‹ ŒuvresChapitre 159 sur 241 · RONDEAU · texte numérisé non relu

RONDEAU

« Astre d’amour, heureux flambeau ,

« Ranimez l’espoir de mon âme ;

» Brillez de la plus vive flamme ,

« Brûlez d’un feu toujours nouveau.

« A Phrosine , dont le courage « Affronte les flots et la mort ,

• Par votre éclat, sur ce rivage,

« Montrez le bonheur et le port.

■* O ciel ! (jue mon cœur implorait ,

<t Quand son départ causait ma peine ,

PHROSINE ET MÉLIDORE. 3o3 « Ajoute à ton premier bienfait :

« Un doux zéphyr me l’enlevait;

« Qu’un doux zéphyr me la ramène.

( Les repos da reste de ce monologue sont marqués par la musique. ) Ah ! que l’amour est intrépide!

Seule , au ipilieu des matelots ,

Une femme faible et timide Qui n’a que ce fanal pour guide ,

Affronter la nuit et les flots!...

Jamais nuit ne fut plus obscure!

D ou vient que je désire et je crains tour à tour.'* Rassurons-nous, tout dort dans la nature ;

Oui, tout, hors la haine et l’amour !

Frères cruels! amante inestimable et rare!

Voici l’heure où ton sort aux flots est confié ,

Où la nef qui te porte a franchi la moitié Du court trajet qui nous sépare...

Bridants désirs, modérez-vous.

Un moment, un moment encore,

Et l’amour réunit, en dépit des jaloux.

L’amante à son amant , l’épouse à son époux ,

Ma Phrosine à son Mélidore!

D’où vient qu’aucun astre ne luit.

Et que l’obscurité redouble ?

Est-ce donc mon œil qui se trouble ?

Est-ce la foudre? O formidable bruit Qui retentit dans mon âme craintive î

3o4 PHROSINE ET MÉLIDORE.

Ne vois-je pas de tous côtés Des matelots épouvantés En foule aborder sur la rive?

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