie ;

Je la crois déplacée en cette occasion Où j.sur votre invitation ,

Je viens...

Quoi faire, je vous prie?

FELTON

La question doit m’étonner.

DU GUESCLIN

Quoi qu’il en soit , milord , ne pouvez-vous m’apprendre...

FELTON

Je viens chercher les clefs que vous devez donner A quiconque osera les prendre.

DU GUESCLIN

Les prendre entre mes mains , milord !

Or, dites-moi, pour y prétendre Vous sentiriez-vous assez fort?

' FELTON

Vous sentiriez-vous assez libre,

Monseigneur, pour m’en empêcher?

En vain vous voulez le cacher ,

Nos moyens ne sont pas en parfait équilibre.

DU GUESCLIN

Et de là vient votre sécurité.

FELTON

Au reste , un mot de vérité Peut dissiper ou combler mes alarmes.

Jurez-moi donc sur votre honneur

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