‹ ŒuvresChapitre 126 sur 241 · ACTE I, SCÈNE I. a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. a

Qu’ils séduisent l’âme commune :

Moi , je cherche dans ton époux Plus de gloire que de fortune.

Tel est celui que, dans ce jour,

Un choix éclairé vous destine;

Tel est le fier Roland, que son rang, son amour. Rendent seul digne de Phrosine.

Qu’à mes yeux ces titres sont vains !

AIMAR

Vous ne connaissez pas à quel point vous honore Celui que d’injustes dédains...

PHROSINE

Je ne connais que Mélidore.

AIMAR

La raison sans doute et le temps Triompheront de cette résistance.

PHROSINE

Le temps peut hien changer les vulgaires amants ;

Mais que peut-il sur ma constance ?

AIMAR

Obéir est votre devoir.

J’ai promis votre foi.

PHROSINE

Ma foi.i’ je l’ai donnée.

AIMAR

Oubliez-vous qu’en mon pouvoir Un père, en expirant, mit votre destinée?

Qu’il m’a remis le soin de tous vos intérêts?

Qu enfin je remplis ses projets ,

Quand je presse cet hyménée ?

PHROSINE

Ces droits que votre orgueil ose ici réclamer, Oubliez-vous qu’un frère avec vous les partage ? Qu’il devient mon recours lorsque pour m’opprimer Vous prétendez en faire usage?

N’attendez rien de moi jusques à son retour.

AIMA R

Ce retour ne tardera guère ;

Et dans Messine, avant la fin du jour,

Vous aurez revu votre frère.

Loin de douter que mes projets Soient approuvés par sa prudence ,

Profitez de ces courts délais Pour rentrer dans l’obéissance.

Quant à ce Mélidore, objet injurieux De cette résistance étrange ,

Si jamais il osait reparaître en ces lieux ,

Sa présence y serait un outrage à mes yeux ;

Et vous savez si je me venge.

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