SCENE V
M. Passe-Partout^ Champagne^ Margot^ Bourguignon^ tnadame Cotteret^ madame Rognon,
CHAMPAGNE
Votre valet, M. Passe-Partout ; d'abord, voilà la pièce ; écrivez, s'il vous plaît.
M. PASSE-PARTOUT
Quoi r que faut-il écrire ?
BOURGUIGNON
Que Margot est grosse de moi ; je ne sais pas tant tourner autour du pot.
CHAMPAGNE
Il s'agit bien ici de pot ni de cruche ! écrivez, monsieur, que son fruit m'appartient ; pardi ! je vous ai donné la pièce, vous me devez l'écriture.
BOURGUIGNON
Comme si je n'avois pas de pièce aussi-bien que toi ? tenez : voilà la mienne.
M. PASSE-PARTOUT
J'entends à présent; mais comme vos affaires sont absolument communes, elles iront sur le même papier.
CHAMPAGNE
C'est votre métier, gouvernez ça comme vous l'entendrez.
BOURGUIGNON
Tout comme il vous plaira.
Madame rognon.
Tout comme le eu vous pellera. Mais voilà qui est admirable; comment ! je verrai mettre ma nièce en écriture, et je ne parlerai pas !
M, PASSE-PARTOUT
Ma bonne, faites silence, s'il vous plaît; procédons, à présent. Vos noms, vos qualitez r
Champagne, bourguignon.
Laquais suivant nos maîtres.
M. passe-partout.
Et la fille, que dit-elle à tout ceci ?
MARGOT, avec une révérence.
Monsieur, je ne sais que faire.
M. PASSE-PARTOUT
C'est-à-dire qu'elle ne sait à qui des deux appartient l'enfant. Ecrivons.
CHAMPAGNE
Laisse finir l'écriture, après cela tu seras peigné d'importance.
BOURGUIGNON
Je n'attends que la définition pour t'accomoder en enfant de bonne maison.
Madame rognon.
Commère Cotteret, qu'allons nous devenir avec st'écritoire ?
Madame cotteret.
Hélas ! commère, ça seroit bien fâcheux si ce vilain entant alloit causer mort d'hommes pendant que je sommes ici pour le contraire.