‹ ŒuvresChapitre 133 sur 241 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

PHROSINE

Comme Phrosine en sa tendresse.

^ MÉLIDORE

Jiüe, plus sensible que lui,

Devait nous prêter un appui.

Il a reparu dans Messine.

PHROSINE

Il a vu les pleurs de Phrosine ;

Ces pleurs ont été superflus.

Nous n’en devons plus rien attendre; Ce jour qui vient de nous le rendre , Ne nous rend qu’un tyran de plus.

MÉLIDORE

Pour exciter cette rigueur extrême , Hélas! quel crime ai-je donc fait?

Il ne me connaît pas.

PHROSINE

Triste et bizarre effet

D’un transport que je n’ose approfondir moi- Sa jalouse amitié, dans son égarement.

Prétend que je renonce à tout engagement.

MÉLIDORE

Et tu te soumettrais à ce qu’il te commande !

Le ciel sait si j’ai combattu.

MÉLIDORE

O ma Phrosine , m’aimes-tu ?

même !

PHROSINE

Mélidore me le demande !

MÉLIDORE

Phrosine , sens-tu comme moi Le courage qu’amour inspire ?

PHROSINE

J’ai tout celui qu’il donne , et c’est assez te dire Que je n’ai pas celui de renoncer à toi.

MÉLIDORE

Eh bien, à mon projet, Phrosine, ose souscrire. Eh ! de tes fiers tyrans qu’importent les dédains !

Il te soustrait à l’injustice :

Ton sort , qu’il met entre tes mains , Dépend de ton courage et non de leur caprice : En le rejetant tu nous perds.

PHROSINE

Quel est-il ce projet?

MÉLIDORE

Sur les bords de cette île Qu’on voit non loin du port s’élever sur les mers , Loin d’im monde ingrat et pervers.

Un pieux solitaire a fixé soi> asile.

A servir les hommes qu’il fuit Il a consacré sa jeunesse;

Et des secrets du ciel , par le ciel même instruit , Jeune encor, d’un vieillard il montre la sagesse .

Consolateur de tous les malheureux ,

Sa pitié peut finir et ta peine et la mienne.

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