‹ ŒuvresChapitre 86 sur 241 · HO N GAR · texte numérisé non relu

HO N GAR

En ce cas , sans délai souffrez que je m’en aille.

Vous êtes bien pressé d’aller chercher des coups.

HONGAR.

Mieux vaut en recevoir sur le champ de bataille Que de mourir d’ennui chez vous.

ISSACAR

On ne dispute pas des goûts;

Et le meilleur des goûts, après tout, c’est le nôtre.

i54 LA RANÇON DE DU GUESCLIN.

Liberté sur ce point pour moi vaut un trésor;

Vous me voyez donc prêt à vous rendre la vôtre, Moyennant cinq mille écus d’or.

HONGAR.

Cinq mille écus d’or, Juif ! me prends-tu pour un autre ?

ISSACAR

Pour votre honneur et pour le mien ,

C’est cinq mille écus d’or; je n’en puis rien rabattre.

HONGAR.

Ciel, cinq mille écus d’or! Felton qui me vaut bien S’est racheté deux fois pour tpiatrè.

ISSACA R.

Vous êtes envers vous bien injuste aujourd’hui.

Pour Felton, sire Hongar, j’ai la plus haute estime;

Je sais tout ce qu’il vaut ; mais, encore , est-ce un crime De vous estimer plus que lui ?

HONGAR.

Je n’entends rien à ce langage.

Sinon que de ma gloire on a pris trop de soins ,

Et qu’on me plairait davantage Si l’on m’estimait un peu moins.

Pour cinq mille écus d’or, bourreau , tu me délivres , Où les prendrai-je ? dis ! peux-tu ne pas savoir Que mes chiens, mes chevaux, mes terres, mon manoir. Ne valent pas cinq mille livres.^

ISSACAR

Mais vous avez un bien qui vaut mille fois plus ,

Sans poids , sans valeur intrinsèque ,

Page 1