ACTE I, SCENE I
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« Non, non, cesser de l’espérer,
« Mélidore jamais ne deviendra mon frère.
PHROSINE
« Non , rien ne peut m’en séparer ;
•> Mélidore est l’amant qu’entre tous je préfère.
aimar.
« 11 est des nœuds plus doux « Que mon choix vous destine.
PHROSINE
« Il n’est qu’un seul époux « Qui convienne à Phrosine.
AIMAR
« Celui que je choisis « Compte sur ma promesse.
PHROSINE
« Celui que je chéris « Compte sur ma tendresse.
AIMAR
A m’obéir il faut songer.
PHROSINE
« Mon cœur ne peut se dégager.
AIMAR
« J’ai peine à retenir l’excès de ma colère.
. PHROSINE, à part.
« Mon amour est plus grand encor que sa colère.
AIMAR
« Non , non, cessez de l’espérer.
25a PHROSINE ET MÉLIDORE.
« Mélidore jamais ne deviendra mon frère.
PHROSINE
« Non, rien ne peut m’en séparer;
« Mélidore est l’amant qu’entre tous je préfère. »
PHROSINE
Mon frère , ah ! contemplez d’un œil moins prévenu Le digne objet de l’amour qui m’anime ;
N’a-t-il donc pas à votre estime Les droits que sur mon cœur lui donna la vertu ?
AIHA.R.
11 a quelques vertus ; tout Messine l'assure : Mais, né d’une famille obscure...
PHROSINE
Il en a plus d’éclat. Eh ! ne vaut-il pas mieux Tenir ce qu’on vaut, de soi-même.
Que le tenir de ses aïeux
Dans Messine on l’estime, on l’aime.
Lui connaissez-vous un égal En courage, en grâce, en adresse.^
Dans le dernier tournois il n’eut point de rival.
XIMAR.
Il me vainquit, je le confesse;
Le ciel sait si je m’en souviens !
PHROSINE
Ne tient-il pas, parmi nos citoyens.
Le premier rang par sa richesse ?
AIMA R
D’avantages pareils mon cœur est peu jaloux.