SCÈNE IL
BARNEVELDT, S AINTE-ALDEGONDE, BRÉDÉRODE, ROUBAIS, et autres
MEMBRES DES ETATS. Ils entrent par différents cotés.
BARNEVELDT, À Sainte- Aldegonde.
Vous ici !
SAINTE-AEDEGONDE.
Seriez-vous étonné de ni’y voir?
Y siéger est mon droit ainsi que mon devoir.
Aux états, Bameveldt, je viens prendre ma place. L’armée aussi voudrait savoir ce qui se passe. BRÉDÉRODE
Jamais projet plus vaste et si bien concerté.
N’a menacé nos droits et notre liberté.
A son dernier moment elle touche peut-être.
BARNEVELDT
Quoi ! ee ministre à peine ici vient de paraître , £t déjà les soupçons dans nos murs sont rentrés! Et les ressentiments dans les cœurs concentrés , Tout prêts à s’exhaler, comme un lointain orage, Déjà par le murmure ont signalé leur rage I
BRÉDÉRODE.
Cet homme est Espagnol, on peut s’en défier.
s AINTE-ALDEGONDE.
On peut en craindre tout sans le calomnier.
BARNEVELDT
Je le crois : mais encor sachons ce qu’il demande.
Le bien de l’état même exige qu’on l’entende.
Loin d’affecter l’orgueil que d’Albe ’s eut autrefois, Quand du sombre Philippe il nous dictait les lois ,
A quelque dignité joignant la modestie,
Il parle de concorde, et non pas d’amnistie.
BRÉDÉRODE.
La concorde ! en est-il entre son maître et nous Que l’esclavage?
SAINTE-ALDEGONDE
Au fait , vous dissimulez-vous Que par une autre route on veut nous y conduire ? N’ayant puaious dompter, on cherche à nous séduire.
BARNEVELDT
Cet émissaire eftt-il des projets ennemis,
J’aime encor qu’on l’écoule , et qu’il lui soit permis
D’exposer au mépris de la fierté batave
Dans la même personne et le maître et l’esclave.
BRÉDÉRODE.
Et si dans les états leurs vœux sont appuyés !
BA RNEVELDT.
Des mépris qu’un perfide aurait seul essuyés,
Un membre des états partagerait la honte.
ROUBAIS
Honte donc à Nassau !
SAINTE-ALDEGOJJDE.
Qui l’a dit?