LA DAME DU GUESCLIN ET CLÉMENCE
La paix !
CAUREL A I.
Si ma vitesse eût égalé mon zèle ,
Quel malheur j’aurais prévenu !
Le malheur n'est pas grand, Caurelai , puisqu’en somme Nous avons repoussé Felton sans perdre un homme. Mais lui , d’affaire encor n’est pas sorti.
CAURELAI.
Vous auriez pu lui faire un fort mauvais parti...
DU GUESCLIN
Si certain usurier n’eût remporté la somme D’où dépendait ma liberté...
CAURELAI.
Si vous vous étiez su racheté...
CLÉMENCE, LA DAME DU GUESCLIN
DU GUESCLIN
Racheté !
CAURELAI.
Quand j’y pense, pour lui vraiment la peur me gagne.
DU GUESCLIN
Je serais racheté
CAURELAI.
Oui , racheté.
DU GUESCLIN
Chanson !
Qui diable a payé ma rançon ?
CAURELAI.
Qui? la duchesse de Bretagne
DU GUESCLIN
Non l’épouse du duc que je combattais ?
CAURELAI.
Si.
DU GUESCLIN
Je lui devrais ma délivrance ?
CAURELAI.
Oui.
DU GUESCLIN
Je m’étais cru jusqu’ici Le plus laid chevalier de France ” ;
Je change d’avis; et, ma foi.
Puis-je faire autrement, ma femme ,
Quand une belle et noble dame