‹ ŒuvresChapitre 117 sur 241 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

CLÉMENCE, LA DAME DU GUESCLIN

N’allez pas oublier vos serments !

CLÉMENCE

Le penser,

Ah ! ma tante c’est l’offenser.

Lui-même il se faisait injure Quand il osait douter de lui.

Des chaînes où le sort le retient aujourd’hui ,

Sa parole seule était sûre ;

D’ici , bien qu’il se soit enfui ,

Il la tiendra.

Felton, abusant de la chaîne Où la loyauté le retient,

Vient jusque sous ses yeux dévaster son domaine.

Dans sa fureur s’il se contient ,

Sa force , ma Clémence , est vraiment plus qu’humaine.

CLÉMENCE

Jamais le courage et l’honneur 3. i4

N’ont été mis à plus cruelle épreuve.

LA DAME DD GUESCLIN

Alternative affreuse et neuve Où l’excès de vertu l’a jeté.

CLÉMENCE

Quel bonheur

Qu’il soit ici pourtant ! On le voit , on le nomme , On sait qu’on agit sous ses yeux.

Est-il si bon soldat qui ne vaille encor mieux S’il sait être vu d’un grand homme ?

LA DAME DU GUESCLIN^ regardant par la feneire.

Au dehors, mon enfant, que s’est-il donc passé

CLEMENCE

Il semble que l’ennemi cède.

Un secours imprévu viendrait-il à notre aide

CLÉ MENCE

Si Glisson... L’assaut a cessé.

Plus de feu , plus de bruit ; mais la cloche résonne.

CLÉMENCE

Eh! n’est-ce pas minuit qui sonne ?

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