‹ uvres badines et galantes du comte de CaylusChapitre 41 sur 41 · FAIT UNE CHUTE D'ÂNE · texte numérisé non relu

FAIT UNE CHUTE D'ÂNE

Air : Tu croyais en aimant Colette.

Une aventure aussi fameuse Doit enfanter plus d'un couplet.

Leur chute sera moins heureuse Que la vôtre qui tant nous plaît.

Lorsqu'on vit cette cullebutte.

Chacun au ciel levant les mains S'écrioit : Grands Dieux quelle chute ! Grands Dieux ! quel chute de reins !

Entre les fleurs j'aimois la rose. Ma foi, depuis ce que j'ai vu. Voyez quelle métamorphose !

Je ne veux qu'être gratte-cu.

Ce cul, de beauté peu commune, Sembloit la lune dans son plein ; "On a fait un trou dans la Lune," Disoit quelqu'un à son voisin.

On entendoit dire à la mère : " Complimentez-moi, me voilà, Ne dois-je pas être assez fîère. Quand c'est moi qui fis ce cul-là ? "

La fille, sans reconnaissance.

Lui dit : " Maman chacun son tour, De vous s'il reçut la naissance, Aujourd'hui je l'ai mis au jour. "

Avec intention maligne.

Ce tour étoit, par Belzébut, D'une manière tout indigne Dressé contre notre salut.

Depuis, je me mets en prières Contre ce diable trop rusé ; Mais se sauver par les derrières Avec vous, semble malaisé.

Oui, l'on ferait bien une estampe De ce malheur, si vous vouliez ; Ce seroit un beau cul-de-lampe Que celui que vous montriez.

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