‹ ŒuvresChapitre 153 sur 241 · MÉLIDORE, PHROSINE · texte numérisé non relu

MÉLIDORE, PHROSINE

MÉLIDORE

Cruelle ! ainsi vous fuyez Mélidore ,

Quand le ciel veut nous rapprocher !

PHROSINE

Dans l’excès de nos maux peut-on me reprocher D’en vouloir éviter de plus affreux encore

HÉLIDORE.

Le plus affreux , hélas ! c'est de nous séparer.

PHROSINE

C’est de nous retrouver ! Par quel malheur extrême, Est-ce de vous que je viens implorer De la force contre vous-même ?

MÉLIDORE

Celui près de qui , comme vous ,

Je cherchais un remède au chagrin que j’endure,

De l’inflexible mort a ressenti les coups ,

Et de mes mains reçu la sépulture.

Pour prix de ce bienfait, nommé son successeur. J’en ai reçu, Phrosine, avec un grand exemple.

Et cet habit, conforme à l’état de mon cœur,

Ce roc où fut un antre et qui devient un temple.

PHROSINE

Evènement fatal !

MÉlilOORE.

Heureux évènement !

Bien heureux , puisqu’il nous rassemble.

PHROSINE

La douleur du départ va payer chèrement

Cet instant de bonheur que nous passons ensemble.

MÉLIDORE

Tu parles de m’abandonner En ces lieux même où l’hyménée De ses mains à jamais devait nous enchaîner !

Que m’avais-tu promis ?

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