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SCÈNE I

ISSACAR, seul d’abord; il est assis près d’une table, et occupé à faire des comptes; FELTON. '

ISSACAR

Allons, maître Issacar, cela ne va pas mal.

Sans me donner beaucoup de peine , J’aurai, ma foi, dans la quinzaine.

Presque doublé mon capital.

Fidèle observateur de la ldi de Moïse ’ ,

i56 LA RANÇON DE DU GUESCLIN.

Je ne fais toutefois que ce qu’elle autorise :

Aussi Dieu bénit-il le travail de mes mains ,

Et m’a-t-il fait trouver fortune Jusque dans les malheurs qu’il prodigue aux humains... Pour leurs péchés... La guerre, en nos temps si commune, Pour moi loin d’avoir des dangers,

Remplit ma maison d’étrangers ,

Qui , le verre à la main , oubliant leur rancune , Stipulent, entre deux chansons.

Des enrôlements , des rançons ,

Des congés... Je fournis et le vin et les fonds,

Et fais deux récoltes pour une.

Car chacun me trouve au besoin;

Et je joue ici plus d’un rôle.

Non content de tenir mon auberge avec soin ,

Je prête à tous, sur tout, excepté sur parole.

Même celle de du Guesclin.

Non pas que le plus grand de tous les capitaines A manquer de foi soit enclin;

Mais tout homme est mortel , et si tous ses domaines Ne valaient pas cent fois quinze mille écus d’or Que je lui procurai pour se tirer des chaînes,

Et quinze mille écus cpi’il me demande encor.

De mes recouvrements qui pourrait me répondre ? Autant vaudrait prêter sur les brouillards de Londre, Ou sur le billet d’un Gascon.

Mais n’en est-ce pas un que ce monsieur Felton, Qui, deux fois par Guesclin fait prisonnier de guerre,

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