‹ ŒuvresChapitre 99 sur 241 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Qu’Il vient consommer l’alliance Du seigneur de Clisson avec toi , ma Clémence ;

Et qu’il te donne en dot quinze mille écus d’or.

ISSACAR

Voyez s’il y manque une pièce.

liA DAME DU GUESCLIN.

Sache enGn que ce soir il veut vous marier.

J’y suis prêt, et ce m’est un surcroît de liesse.

( A Clémence. )

Et toi, pour obéir, te feras-tu prier.'*

Mon oncle m’est trop cher pour le contrarier.

Mais c’est un vendredi , ma nièce.

l’abbé.

Ne parlons que de son retour.

CLEMENCE, à la dame da Guesclia.

Je vois qu’autant que nous ce retour vous contente.

Pour moi , d’un jour de deuil il fait un heureux jour.

CLÉMENCE

Mais c’est un vendredi, ma tante.

LA DAME Dü GUESCLIN.

( A demi-Toix. )

Taisez- VOUS, folle... Et vous, Issacar, dites-moi ,

De mes bijoux avez-vous fait l’emploi ?

CLÉMENCE

Des bijoux! cet objet me regarde, je gage.

ISSACARÿ à demi-voix.

De vos bijoux j’ai fait usage ,

Et réparti l’argent emprunté sur ce gage Conformément à votre volonté ;

Cet écrit en rend témoignage :

Au denier trente on a prêté;

Et c’est pour rien en vérité.

Que de pauvres soldats votre bonté soulage !

LA DAME DU GUESCLIN, à Clémence.

Vous écoutez ?

CLEMENCE

J’entends.

Quelle indiscrétion!

CLÉMENCE

Ma tante, elle est ici très légitime,

Et vous seule avez tort en cette occasion.

Pourquoi vous cachez-vous d’une bonne action Comme on se cacherait d’un crime

Page 1