GUILLAUME, BUREN
BUREN
Mon pèrel
O ciel ! y pensez-vous ?
Mon père !...
BIIREN.
GDII.I.ACME.
Un Espagnol embrasser mes genoux !
BUREN
Un Espagnol , mon père ! Ah ! l’infortune et l’âge Ont-ils donc à ce point altéré mon visage Que le sang des Nassau, qué vous m’avez transmis , En moi s’offre à vos yeux sous des traits ennemis ?
Si ce n’est à ses traits , ah I du moins à sa joie Reconnaissez le fils que ce jour vous renvoie.
GUILLAU ME.
Buren ! Buren !... Ah ! viens sur ce cœur consolé ,
Fils par mes vœux en vain si long-temps rappelé;
Fils que de l’Espagnol l’inflexible colère A si long-temps puni des succès de ton père.
Tu vis! mais que de maux n’auras-tu pas soufferts ? Tandis que des Flamands ma main brisait les fers ,
De Philippe à Madrid les fureurs inhumaines Augmentaient et l’étreinte et le poids de tes chaînes. Et j’avais la frayeur à chaque exploit nouveau D’avoir aigri l’orgueil de ton royal bourreau. Pourtant je n’ai rien fait pour désarmer sa rage. Pardonne-moi, mon fils, cet effort de courage ; Pardonne-moi, mon fils, d’avoir prouvé quinze ans Que mon pays m’est cher autant que mes enfants. Mais que dis-je ? oublions un mal qui se répare.