MÉLIDORE, PHROSINE
MÉLIDORE
Cruelle ! ainsi vous fuyez Mélidore ,
Quand le ciel veut nous rapprocher !
PHROSINE
Dans l’excès de nos maux peut-on me reprocher D’en vouloir éviter de plus affreux encore
HÉLIDORE.
Le plus affreux , hélas ! c'est de nous séparer.
PHROSINE
C’est de nous retrouver ! Par quel malheur extrême, Est-ce de vous que je viens implorer De la force contre vous-même ?
MÉLIDORE
Celui près de qui , comme vous ,
Je cherchais un remède au chagrin que j’endure,
De l’inflexible mort a ressenti les coups ,
Et de mes mains reçu la sépulture.
Pour prix de ce bienfait, nommé son successeur. J’en ai reçu, Phrosine, avec un grand exemple.
Et cet habit, conforme à l’état de mon cœur,
Ce roc où fut un antre et qui devient un temple.
PHROSINE
Evènement fatal !
MÉlilOORE.
Heureux évènement !
Bien heureux , puisqu’il nous rassemble.
PHROSINE
La douleur du départ va payer chèrement
Cet instant de bonheur que nous passons ensemble.
MÉLIDORE
Tu parles de m’abandonner En ces lieux même où l’hyménée De ses mains à jamais devait nous enchaîner !
Que m’avais-tu promis ?