L’ABBÉ, CLÉMENCE, LA DAME DU GUESCLIN, DU GUESCLIN, ISSACAR
ISSACAR
Chut , voici monseigneur : il m’a suivi de près.
DU GUESCLIN
Quand on vient embrasser une femme , une fille ,
On presse un peu le pas. J’avais un cheval frais ,
Et qui si lestement a fourni sa carrière Qu’il semblait partager mes propres intérêts ,
Et bref m’a fait laisser mes amis en arrière.
Mes bons parents , mes bons amis ,
Nous voilà donc encore ime fois réunis !
( li embrasse son oncle. )
LA DAME DU GUESCLI1V
Sera-ce pour long-temps ?
DU GUESCLIN
Hélas! non, et pour cause.
Or , comme de mon mieux je prétends employer Le peu de temps dont je dispose ,
Clémence, dès ce soir je yeux te marier.
Ce soir! Plus d’un obstacle à ce projet s’oppose.
i8o LA RANÇON DE DU GUESCLIN.
DU GUESCLIN
Par vous ce mariage est-il désapprouvé ?
Au contraire.
DU GUESCLIN, à son oncle.
Et VOUS ?
l’abbé.
Moi, j’approuve fort la chose.
Attendons que du moins ce jour soit achevé.
DU GUESCLIN, regardant son oncle.
L’aumônier est prêt, je suppose.^ l’abbé.
Mais l’époux n’est pas arrivé.
DU GUESCLIN
Vraiment! A ce motif sans doute il faut se rendre. Attendons le futur, puisque enfin aujourd’hui Rien ne peut se faire sans lui.
Toutefois sa lenteur a droit de me surprendre.
Nous étions plus courtois jadis en pareil cas.
( A sa femme. )
N’est- il pas vrai.^ ce n’était pas L’époux qui se faisait attendre.
Si près de nous Clisson tarde à se rendre.
Croyons qu’ailleurs la gloire a retenu ses pas.
, CLÉMENCE
Rien de plus sûr.
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