‹ ŒuvresChapitre 96 sur 241 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

CLÉMENCE

Comment ?

LA DAME DD GUESCLIN

Te mêles-tu d’astrologie ?

CLEMENCE

Pour la comprendre, il faut avoir votre génie.

l’abbé.

Toi , tu n’as que du jugement.

CLÉMENCE

Or voici mon raisonnement:

Si le juif est un honnête homme,

Depuis cinq jours mon oncle a dît toucher la somme Qu’attendait Jean Chandos. Rien n’arrêtant ses pas,

Il arrivera donc....

Il n’arrivera pas.

CLÉMENCE

Pourquoi , ma tante i*

Un jour de sinistre présage,

Un vendredi, tu veux qu’il se mette en voyage ” ? L’homme prudent, un pareil jour.

Je le dis à qui veut l’entendre.

En affaire, en guerre, en amour,

Se garde de rien entreprendre.

Ton onclé à ce sujet était bien prévenu.

Et de cet avis, en campagne.

Pour le bonheur de la Bretagne ,

Que ne s’est-il souvenu !

11 n'eût pas compromis sa liberté.

CLÉMENCE

Ma tante,

Dans l’art d’expliquer tout comme de tout prévoir , Je sais quel est votre savoir :

Je vous avouerai donc qu’un doute me tourmente.

Explique-toi.

CLEMENCE

Suivant ce qu’on nous enseigna,

C’est bien un vendredi que , faute de vous croire , Du Guesclin perdit la victoire ;

Mais c’est un vendredi que Chandos la gagna.

Ce jour, que le pouvoir céleste Marqua du sceau de son courroux ,

Devait pourtant être funeste A nos ennemis comme à nous.

l’abbé.

Elle a, ma foi, raison.

CLÉMENCE

D’où vient donc... ?

Taisez-vous.

Ces secrets-là sont lettres closes ,

Pour vous comme pour moi ; seulement sachez bien Qu’en fait de vérité, Clémence, il est des choses Où la raison ne comprend rien.

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