ACTE II, SCÈNE VII
PHROSIN E.
Je le puis seule.
MÉLIDORE
Ah! pourquoi m’affliger?
C’est à moi de tenter cette pénible route.
Le droit m’en appartient.
PHROSINE
Je le puis sans danger;
Le droit m’en appartient sans doute.
Apprends, depuis qu’Aimar fut blessé par ton bras. Que des gens affidés , en tous lieux , à toute heure , En armes, suivent tous mes pas,
Et gardent ma triste demeure.
A leurs yeux vigilants tu n’échapperais pas.
Mais pour fuir sans être aperçue ,
Ce canal , où souvent je m’exerce à nager Avec Aly, ma compagne assidue ,
Et que jusqu’à la mer on voit se prolonger.
M’offre encore une heureuse issue.
Un pilote , gagné par l’or.
Dans tes bras, cette nuit, conduira ton amante. Sitôt que d'un fanal la clarté bienfaisante Au sein de ces rochers m’aura montré le port.
' MÉLIDORE
A ce projet, ah! tout mon cœur s’oppose.
PHROSIXE.
Par lui seul aujourd’hui notre sort peut changer.
MÉLIDORE
Dans un bonheur qui t’expose ,
Je ne vois que ton danger.