‹ ŒuvresChapitre 51 sur 241 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

Au cœur de son parti, qui fuirait, sans combattre. Aussitôt que le trône , à son maître échappé ,

Par un de nos héros se verrait occupé.

De ce trône , où je vois l’empreinte de la honte , Régénérons l’honneur : qu’au vieux titre de comte ,

Si long-temps odieux au Batave irrité ,

La vertu rende enfin sa vieille autorité.

Le droit de gouverner cette terre affranchie N’est plus un droit du sang; c’est un droit du génie. Du tyran qu’aujourd’hui ce droit soit transporté Au plus ferme soutien de notre liberté :

Que Nassau règne , enfin ! Bien que je le désigne ,

Un autre aura mon choix , s’il en est un plus digne. Mais je vois dans les yeux de chaque citoyen Que le vœu général s’accorde avec le mien ,

Avec la volonté sous ce pli renfermée :

Nassau , souscrivez-y; c’est celle de l’armée.

( n lui remet une lettre. )

GUILLAUME

Qui .•* moi ! que j’y souscrive ! et de quel droit , soldat , Oses-tu décider du destin de l’état?

De quel droit notre armée ainsi dispose-t-elle Des biens du peuple entier par vous mis en tutelle ? Ah ! plus j’y pense, et plus j’ai lieu de m’étonner! Faite pour obéir , l’armée ose ordonner !

Nos états, fatigués de leur indépendance.

Vous ont -ils investis de toute leur puissance.

Et du droit qu’usurpa l’orgueilleux souverain

Qui nous dictait des lois les armes à la main ?

Mais, l’eussiez-vous ce droit, je n’ai rien à vous tlire, Si ce n’est qu’à vos lois je ne saurais souscrire.

De Philippe accepter l’héritage aujourd’hui ,

N’est-ce pas se montrer plus lâche encor que lui N’est-ce pas avouer qu’épris du rang suprême ,

Au nom du peuple, enfin , j’agissais pour moi-même? J’agissais pour toi seul , peuple ! reprends tes droits : Pour toi les rois sont faits , et non toi pour les rois. Moi votre comte , moi ! de l’état je suis l’homme.

D’un plus beau nom jamais se peut-il qu’on me nomme? J’en connais tout le poids, et je le soutiendrai ;

J’en connais tous les droits , et je les maintiendrai ’s. Retournez à l’armée 5 et là, si leur estime Veut bien dans votre erreur ne pas trouver im crime, Attendant des états les ordres absolus.

Contents d’exécuter, ne délibérez plus.

BARNEVELDTÿ à l'ambassatleiir.

Vous l’avez entendu, vous à qui j’en appelle.

La république a-t-elle un soutien plus fidèle.^

LAMBASSADEUR. (Ils s'avancent sur le devant de la scène. )

Non, sans doute.

B RÉDER ODE.

Ah ! combien j’abjure avec horreur Le soupçon qu’a tantôt accueilli mon erreur !

Ah ! contre moi plutôt cent fois tomner ma rage,

Que de frapper ce cœur où l’honneur , le courage ,

Où toutes les vertus qui font un chevalier.

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