‹ ŒuvresChapitre 142 sur 241 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MÉLIDORE

AIR

« Du mal affreux qui me dévore n Rien ne peut calmer la rigueur ;

« L’espérance a fui de mon cœur,

« Et mon amour y reste encore.

« Puis-je avant mon dernier soupir « Espérer , hélas ! qu’il en sorte :

« Partout en vain je veux le fuir,

« Partout avec moi je l’emporte.

« Que l’aspect de ces lieux est pénible à mon cœur ! « C’est ici qu’avec moi Phrosine dut se rendre ;

« C’est ici qu’elle dut couronner im bonheur

aSo PHROSINE ET MELIDORE.

•« Qu’il ne m’est plus permis d’attendre.

« Souvenir qui fais mon tourment,

« Espoir long-temps si plein de charmes,

<• Malheur ou crime d’un moment,

■< Que vous me coûterez de larmes !

O toi qui dans ces lieux as trouvé le repos j Toi qui vois du même œil, du haut de ce rivage. Les caprices du sort , l’inconstance des flots , Vertueux habitant de cet antre sauvage,

Daigne m’associer à tes pieux travaux;

Aide-moi , s’il se peut , à supporter des maux Qui sont plus forts que mon courage !

Mais quoi ! le solitaire est absent de ces lieux. Que vois-je ? quel écrit s’est offert à mes yeux (Il lit.)

La mort a fermé ma paupière.

J’ai perdu ce jour qui te luit.

Toi qu’ici le hasard conduit Ne rejette pas ma prière.

Dès long-temps , de ma faible main ,

J’ai dans cet antre souterrain Creusé ma retraite dernière.

Dépose une vaine poussière Dans ce froid séjour de la paix ;

Et, maître de cet ermitage,

Dès ce moment ton héritage.

Accepte bienfaits pour bienfaits.

C’est un abri contre l’orage.

Page 1